En accord avec le patronat, le gouvernement précise ses attaques contre nos retraites : il veut aller encore plus loin dans la baisse des pensions, veut interdire de partir en retraite à 60 ans, et repousser au delà de 65 ans l’âge qui supprime la décote de 5% par année manquante. Nous devons réagir massivement maintenant : profitons du 24 juin et préparons une rentrée sociale très forte
Baisse des pensions
Alors qu’avant les contre-réformes de 1993
(privé), de 2003 (fonctionnaires) et 2007 (régimes
spéciaux), un salarié partait en moyenne
avec 79% de son ancien salaire, il partira avec
seulement 59% en 2050. C’est le constat du
COR (Conseil d’Orientation des retraites où
siègent des parlementaires, le patronat et des
organisations syndicales).
C’est mathématique, c’est l’application du calcul
de la pension sur une durée de cotisation
qui s’allonge sans cesse alors qu’il n’est pas
possible de cotiser aussi longtemps : en
moyenne, la durée de cotisation est
aujourd’hui de 37,5 ans ; en 2035 et au delà,
elle sera de 37 ans selon le COR.
Et en plus, il faut subir une double peine, la
décote de 5% par année manquante.
Ainsi, au lieu de toucher une retraite pleine de
75% en réussissant à cotiser pendant 37,5 ans,
la pension baisse au fur et à mesure que
l’inatteignable durée de cotisation s’allonge :
pour un-e salarié-e « moyen » réussissant à
cotiser 37,5 ans, la pension par rapport au
salaire représentera 55% pour 40 ans, 49%
pour les 41 ans qui s’appliqueront en 2012,
42% pour les 42 ans prévus pour 2020…
Le privé subit en plus le calcul de la pension
sur 25 ans.
La France vient en 4e position des pays
européens à forte baisse des pensions, derrière
les Tchèques, la Pologne et le Portugal (comparaison
de la commission européenne entre
2006 et 2046). Sarkozy n’aime que la 1re
place : si le gouvernement parle d’augmenter
la durée de cotisation, c’est bien pour faire
pire que ce qui est prévu !
Interdiction de partir à 60 ans
Aujourd’hui, la majorité des salarié-es arrêtent de travailler
avant 59 ans et touchent le chômage en attendant 60 ans pour
avoir le droit de toucher la retraite et 2 salarié-es sur 3 partent
juste à 60 ans et profitent ensuite de quelques années de vie en
bonne santé, se sentent revivre, s’investissent dans la vie sociale.
Interdire de partir à 60 ans, c’est prolonger la période de chômage. Certes, les comptes des caisses de retraite se sentiront un
petit peu mieux en ne payant pas les pensions entre 60 et 62 ou
63 ans… mais les caisses de chômage subiront un déficit qui
servira de prétexte à une nouvelle remise en cause des droits
des chômeurs. Prendre dans une caisse pour donner à une
autre ne résout rien.
Ces 2 dernières années, les données de l’INSEE 2010 montrent
que, sous l’effet des contre-réformes baissant les pensions
et des incitations aux entreprises pour garder les seniors, un
peu plus d’anciens ont réussi à ne pas être mis à la porte avant
59 ans : le chômage des plus de 50 ans n’a augmenté « que » de
0,7 point… Les anciens partant un tout petit peu moins en
retraite, le chômage des moins de 50 ans a augmenté davantage
: + 1,6 point !
C’est aberrant : les contre-réformes font travailler un peu plus
longtemps les anciens qui veulent partir en retraite avec une
pension décente et jette dans le chômage des jeunes qui veulent
travailler. Est-ce pour les « dresser » à la précarité pour leur
faire accepter n’importe quoi ?
Décote après 65 ans
Les plus précaires, aux carrières incomplètes, dont un grand
nombre de femmes, celles et ceux qui ne peuvent pas partir
avant, sont obligé-es d’attendre 65 ans pour partir sans décote.
Patronat et gouvernement veulent repousser cette limite, du
même nombre d’années que le recul du seuil des 60 ans.
Obliger, par pression financière, à partir au-delà de 65 ans,
c’est priver les plus précaires de la jouissance de quelques
années de retraite en bonne santé.
Mobilisé-e-s
et pas résigné-e-s
Quoiqu’en disent le gouvernement et des médias très
complaisants, les salarié-e-s sont descendus nombreux
dans la rue pour dire non au projet du gouvernement
le 27 mai. Près d’un million de personnes, salarié-e-s
du public et du privé, retraité-e-s, privé-e-s d’emploi et
jeunes étaient dans la rue malgré l’intox du gouvernement
qui rabâche mensonge sur mensonge pour faire
passer sa contre-réforme, faire payer les salarié-es et
épargner les plus aisé-e-s.
La mobilisation du secteur privé a été plus importante
que lors de la grève du 23 mars. Il y a donc un
réel début de volonté d’en découdre. Il est maintenant
important de continuer la mobilisation face à un gouvernement,
au service des marchés financiers et du
patronat.
Pour Solidaires, après le 27 mai, la mobilisation doit
monter d’un cran.
Le 24 juin on se mobilise
et on prépare la rentrée
Pour gagner, il faut que la mobilisation monte d’un
cran. Le projet de loi devrait être présenté autour du
18 juin. L’intervention de toutes et tous est maintenant
indispensable.
Après le 27 mai, la nouvelle journée du 24 juin
doit montrer une dynamique de mobilisation, le
début d’un rejet majoritaire de la contreréforme
du gouvernement et la remise en cause
de toute sa politique d’austérité.
Le 24, tapons fort par des grèves
et des manifestations massives.
Le 24, préparons les conditions
d’une rentrée sociale très,
très chaude en septembre.
Les propositions
de Solidaires
Sauf pour les plus démunis qui doivent profiter
d’un minimum et pour les très gros salaires
qu’il faut plafonner, un système de retraite
doit avoir pour objectif de maintenir le niveau
de vie acquis pendant la vie active et permettre
que les salariés puissent profiter réellement
de leur temps de retraite.
C’est pourquoi Solidaires avance les exigences
suivantes :
- Age de départ à taux plein à 60 ans, avec
un départ plus précoce pour les salariés
ayant effectué des travaux pénibles, maintien
des régimes spéciaux
- Indexation des pensions sur les salaires afin
de maintenir la parité d’évolution des revenus
entre actifs et retraités
- Indexation des salaires pris en compte dans
le calcul de la pension sur l’évolution des
salaires
- Garantie d’un taux de remplacement de
75 % du salaire calculé sur les 6 meilleurs
mois pour le secteur privé et sur les 6 derniers
mois pour le secteur public. Pas de
retraite inférieure au SMIC
- La suppression de toutes les décotes qui
pénalisent celles et ceux qui ont des interruptions
de carrière, notamment les femmes
- 37,5 annuités de cotisations pour avoir une
retraite à taux plein, et la validation, sans
rachat, des périodes de chômage, d’étude et
de stage effectuées dès 18 ans.
Pour financer ces mesures, il faut cesser les
exonérations de cotisations sociales accordées
au patronat et rééquilibrer la part des salaires
dans la valeur ajoutée, la richesse créée par
les salariés dans les entreprises. Entre 1980 et
2008, selon l’INSEE, la part des salaires dans
la richesse créée nationalement (valeur ajoutée)
est passée de 74% à 65%... tandis que les
dividendes versés aux actionnaires a grimpé
de 3,1% à 8,4%. Un retour à un partage des
richesses plus juste, un rééquilibrage peut
prendre la forme d’une augmentation de la
part patronale des cotisations sociales qui
serait compensée par une baisse des dividendes
versés aux actionnaires, ce qui permettrait
de ne pas toucher à l’investissement productif.






