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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Mobilisations internationales

Un média est pour nous un acteur-clé de la transformation sociale

3 questions à David Eloy

Qu’est-ce qu’Altermondes et quelle est sa ligne éditoriale ?

Altermondes, c’est d’abord un média créé il y a dix ans par des organisations qui ne se satisfaisaient plus du traitement qui était réservé à l’actualité internationale dans les médias dominants. Toujours les mêmes sujets, toujours les mêmes points de vue, toujours les mêmes « experts ».

Altermondes propose de comprendre le monde à travers le regard des acteurs de la société civile, c’est-à-dire d’associations, de syndicats et de mouvements qui, partout dans le monde, refusent le dogme néolibéral et construisent, sur le terrain, des alternatives.

Tous les trois mois dans sa revue, désormais en kiosque, et chaque jour sur son site, Altermondes embarque ses lectrices et ses lecteurs pour un tour du monde engagé.

Mais la grande différence entre Altermondes et ses confrères réside dans sa façon de travailler. Nous sommes un média participatif au sens complet du terme. Quand nous décidons de traiter un sujet, par exemple, prochainement, le changement climatique, nous invitons à notre conférence de rédaction les acteurs de la société civile qui travaillent cette question : Attac France, le Réseau Action Climat, Oxfam France, les syndicats…

Ces organisations nous permettent d’être en prise directe avec les réalités du terrain.

Ensemble, nous débattons longuement de ce qu’il est important de dire, des personnes à qui nous devons donner la parole, des débats qu’il faut organiser, des exemples et des luttes à mettre en avant.

Au final, notre média propose un traitement hybride : un véritable contenu journalistique mais nourri du point de vue des associations et des syndicats.

Pour quelles raisons l’association Altermondes s’est-elle récemment transformée en société coopérative d’intérêt collectif (Scic) ?

Les médias ont une responsabilité considérable.

Ce sont eux qui forgent les imaginaires des individus et nourrissent le débat public en diffusant des articles, des analyses et des images sur la réalité du monde.

Malheureusement, trop de sujets, trop de débats sont absents des médias, quand ils ne sont pas traités de manière biaisée. Or, en ne donnant qu’une vision tronquée de la réalité, beaucoup de médias enferment leur public dans le fatalisme, nourrissent un sentiment d’impuissance qui favorise le repli sur soi et fait dire à trop de monde : « C’est comme ça, on ne peut rien y faire ! »

À Altermondes, nous refusons cette résignation. C’est pourquoi, systématiquement, en même temps que nous décryptons une question, nous éclairons le champ des possibles en donnant la parole à celles et ceux, qui imaginent des solutions. Un média est pour nous un acteur clé de la transformation sociale.

Nous considérons que l’information est un bien commun. L’existence de médias indépendants et de qualité est donc une responsabilité collective. Pourquoi faudrait-il la laisser aux seuls grands groupes industriels ou financiers, dont on connaît bien les logiques et les intérêts ?

En se transformant en Scic, Altermondes a créé une structure éditrice unique dans le monde de la presse : le premier média porté par une coopérative dont sont sociétaires une quarantaine d’organisations de la société civile, dont l’Union syndicale Solidaires et trois autres syndicats, une trentaine de professionnels des médias (journalistes et photographes) et une centaine de lectrices et lecteurs. Dans notre coopérative, nous retrouvons toutes celles et tous ceux avec qui nous collaborons depuis dix ans.

La collaboration entre Altermondes et Solidaires est ancienne. Elle remonte à 2010 et au hors série que nous avions publié sur les Objectifs du Millénaire pour le développement. Depuis, nous n’avons cessé de nous retrouver, que ce soit pour un dossier sur le travail décent, un hors série sur le Sommet du G20 ou, plus récemment, des articles sur les scandaleux investissements d’Orange dans les Territoires palestiniens occupés.

Que pourra-t-on lire dans le prochain numéro de juin 2015 ?

Un numéro est toujours composé d’un dossier thématique. En juin, nous avons décidé de nous intéresser au combat pour les droits des personnes homosexuelles, partout dans le monde. Nous travaillons ce dossier avec AIDES, Amnesty France, la FIDH, SOS Homophobie…

Dans ce numéro, vous pourrez aussi partir à la rencontre de la jeunesse burkinabé, huit mois après la chute du régime de Blaise Compaoré, lire un grand entretien avec Maryse Condé, grande dame de la littérature guadeloupéenne et femme engagée sur la mémoire de l’esclavage ou encore découvrir le parcours de Pepino Fernandez, leader de l’Union des travailleurs désoccupés d’Argentine et d’Ibouroi Ali Talibou, secrétaire général de la Confédération des Travailleurs des Comores. Et si ça ne vous suffit pas, vous pourrez aussi plonger dans l’histoire de Plogoff, petite bourgade du Finistère dont les habitants ont réussi, au début des années 1980, à faire échouer le projet de centrale nucléaire qu’on tentait de leur imposer. Un clin d’oeil à la mobilisation des zadistes de Notre-Dame-des-Landes.

>> www.altermondes.org

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Article publié le 29 mai 2015