8 mars : journée internationale de lutte des femmes
De l’égalité, encore de l’égalité, toujours de l’égalité !
Travail : l’égalité n’est pas au rendez-vous
Plus touchées que les hommes par le chômage et par le travail à temps partiel, les
femmes gagnent toujours moins que les hommes.
Le temps partiel concerne 31% des femmes, contre 6 % des hommes. Qui dit temps
partiel dit un salaire partiel qui ne permet pas de vivre décemment. Etre à temps partiel
signifie dépendre d’un mari, d’un compagnon ou de la famille pour boucler les
fins de mois. Sans véritable salaire, les femmes n’ont pas de véritable autonomie !
Tout-e salarié-e à temps partiel qui le souhaite doit pouvoir bénéficier d’un
temps complet !
Les écarts de salaires entre hommes et femmes sont toujours de 25% en moyenne
pour une situation de travail identique. Cet écart s’explique en partie par le temps partiel
et les carrières discontinues. Mais une partie importante (11%) apparaît totalement
inexplicable... si ce n’est par la “main invisible” des stéréotypes qui perdurent
dans le monde du travail. Les emplois ne sont pas pesés et valorisés de la même façon
s’ils sont considérés plutôt féminins ou plutôt masculins !
Il faut en finir avec ces inégalités salariales ! Les lois actuelles ne sont pas contraignantes
: des plans d’égalité profesionnelle et de rattrapage des inégalités salariales
devraient être obligatoires ; des pouvoirs renforcés devraient être donnés aux élu-es
du personnel pour agir en ce sens.
La loi du 26 mars 2006 prévoit que l’égalité salariale entre les femmes et les hommes
devait être réalisée au 31 décembre 2010 !
On est bien loin du compte : il y a donc urgence à agir dans les entreprises, dans
la Fonction publique et au niveau interprofessionnel !
Le droit à l’avortement mis en cause
La loi de 1979 fait de l’avortement un droit. Pourtant, la loi HPST (hôpital,
patients, santé, territoires), dite « Loi Bachelot », met en place des restructurations
d’hôpitaux publics et supprime des centres d’IVG (interruption
volontaire de grossesse) dans toutes les régions.
En Ile-de-France, depuis mai 2009, l’Assistance publique des Hôpitaux de
Paris (le quart des IVG pratiquées en France) a fermé trois centres d’IVG.
Des menaces pèsent sur d’autres centres comme Avicenne à Bobigny ou
d’autres villes comme Lyon ou Orléans. Ces fermetures portent gravement
atteinte au droit des femmes à avorter, à décider d’avoir ou non un enfant, à
disposer librement de leur corps, droit essentiel pour leur libération.
Alors que l’avortement est déjà peu accessible à certaines femmes (mineures,
femmes sans papiers), ces fermetures et regroupements risquent d’allonger
les temps d’attente pour une intervention et obliger de nombreuses femmes
à aller à l’étranger quand elles ont dépassé le délai légal d’intervention (12
semaines de grossesse). C’est un retour en arrière en contradiction avec
l’obligation hospitalière, incluse dans la loi de 1979, qui reconnaît le droit à
l’avortement et l’obligation du service public à pratiquer des IVG.
Sur ce terrain là aussi, nous devons nous mobiliser pour faire respecter
le droit de chaque femme à choisir d’avoir ou non un enfant !
8 mars 1910 - 8 mars 2010
Cent ans de luttes des femmes
1970 - 2010
Quarante années de mouvement de libération des femmes
8 mars 2010 - 17 octobre 2010
3e Marche Mondiale des femmes
Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous marcherons !
12 et 13 juin : manifestation nationale et forum-débat à Paris
30 juin : manifestation européenne à Istanbul
En France, en Europe et dans le
monde, les débats et les actions
de cette 3e Marche mondiale
porteront sur quatre thèmes :
- biens communs
et biens publics,
- paix et démilitarisation,
- travail des femmes et
autonomie financière,
- violence contre les femmes.
Toutes les infos sur : http://www.mmf-france.fr
Des violences intolérables
Quotidiennement, des femmes et des jeunes filles, de tout âge et de tout milieu, sont
en but à des violences à caractère sexiste, des violences dues au seul fait que ce sont
des femmes. Injures, coups, harcèlements sexuels, viols, prostitution, meurtres... :
cela se passe dans la famille, le couple, dans la rue, au travail...
Dans la rue, ces violences commencent par des sifflets ou des attouchements ; ces
comportements sont banalisés par les affichages publicitaires qui montrent des corps
de femmes morcelés, dénudés et qui tendent à faire penser que les femmes ne sont
que des objets de consommation. Ces situations ne sont que peu combattues tant la
tolérance sociale vis-à-vis des violences subies par les femmes est grande.
La lutte contre les violences faites aux femmes passe nécessairement par la lutte
contre le sexisme et la promotion de comportements non sexistes. Cela suppose de
s’attaquer aux stéréotypes de genre et aux inégalités dans tous les domaines.
Le syndicalisme doit aussi agir sur ce terrain : identifier les situations de violences,
qu’elles soient vécues à la maison ou au travail, dans la sphère privée ou dans la
sphère publique, protéger et défendre les victimes de ces violences, se mobiliser pour
une égalité réelle dans tous les domaines.
Il s’agit aussi de faire progresser la législation dans ce domaine. Un projet de loicadre,
soutenu par Solidaires, a été élaboré en 2006 par le Collectif national des
droits des femmes. Une telle loi, pour être efficace, devrait prendre en compte tous
les aspects relatifs aux violences faites aux femmes, en reconnaissant qu’elles sont
une illustration extrême de la domination masculine ; une telle loi devrait privilégier
l’éducation et la prévention, la solidarité et le soutien aux victimes, même si la
répression reste nécessaire.
Une nouvelle loi est en préparation, en réponse à la mobilisation des associations qui
luttent sur ce terrain depuis des années...
Mais au-delà des déclarations d’intention, il faudra vérifier que le contenu,
les moyens humains et financiers permettent enfin d’éradiquer cette violence
intolérable !
Retraites : les femmes premières pénalisées !
Le gouvernement s’apprête à une nouvelle
remise en cause du droit à la
retraite : allongement du nombre d’annuités,
remise en cause du droit à la
retraite à 60 ans.Ces nouvelles attaques
pénaliseraient encore plus lourdement
les femmes que les hommes. Les femmes
retraitées de 60 ans et plus perçoivent
une retraite moyenne de 38 %
inférieure à celle des hommes (1020
euros par mois contre 1636 euros). La
moitié d’entre elles ont une retraite
inférieure à 900 euros contre 20 % des
hommes. La majorité des retraités au
minimun vieillesse (629 euros) sont des
femmes. Tout cela découle des inégalités
de salaire durant la carrière professionnelle,
du temps partiel, des interruptions
liées aux charges familiales…
Les réformes passées les ont particulièrement
touchées. Elles sont majoritairement
concernées par la décote et, à
l’opposé, minoritaires à bénéficier des
mesures telles que la surcote, la retraite
anticipée pour carrière longue ou les
possibilités de rachat des trimestres
d’assurance au titre des études. Au lieu
de corriger les inégalités, les précédentes
réformes ont au contraire réduit les
dispositifs familiaux, alors qu’ils
étaient déjà insuffisants à compenser
les inégalités de pension. Aujourd’hui
c’est la majoration de la durée d’assurance
(MDA) pour les enfants qui est
remise en cause au nom de l’égalité !
Pour résoudre les problèmes de financement
des retraites, le Conseil
d’orientation des retraites (COR), tout
en remarquant que « les difficultés
financières du système renvoient en
particulier à la faiblesse des taux d’emploi
», se focalise uniquement sur l’emploi
des seniors. Il laisse de côté la
question du taux d’emploi des femmes,
qui est pourtant encore loin de l’égalité
avec les hommes.L’emploi des femmes,
outre qu’il est la condition de leur
autonomie, est un domaine où les politiques
publiques peuvent jouer à fond
en supprimant les obstacles qu’elles
rencontrent, c’est à dire en luttant
contre le temps partiel non choisi, en
développant des structures d’accueil de
la petite enfance, d’aide aux personnes
dépendantes, etc. Ces activités répondent
aux besoins sociaux et elles sont
créatrices d’emplois.
Solidaires revendique le droit à la retraite pour tous et toutes à 60 ans,
la garantie d’un taux de remplacement d’au moins 75 %
et aucune retraite inférieure au SMIC !
Lundi 8 mars 2010 - Manifestation à Paris
18 h 30 - Place de la Nation
à l’appel du Collectif national des droits des femmes
et du Collectif Marche mondiale des femmes 2010






