L’annonce par le chef de l’Etat de faire de 2004 « l’année de l’emploi », ne saurait masquer une réalité brutale : celle d’une politique gouvernementale multipliant depuis des mois des mesures nocives pour l’emploi et destructrices pour les droits des chômeurs et des précaires.
Baisse de la rémunération du travail, augmentation de la flexibilité des salariés, précarisation de l’emploi, culpabilisation des chômeurs et des exclus, mise en concurrence des salariés, remise en cause de pans entiers du droit du travail… sont les seules « réponses » que le gouvernement apporte quotidiennement en matière de politique de l’emploi. Dès lors, difficile d’imaginer que les projets de celui-ci pour 2004 dérogeront aux préceptes libéraux et patronaux qui guident l’ensemble de l’action gouvernementale.
Dans la perspective d’un dépôt parlementaire, courant avril, d’un projet de « loi de mobilisation pour l’emploi », le gouvernement a mis en place fin janvier des groupes de travail avec les organisations syndicales et patronales autour de trois axes : service public de l’emploi, emploi des jeunes, simplification du code travail – les conclusions des rapports de Virville (« Pour un code du travail plus efficace ») et Marimbert (« Le rapprochement des services de l’emploi ») servant, pour partie, de base à ces discussions.
L’examen détaillé de ces deux rapports permet de mesurer combien nous sommes aujourd’hui face à une offensive d’une ampleur rarement - voire jamais - égalée qui vise à balayer des décennies de conquêtes sociales des travailleurs et à donner les pleins pouvoirs au patronat.





