LES JEUNES SE SENTENT GÉNÉRALEMENT PEU CONCERNÉS PAR LA QUESTION DES RETRAITES ■ ILS SERONT
POURTANT PARMI LES PLUS TOUCHÉS PAR LA CONTRE-RÉFORME QUE PRÉPARE LE GOUVERNEMENT ■
QUELQUE SOIT LEUR ÂGE, CE SONT TOUS LES TRAVAILLEURS, EN SITUATION D’EMPLOI, DE CHÔMAGE, DE
RETRAITE OU DE FORMATION, QUI DOIVENT SE MOBILISER POUR LA DÉFENSE DE LEURS RETRAITES ■
Jusqu’où cela ira-t-il ?
Depuis 1993, les réformes des retraites se
succèdent avec, à chaque fois, le même
discours alarmiste, chiffres fantaisistes à
l’appui, sur les menaces que l’évolution
démographique ferait peser sur le système de
retraite par répartition. Et à chaque fois, les
gouvernements successifs prétendent que leur
réforme est la bonne, celle qui sauvera
définitivement le système… jusqu’à la
prochaine fois !
Alors que les solutions existent pour
financer le maintien et le progrès du droit à une
retraite décente pour tous, le gouvernement, à
l’instar des précédentes contre-réformes,
n’envisage qu’une seule direction : celle de
l’allongement de la durée de cotisation, dont le
seul effet réel est la baisse des pensions, et du
recul de l’âge de départ à la retraite. À ce
rythme, à quel âge les jeunes d’aujourd’hui
auront-ils le droit de partir à la retraite ? 67, 70,
75 ans ? Et avec quel niveau de pension ? Bien
que l’on vive de plus en plus longtemps, à 60
ans l’espérance de vie sans incapacité majeure
n’est que d’une dizaine d’années, soit la moitié
de l’espérance de vie totale ; et ce n’est
certainement pas le maintien des salariés au
travail de plus en plus longtemps, le blocage
des salaires ou la généralisation de la précarité
et de la dégradation des conditions de travail,
qui permettront de faire augmenter ce chiffre.
Il est donc grand temps de mettre un coup
d’arrêt aux politiques de démantèlement de nos
retraites, la jeunesse est directement concernée,
elle doit prendre toute sa part à la lutte qui
s’annonce pour la défense du droit à une
retraite décente !
Allongement de la durée de cotisation, une triple peine pour la jeunesse !
À entendre les déclarations gouvernementales,
qui excluent notamment toute hausse des cotisations
pour financer les retraites, c’est bien un allongement de
la durée de cotisation ainsi qu’un recul de l’âge légal
de départ qui semblent se profiler. De telles mesures,
en plus d’être inefficaces, seraient particulièrement injustes
pour les jeunes :
– D’abord, l’allongement de la durée du travail
viendrait se cumuler avec celui des études, retardant
d’autant plus l’âge de départ à la retraite. Le fait que
les études durent plus longtemps est un progrès qui
profite à l’ensemble de la société du point de vue économique,
social et culturel, cela permet notamment des
gains de productivité qui peuvent contribuer au financement
des retraites. Ceux qui suivent des études ne
doivent pas en être pénalisés au moment de partir à la
retraite !
– C’est ensuite l’emploi des jeunes, dont la situation
est déjà alarmante (le taux de chômage des
jeunes est de 24 % et 23 % des jeunes salariés sont à
temps partiel), qui pâtirait de l’allongement de la durée
de cotisation : les salariés plus âgés étant contraints de
travailler plus longtemps, les postes qu’ils occupent se
libéreraient moins rapidement, réduisant encore les
perspectives des générations suivantes.
– Enfin, avec une durée de cotisation allongée et
une entrée plus tardive dans le monde du travail, les
jeunes d’aujourd’hui n’auront, pour la plupart, pas
cotisé suffisamment pour avoir droit à une retraite à
taux plein et devront finir leur vie avec des pensions de
misère !
D’autres réponses sont possible !
Le 8ème rapport du Conseil d’Orientation des
Retraites (COR) a été publié le 14 avril. Il évalue le
besoin de financement du système de retraite, selon
les scénarios, entre 1,7 et 3,0 points de PIB en 2050,
ce qui correspondrait à une augmentation des cotisations
comprise entre 9,8 et 10,4 % sur 40 ans. À titre
de comparaison, les dividendes versés aux actionnaires
correspondaient en 2007 à 8,5 points de PIB
et en 2008 les exonérations de cotisations sociales
représentaient 30,7 milliards d’euros soit 1,6 % du
PIB ; la part des salaires dans le PIB a baissé de près
de 9 points en 20 ans. Le financement des retraites
est donc loin d’être un problème insoluble : il suffit
d’aller prendre l’argent là où il se trouve !
Un autre moyen d’améliorer le financement
des retraites est la lutte contre le chômage. En effet,
une baisse du chômage contribuerait doublement au
financement des retraites, non seulement en
réduisant la part des cotisations sociales affectée à
l’indemnisation du chômage, mais aussi en augmentant
le nombre de salariés, et donc les recettes
de ces mêmes cotisations.
Au lieu de cela, le gouvernement reste figé
dans son refus de toute augmentation des cotisations
et organise une concertation sur l’emploi des
seniors. Il reconnait ainsi lui-même que l’allongement
de la durée légale de cotisation ne se traduit
pas automatiquement par un allongement de la
durée réelle du travail et ne permet donc pas de dégager
des recettes supplémentaires suffisantes pour
financer les retraites. De là à avouer qu’une telle
réforme n’aurait pour but que de faire baisser le
niveau des pensions, il n’y a qu’un pas !
Le projet de société que défend ainsi le gouvernement
consiste donc à maintenir les salariés les
plus âgés au travail ou, bien souvent, au chômage et
dans un même temps à interdire aux jeunes l’accès à
un emploi stable, les enfermant de plus en plus
longtemps dans la précarité. Tout le contraire du
principe de solidarité entre les générations qui est à
la base du système de retraite par répartition !
Les propositions de Solidaires
☑ Droit de partir à 60 ans
avec une retraite complète, à
55 ans pour les travaux pénibles
et les régimes spéciaux ;
☑ 37,5 annuités de cotisations
pour avoir une retraite à taux
plein ;
☑ validation (sans rachat) des
périodes de chômage, d’étude
et de stage dès l’âge de 18 ans ;
☑ pas de retraite à taux plein
inférieure au SMIC ;
☑ suppression de la décote et
indexation des pensions sur les
salaires ;
☑ création d’un revenu socialisé
d’étude d’un montant au
moins égal au SMIC pour tous
les jeunes en formation ;
☑ une véritable politique en
faveur de l’emploi des jeunes
en particulier ;
☑ création massive d’emplois
publics dans les secteurs socialement
utiles ;
☑ interdiction des licenciements
dans les entreprises qui
dégagent des bénéfices.






