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Discrimination syndicale à la croix marine : 2 articles de presse

sur médiacoop (média en ligne local et alternatif) : publié le 2 janvier 2018

http://www.mediacoop.fr/rubrique/reportages/discrimination-syndicale-au-sein-de-la-croix-marine

A Clermont-ferrand, une entreprise, la Croix Marine, fait parler d’elle depuis quelques années. Le 23 octobre 2017, elle a mis à pied à titre conservatoire 3 de ses salariés, tous représentants du personnel. Le 28 décembre, l’inspection du travail refusait la décision de l’employeur. Une victoire certes, qui ne signifie malheureusement pas la fin du calvaire pour les 3 syndicalistes .

La Croix Marine est une association qui existe depuis plus de 70 ans. Cette entreprise,au service des personnes handicapées mentales, est structurée en huit services et gère sept établissements. En tout, près de 400 salariés travaillent pour La Croix Marine en Auvergne-Rhône-Alpes. Pourtant, en son sein, l’association connaît de nombreux remous. ’Depuis des années’, expliquent quelques salariés, nous vivons des tensions’. 
Le 23 octobre dernier, trois salariés reçoivent un courrier pour leur signifier leur licenciement pour fautes graves, avec mise à pied à titre conservatoire. Mise à pied immédiate qui prive les employés de leur salaire. On leur reproche la mauvaise ambiance et la souffrance au travail. En place et lieu de ces ’ perturbateurs’, trois représentants du personnel, tous syndiqués Sud santé sociaux. 

Ceux-là mêmes, qui, depuis plusieurs années se battent pour faire reconnaître la souffrance des salariés au sein de l’association. Les expertises réalisées par le CHSCT, la médecine du travail et même commandées par l’employeur sont unanimes : les employés vont mal !
’ Pour se dédouaner de ce mal-être collectif, l’entreprise a donc décidé de nous poursuivre et de nous rendre responsables des résultats des expertises. Alors, c’est vrai,nous avons depuis longtemps dénoncé les mauvais traitement subis par les salariés, et c’est notre rôle de syndicalistes mais ce n’est pas de notre faute si les expertises révèlent ce sur quoi nous alertons depuis plusieurs années.’

Pour ces trois mis à pieds, la discrimination syndicale est réelle : les faits reprochés sont ceux issus de leur mandat de représentants du personnel. ’ Nous sommes des lanceurs d’alerte, nous avons toujours dénoncé les mauvais traitements infligés aux salariés et aujourd’hui, on veut nous faire taire.’ 

Dans certaines preuves, les employeurs vont même jusqu’à écrire dans leurs échanges’ les méchants’ pour parler des 3 personnes licenciées. ’ Et les ordonnances Macron vont dans leur sens, alors ils auraient tort de ne pas essayer de nous virer et de nous faire peur !’ selon les syndicalistes, les reproches ne sont pas valables, ’ ils ont estimé que nous avions fait des choses graves : faire signer une pétition par exemple, et nous reprochent des faits remontant à plus de 2 mois, or le code du travail est formel à ce propos, on ne peut reprocher des choses remontant à plus de 60 jours.’ 

Le 28 décembre, l’inspection du travail a décidé de refuser les licenciements des 3 responsables syndicaux. Et pourtant, rien n’est apaisé : dans le service ’ mandataire judiciaire à la protection des majeurs’, nous relevons plus de 30% d’absence à cause d’arrêt maladie. ’Les procédures n’ont fait qu’aggraver les choses.’
Les trois salariés incriminés sont tous actuellement en arrêt maladie.’ Nous ne sommes pas bien, même si nous ne sommes pas inquiets et savons que nous sommes dans notre bon droit, mais c’est très violent d’être obligés de se justifier, nous ressentons de plein fouet leur intentionnalité de nuire. Ils ont dit que nous monopolisions la parole en réunion, que nous étions des menteurs, que nous écoutions aux portes et même que nous prétextions faire des photocopies pour surveiller l’entreprise.’ 
Tous ces reproches ont mis à mal le service. ’ Nous avons dû faire face à des passages à l’acte très violents comme, par exemple, une personne qui a cassé la banque d’accueil car son tuteur était absent.’ confie une salariée. 

Pourtant la Croix Marine est une association émanant de l’Economie Sociale et Solidaire. Mais le conseil d’administration est verrouillé, et même les Assemblées Générales ne sont pas publiques ! 

Jean-Paul Saby est le président de la structure depuis 1984 ! Ce manquement démocratique a déjà révolté les salariés qui, à plusieurs reprises, ont tenté de faire grève.

Deux mouvements très suivis en juin 2016 et mars 2017. Mais rien n’a changé. 

Les salariés ont alerté les financeurs, pour la plupart publics : le département, ou encore l’Agence Régionale de Santé, et même le préfet. Ils demandent une table ronde avec la médecine du travail afin d’appréhender une sortie sereine du conflit. ’ Nous avons même alerté le ministère de la santé.’ 

Quant aux salariés, même si la décision de l’inspection du travail joue en leur faveur, ils restent très pessimistes : ’ Nous savons en tant que syndicalistes que notre combat sera difficile et nous n’abandonnerons pas. Le mal-être au travail ne doit pas exister, et nous lutterons pour que tous, nous soyons heureux professionnellement. Pour cette raison, nous ne baisserons pas les bras…

Mais financièrement, et même dans notre famille, nous payons le prix cher...’ 
 
Eloïse Lebourg

la montagne du 4 janvier 2018(en PJ)

la croix marine, l’inspection du travail refuse les trois licenciements

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Article publié le 5 janvier 2018


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