19 juillet : relance de la raffinerie !
Six mois de grève contre « le géant TOTAL » et le gouvernement
C’est le 12 janvier que la grève démarre à la raffinerie des Flandres de Dunkerque. Total en 2009, c’est près de 8 milliards
d’euros (2009, c’est l’année de la crise !) de bénéfice, 14 milliards en 2008. Mais cela ne suffit pas aux actionnaires : ils veulent
fermer la Raffinerie des Flandres de Dunkerque ! Face à cette puissante multinationale, il y a quelques centaines de salarié-e-s
de la région de Dunkerque, … mais aussi leurs familles, leurs proches, des organisations syndicales, politiques, associatives.
Piquet de grève à l’entrée de l’usine, assemblées générales, intersyndicale animant l’action, … le ton est donné d’entrée. Début
février, les grévistes et l’intersyndicale lancent un ultimatum à la direction : 12 jours pour prendre les décisions de redémarrage
« sinon nous prendrons possession des lieux ».
SUD majoritaire à la Raffinerie des Flandres
En choisissant Dunkerque, la direction de TOTAL voulait liquider un site devenu trop combatif à ses yeux,
depuis que SUD y est devenu majoritaire, peu après la naissance de la section en 2006. Mais au final, c’est cela
qui a pesé et a fortement contribué à la victoire des salarié-e-s !
Les grévistes imposent l’unité syndicale et la démocratie dans la lutte
Dès le début du mouvement, sous l’impulsion des syndicalistes de SUD, une
intersyndicale SUD/CGT/FO est mise en place ; les salarié-e-s sont présent-e-s au
piquet de grève installé devant l’usine, des assemblées générales se tiennent deux
fois par jour. Les grévistes peuvent ainsi s’exprimer librement, écouter les
informations de l’intersyndicale, décider des suites de leur mouvement, des actions à
mener, du message à transmettre à la direction. C’est la démocratie dans la lutte !
Les salarié-e-s de TOTAL solidaires et déterminé-e-s…
Mi février, la grève qui dure depuis un mois, les manifestations dynamiques à
Dunkerque, l’ultimatum lancé aux patrons de TOTAL, tout cela amène une riposte
nationale au sein des raffineries TOTAL. A Dunkerque mais aussi à Gonfreville, à L’extension du mouvement au-delà des raffineries au sein de TOTAL d’une part, au
sein de raffineries d’autres sociétés d’autre part, se dessine. La pénurie de
carburants se précise… La solidarité et la détermination très fortes des collègues
des autres sites, a transformé en mouvement national reconductible, une grève
que beaucoup ne voulait que « de témoignage ».
…Mais la grève nationale leur est confisquée
Le gouvernement comprend que la situation lui échappe, que le rapport de force devient favorable aux salarié-e-s
en grève. Il lance les grandes manoeuvres de division. Après 3 jours de grève, la CFDT abandonne les grévistes,
ce que refusent de faire ses sections de Feyzin et Donges. Au 7ème jour, alors que la victoire totale est proche, la
CGT appelle à cesser la grève … A Dunkerque, la grève continue. SUD maintient l’intersyndicale locale, les
assemblées générales, les manifestations et la solidarité interprofessionnelles, et l’espoir de gagner !
Les grévistes et SUD refusent de se soumettre à TOTAL
Après l’abandon du mouvement national, la situation devient plus difficile. Mais les grévistes de Dunkerque
tiennent bon. Le 8 mars, nous sommes nombreux/ses à leurs côtés devant le siège de TOTAL à La Défense, où
ces salarié-e-s en grève pour leur emploi et l’avenir de leurs proches et de leur région sont accueilli-e-s par les gaz
lacrymogènes et les matraques des « forces de l’ordre » ! Le mouvement se poursuit, même si l’intersyndicale
SUD/CGT/FO perd son caractère intersyndical au fil des semaines. Lors des réunions du Comité Central
d’Entreprise le 17 juin, et du Comité d’Etablissement de la Raffinerie des Flandres du 24 juin, seule la
délégation SUD refuse de donner un avis sur une consultation totalement illégitime. Et le 30 juin, la Cour
d’appel de Douai confirme la justesse de cette position : TOTAL est condamné à relancer l’activité de raffinage !
La relance de la raffinerie !
Relayant les initiatives du syndicat SUD Chimie,
l’Union syndicale Solidaires interpelle aussitôt
le PDG de TOTAL et le Ministre de l’Industrie,
pour exiger « les mesures pour qu’immédiatement
Total relance l’activité de la Raffinerie des Flandres,
garantisse son existence et les emplois pour les 5
prochaines années. Nous demandons que ce délai soit
mis à profit pour étudier un projet de reconversion
écologiquement soutenable, en associant les salarié-e-s
et leurs organisations syndicales, les élu-e-s … »
Emplois maintenus sur le site
Les représentant-e-s du personnel imposent une
réunion du Comité d’Etablissement, le 16 juillet.
La direction de TOTAL doit avouer sa défaite :
le travail reprend le lundi 19 juillet avec les
opérations techniques nécessaires au
redémarrage de la raffinerie ! La relance de
l’activité se fait en maintenant les 360 emplois
chez TOTAL et garantit aussi ceux (environ
450) des entreprises de sous-traitance. C’est la
victoire de celles et ceux qui ont résisté, lutté, se
sont organisé-e-s collectivement, ont fait grève !
La lutte continue !
Elle se poursuit parce que TOTAL en a décidé
ainsi : l’argent gagné sur le dos des
travailleurs/ses lui permet de poursuivre la
guérilla juridique (nouvelle procédure au TGI de Nanterre, pourvoi en cassation contre le jugement du 30 juin)
… sans y croire plus que cela sans doute, mais pour donner l’illusion de ne pas perdre. C’est lamentable. Les
patrons de TOTAL n’ont pas renoncé à fermer le site de Dunkerque !
A nous tous d’imposer maintenant une
solution à long terme. Plus que jamais l’appel proposé à toutes les organisations syndicales et soutenu par
plusieurs forces politiques et associatives est d’actualité ! Les grévistes de la Raffinerie des Flandres de
Dunkerque ont fait reculer Total et le gouvernement. Ensemble, consolidons leur victoire !
+ (cf tract version pdf) Appel lancé en mars 2010 en soutien aux grévistes de Dunkerque






