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Actualités internationales

Les communautés affectées par les sociétés transnationales dénoncent le blocage d’un traité contraignant de l’ONU protégeant les droits humains.

Plus de 200 délégations venues de plus de 80 pays, composées de représentants de mouvements sociaux, de syndicats et de la société civile mondiale (1) -dont des communautés affectées par des violations de droits humains par des sociétés multinationales-, participent activement cette semaine à la troisième session du Groupe de travail intergouvernemental sur les sociétés transnationales et autres entreprises en matière de droits de l’homme. Ce dernier travaille à l’élaboration d’un Instrument International Légalement Contraignant pour les multinationales et autres entreprises commerciales en matière de droits humains. (2)

Le processus d’élaboration d’un traité contraignant est né de de la volonté des communautés affectées par des violations de droits humains de se doter d’un instrument pouvant les défendre juridiquement. Il émerge aussi de la prise de conscience de certains gouvernements de la nécessité de mettre un terme aux déséquilibres croissants entre le respect des droits humains et les actions des sociétés transnationales.

95 pays ont participé aux discussions de cette semaine, un nombre conséquent de pays pour un groupe de travail intergouvernemental de ce genre. Des parlementaires issus de près de 20 parlements nationaux et du Parlement Européen (3), ainsi que près de 700 organisations de la société civile, ont apporté un soutien officiel à ce processus.

Pablo Fajardo, représentant de l’Union des Communautés Affectées par Chevron, rappelle que “nous, les peuples victimes des crimes des multinationales qui se produisent de par le monde, sommes témoins qu’à ce jour, ce sont bien les entreprises transnationales qui violent le plus les droits humains. Le traité contraignant est un outil permettant de protéger de manière réelle et efficace les droits humains des peuples victimes.”.

Tchenna Maso, de la Via Campesina, affirme pour sa part que “tout gouvernement qui s’opposerait à la création d’un tel instrument ne s’oppose pas seulement au cours même de l’histoire, mais devient de ce fait le complice des violations commises par les entreprises multinationales. Nous attirons en particulier l’attention sur la position d’obstruction systématique de l’Union Européenne. Elle se réfugie derrière la supposée inertie interne de l’Eurogroupe alors que c’est elle, l’Union Européenne, qui pousse de facto à la cessation du processus. Nous appelons les gouvernements des autres régions à résister à la pression de l’Union Européenne et à défendre leurs peuples.”.

Mary Ann Manahan, de la Marche Mondiale des Femmes – Philippines, a souligné que “les mouvements sociaux continueront à répondre aux crimes contre les communautés et territoires affectés du fait de l’activités des STN et continueront à se mobiliser pour l’élaboration d’un projet de traité lors de la quatrième session du groupe de travail intergouvernemental.”.

Karin Nansen, présidente d’Amis de la Terre International, affirme quant à elle que “nous espérons que le projet sera présenté par le Président-rapporteur du groupe de travail intergouvernemental ouvert en 2018. Nous nous engageons à continuer de porter l’exigence des peuples pour l’obtention d’un traité juridiquement contraignant, afin que justice soit faite pour les victimes, conformément aux exigences de la résolution 26-9. Prenant en compte l’intérêt exprimé par plusieurs parlements nationaux, dont ceux de la France, de l’Espagne et de l’Uruguay, le débat doit se propager et se renforcer. Aussi, les parlementaires des autres pays doivent rejoindre ce processus.”.

NOTE A LA PRESSE

  • Ce communiqué de presse est émis par la Campagne Mondiale pour Revendiquer la Souveraineté des Peuples, Démanteler le Pouvoir des Sociétés Transnationales et Mettre Fin à leur Impunité (Campagne Globale). Il s’agit d’un réseau de plus de 200 mouvements sociaux et communautés affectées qui résistent à l’accaparement des terres, l’extraction minière, les salaires indignes et la destruction de l’environnement. Site internet : https://www.stopcorporateimpunity.org
  • Ce mandat est le produit de la résolution 26-9, approuvée par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en 2014.
  • Vous pouvez retrouver la liste des parlementaires signataires de l’appel interparlementaire pour un Traité contraignant des Nations-Unies sur les entreprises transnationales sur les droits humains sur http://bindingtreaty.org


Article publié le 27 octobre 2017