Paris le 26 juillet 2010
Le 29 juin dernier, s’est tenu le Conseil d’Administration de l’ERAFP (Etablissement
du Régime Additionnel de la Fonction Publique), qui gère le régime additionnel de la
Fonction publique (RAFP). Au titre des bénéficiaires, les organisations syndicales
participent à ce Conseil et aux comités qui s’y rattachent. Solidaires Fonction
publique, qui siège au conseil d’administration, était partie prenante de la déclaration
liminaire lue par l’intersyndicale partielle ci-jointe.
Elle exprimait le souci de ces organisations syndicales face aux difficultés qu’elles
rencontrent pour défendre les intérêts des agents dans ce régime. Les représentants
des personnels s’attachent à une gestion des fonds selon une éthique en lien avec
des investissements socialement responsables (ISR) tant en actions, qu’en
obligations que d’autres placements, répondant à un ensemble de critères (droits de
l’homme, respect social, conditions de travail, action face à l’environnement, etc…).
Leur crainte est de voir la gestion des cotisations des agents s’éloigner de cette
éthique pour une recherche de rentabilité spéculative comme un vulgaire fond de
pension à l’américaine.
Le RAFP a été imposé par la loi Fillon de 2003. Solidaires a toujours été hostile à un
fond de pension et maintient cette position car au travers des achats de titres ou de
placements par capitalisation, il n’y a pas de solidarité intergénérationnelle mais une
exploitation de situations sociales rendues difficiles par le monde de la Finance.
Ainsi, la gestion des fonds ne doit pas indirectement favoriser les délocalisations
dans le cadre d’achat d’actions ou favoriser des politiques antisociales d’Etat par
l’achat d’obligations très rémunératrices. Solidaires pense notamment aux
contraintes et dégradations sociales criantes des fonctionnaires grecs qui
indirectement subissent dans leur niveau de vie le contre coup des taux obligataires
alléchants émis par leur Etat.
Solidaires, qui ne siège que depuis 2008 au Conseil d’Administration, n’a pas vécu
l’historique de la mise en place du RAFP (mis en place en 2005) comme les autres
administrateurs représentant les personnels, néanmoins en deux ans, il a ressenti
une dégradation de l’esprit ISR qui avait été insufflé à l’origine du régime sous la
pression des organisations syndicales.
Solidaires a le sentiment que l’ISR pourrait être adapté de plus en plus à des champs
étroits de placements en s’adaptant trop aux émetteurs, il dévierait ainsi de ses
critères « moraux » et pourrait à terme être oublié. La crainte d’une adaptation de
l’ISR au marché financier existe, alors que l’inverse devrait être attendu, recherché et
provoqué.
Les textes ayant mis en place le RAFP imposent que les placements soient réalisés
pour 75% en obligations et 25% au maximum en actions. L’instauration de nouvelles
classes d’actifs, qui doit se réaliser, se fera au détriment des titres obligataires
(gestion de père de famille) ce qui augmente l’importance des titres plus risqués et
donc ouvre plus le régime aux risques spéculatifs. Cela est contraire à nos attentes.
Pour Solidaires, qui est pour un système de retraite solidaire intergénérationnel, le
RAFP doit seulement restituer la mise de fond des agents en sauvegardant leur
pouvoir d’achat. Il ne doit pas être ou devenir un énième fond de pension qui aurait
pour seul objectif un rendement forcené au détriment des salariés subissant les jeux
boursiers auquel participerait l’ERAFP comme tout spéculateur.
Le souci de Solidaires, concernant la gestion spéculative du régime, est conforté par
la prise de position envisagée de l’ERAFP pour le futur portefeuille immobilier.
Seule
la rentabilité immédiate pour des bureaux situés inévitablement dans un triangle d’or
à Paris prédomine, tout en écartant d’autres investissements sans doute
financièrement moins rentables mais socialement utiles tout en préservant les fonds
des cotisants.
D’autre part les évolutions récentes de rachat de jours RTT ou d’indemnité GIPA ne
peuvent que conforter les inquiétudes de Solidaires sur un élargissement des
cotisations du RAFP au détriment des valeurs de solidarité qui sont indispensables à
un développement respectueux et harmonieux d’une société humaine.
Pour Solidaires, la disparition de la RAFP est toujours à l’ordre du jour pour être
intégré dans un système de retraite basé sur la solidarité et préservant nos acquis
sociaux !






