Paris, le 13 juillet 2010
Les propos télévisés du Président de la République du lundi 12 juillet amènent l’Union nationale interprofessionnelle
des retraités Solidaires (UNIRS) à confirmer son engagement dans les mobilisations intersyndicales engagées contre le
projet de contre-réforme du gouvernement sur les retraites, et, plus globalement, contre la politique économique,
budgétaire, fiscale et « sociale » actuelle.
En soulignant que l’économie française a souffert, au cours des trente dernières années, de deux erreurs majeures, le
passage de l’âge de départ en retraite de 65 à 60 ans et les 35 heures, le Président de la République dévoile
indirectement ses choix essentiels : il faut faire travailler plus, et plus longtemps, et plus durement, une partie des
travailleurs, sans les rémunérer mieux par ailleurs, pour pouvoir laisser de côté une partie importante des gens hors de
tout travail, pour pouvoir maintenir un chômage de masse, malgré les évolutions démographiques favorables.
C’est
bien ce partage du travail totalement inégalitaire, qui voit des personnes qui s’usent au travail pendant que d’autres en
sont totalement exclues, qui permet de maintenir une partie de la société dans la précarité, pendant qu’une autre partie
est mise dans l’incertitude et l’angoisse. Et cette précarité favorise globalement les employeurs dans leurs relations
avec les salariés : ils peuvent plus facilement faire pression « à la baisse » sur les conditions de travail et de
rémunération de celles et ceux qu’ils embauchent. Et c’est bien ce rapport de forces favorable aux employeurs et,
derrière eux, aux détenteurs de capitaux, qui explique pour l’essentiel le développement des inégalités depuis vingt
cinq ans, avec la réduction du pouvoir d’achat de la plupart des salariés publics et privés, des retraités, des précaires et
des chômeurs, mais aussi de nombreuses professions indépendantes (petits commerces, artisans, petits cultivateurs,
petites entreprises, etc), pendant qu’explosent les profits des multinationales et des principales fortunes, lesquelles
participent de moins en moins au financement des budgets publics par les exonérations, les arrangements et les fraudes.
Comme d’autre qui se déclarait « droit dans ses bottes », le Président se présente aujourd’hui « raide sur ses
talonnettes » et dit par avance qu’il négligera le nombre des manifestations et des manifestants du 7 septembre. Il a tout
de même passé le stade où il se gaussait des « manifestations qu’on ne voit pas ». L’UNIRS appelle les personnes en
retraite à participer massivement aux initiatives unitaires qui pourront être organisées en juillet et août et aux actions et
manifestations du 7 septembre et à celles qui suivront et qui seront nécessaires pour inverser la politique menée
aujourd’hui en France et en Europe.








