Droite et extrême droite : les digues sont rompues.
Depuis 2005, des centaines de décrets et pas moins
de onze modifications du Code des étrangers,
témoignent de la frénésie sécuritaire et antiimmigrés
du gouvernement Sarkozy.
Après l’échec du débat nauséabond sur l’identité
nationale de l’automne 2009, la fermeture de la
« jungle » de Calais, les attaques contre les Roms, la
transposition des directives européennes dans la
loi Besson a marqué une nouvelle offensive contre
les immigré‐es. Elle sape les fondements de la
Constitution qui stipule « l’égalité devant la loi de
tous les citoyens sans distinction d’origine, de race
ou de religion », instaure des régimes d’exception
permanents à l’encontre des étrangers et multiplie
les discriminations à leur égard.
Outre les propos racistes et stigmatisant envers les
immigrés de nombre de politiciens de droite, les
politiques d’exclusion, d’expulsion, menées par le
gouvernement Sarkozy reprennent globalement le
programme du FN.
Le gouvernement Sarkozy n’a plus de limite à sa
politique anti‐immigrés, sans‐papiers et migrant‐es
légaux sont tous victimes de la xénophobie d’Etat.
En période de crise, le discours de la droite sur le
nombre excessif d’immigrés n’est ni plus ni moins
la reprise du slogan du FN, un million d’immigrés =
un million de chômeurs. Ces propos sont
délibérément mensongers. Ils masquent la réalité
du taux de chômage, plus élevé pour les immigrés,
les causes profondes de la crise que sont le
détournement des richesses produites parles
salarié‐es au profit des actionnaires et la
spéculation toujours davantage favorisés par les
politiques gouvernementales.
A Gauche : où est l’audace politique ?
A part en 1981, suite à la victoire de Mitterrand aux
présidentielles, où la gauche gouvernementale a
pris quelques mesures favorables aux immigrés
(carte de 10 ans), celle‐ci est allée de renoncement
en renoncement. Expulsions, restriction du droit au
séjour, abandon du droit de vote des étrangers,
Centres de rétention ...
Aujourd’hui, tous les courants du parti socialiste, se
sont prononcés contre la régularisation de tous les
sans‐papiers et reprennent l’idée, partagée par la
droite, d’une régularisation au cas par cas.
Lors de la grève des travailleurs sans‐papiers de
2008‐2009, le parti socialiste est resté muet et ne
leur a apporté aucun soutien. Seul le droit de vote
des étrangers aux élections locales, repris au sénat
passé à gauche, semble redevenu un objectif pour
le parti socialiste.
Tout ceci est un peu court au regard de ce que
devrait être une politique de gauche audacieuse et
progressiste en faveur des droits des migrants.
Les autres forces politiques de la gauche, comme le
Front de Gauche, Europe Ecologie Les Verts, et le
NPA, vont plus loin et défendent sans ambiguïté le
droit du sol, la régularisation de tous les sans papiers
et une carte de 10 ans, le droit de vote des
immigrés.
INEGALITES FACE A L’EMPLOI
Les Immigrés sont plus vulnérables aux
conséquences des restructurations industrielles.
Entre 1975 et 1982, l’industrie textile
et le BTP ont perdu 6,9% des emplois occupés
par les français et 24,3% de ceux occupés par
des immigrés.Près d’un quart des actifs non ressortissants
de l’Union européenne sont au
chômage contre 9,1 % de l’ensemble de la
population active et 8,6 % des Français. Une
partie de cet écart tient au niveau de diplôme :
les étrangers sont moins qualifiés en moyenne
que les Français (et les diplômes de certains
d’entre eux ne sont pas reconnus) et au fait
qu’une partie importante des emplois,
notamment dans la fonction publique, leur sont
interdits
Taux de chômage selon la nationalité
Français = 8,6 %
Etrangers = 17,8 %
Dont UE = 9,0 %
Dont NON UE = 23,5 %
Ensemble = 9,1 %
Source. INSEE Enquête
emploi en continu 2009 France
métropolitaine, population des ménages, personnes de 15
ans ou plus.
Le chômage touche tout particulièrement les
jeunes de moins de 29 ans en France (17,4 %)
et davantage les jeunes étrangers pour qui ce
taux grimpe à 24,3 %. Les écarts entre les
Français et les étrangers se retrouvent dans
toutes les tranches d’âge.
RACKET D’ETAT SUR LES COTISATIONS SOCIALES
La majorité des sans papiers de France (entre
200 000 et 400 000 selon le gouvernement)
sont des travailleurs déclarés en CDI, CDD ou en
intérim renouvelé.
Ceux‐ci paient des
cotisations sociales, des taxes et des impôts
sans pouvoir bénéficier des droits et des
prestations qui y sont attachés (retraite,
allocations familiales, chômage, etc.).
Ce racket
sur les travailleurs‐ euses sans papiers permet à
l’Etat français d’encaisser sur leur dos environ 2
milliards d’Euros par an, sans jamais rien
décaisser. Quant aux autres sans‐papiers,
contraints au travail dissimulé, ils contribuent,
comme toute personne vivant e France, à la
principale recette fiscale : la TVA. En cas
d’expulsion, le charter emporte le travailleur
mais jamais les droits acquis par ses cotisations.
LES POSITIONS DE SOLIDAIRES
• Liberté effective de circulation et d’installation des
personnes
• Arrêt immédiat des expulsions.
• Régularisation immédiate de tous les sans‐papiers.
• Autorisation de séjour et de travail sur simple
demande, avec une carte de séjour de 10ans.
• Fermeture des centres de rétention et abolition de
toute rétention administrative,
• Dépénalisation du séjour irrégulier et abolition de la
pratique de la double peine.
• Droit à` la naturalisation après deux ans de résidence.
• Droit de vote des résidents étrangers à toutes les
élections.
• Eligibilité aux prud’hommes des travailleurs et
travailleuses étrangers‐ ères.
• Abrogation du délit de solidarité à l’encontre des
structures ou individus solidaires des étrangers en
situation irrégulière.
• Abrogation de toutes les lois et circulaires restreignant
les conditions d’accès au travail pour les demandeurs
d’asile, les conditions de séjour des étudiant ‐ es
étrangers.
• Abrogation des mesures contre le regroupement
familial.
• Statut d’autonomie des femmes immigrées.
• Suppression des conditions de nationalité qui
persistent dans l’accès à de nombreux droits et emplois
des secteurs privés et publics.
• Mesures contre le travail dissimulé avec des sanctions
accrues contre les employeurs et le développement du
rôle et des moyens de l’Inspection du travail.
• Accès des étrangers à tous les droits sociaux
fondamentaux et suppression de la contribution forfaire
de 30 euros de l’AME (Aide médicale de l’Etat) et de
toutes les scandaleuses mesures remettant en cause
l’octroi de titres de séjour pour raison médicales.
• Transferts des fonds, à frais réduits, aux familles
des pays d’origine.
• Droit d’asile en application de la convention de
Genève art. 1.







