L’Union syndicale Solidaires appelle à participer aux différentes marches des fiertés organisées dans toute la
France, notamment les 30 juin à Paris et 7 juillet à Marseille. Union interprofessionnelle engagée sur le
terrain des luttes contre toutes les discriminations, nous constatons que l’homophobie et la transphobie font
encore de nombreuses victimes, notamment au travail. Comme le souligne le dernier rapport de SOS
homophobie, le quotidien « ordinaire » des lesbiennes, des gays, des bi-sexuels et des transexuel-les, reste
marqué par des actes, des paroles, des ambiances qui participent à isoler ceux et celles qui vivent ces
sexualités. Et dans un contexte politique et social qui refuse encore et toujours l’égalité des droits pour les
personnes LGBT.
Dans l’entreprise, comme dans la fonction publique, les actes homophobes sont présents : l’insulte en est la
forme la plus fréquente. Les supérieur-es hiérarchiques sont en cause majoritairement, ce qui montre tout
l’intérêt que portent les employeurs à cette discrimination, à leur devoir de protection, aux nécessaires
préventions et formations à mettre en oeuvre. Tout aussi inacceptable, les témoignages révèlent que dans
67% des cas, il n’y a aucun soutien : ni des collègues, ni des employeurs... ni des syndicalistes.
La parole joue donc un rôle majeur dans les violences faites aux personnes LGBT : blagues, insultes et
injures, dénigrements, moqueries au quotidien... Cela entraîne mal être au travail, repli sur soi, absentéisme
élevé, et dévalorisation de son image. Tous les secteurs sont concernés : public, privé, associatif... Quelle
que soit la taille des entreprises, la passivité des directions, des collègues, ou même des syndicalistes permet
que se banalisent les propos insultants mais également que subsiste un traitement différencié en matière de
droits (pas d’accès à certains droits découlant de la signature d’un Pacs, toujours pas parfaitement reconnu
dans les entreprises). Il y a d’ailleurs très peu d’accords d’entreprise qui prennent en compte cette
discrimination.
En appelant à participer aux Marches des fiertés, Solidaires entend apporter son soutien aux revendications
portées qui visent à l’égalité des droits entre tous et toutes. Mais aussi à alerter sur les manifestations
homophobes contre lesquelles le syndicalisme se doit d’intervenir au même titre que toutes les autres
discriminations auxquelles les salarié-e-s sont confrontés.
Les rencontres avec les associations LGBT, dont SOS homophobie, et leur travail permettent au
syndicalisme de transformation sociale que nous voulons d’élargir son intervention, de sensibiliser ses
équipes pour agir au quotidien contre ces discriminations et construire ensemble, parce que cela passera par
là, des mobilisations permettant la réalisation, au quotidien, de l’égalité des droits.









