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Courrier Solidaires
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Estrosi
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Monsieur Estrosi
Ministre de l’Industrie
Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi
139 rue de Bercy
75572 Paris Cedex 12

Le 19 février 2010,

Monsieur le ministre,

Comme vous le savez, un mouvement social est en cours à la Raffinerie des Flandres (Total Dunkerque), depuis le 12 janvier, c’est-à-dire plus d’un mois ; ce seul fait, un mouvement aussi long, montre à quel point la situation sociale est grave … et bloquée, de par l’attitude et les choix de la direction de Total.

La menace de fermeture de cette raffinerie est inacceptable : la direction de Total ne peut pas continuer à jouer avec l’avenir de centaines de salarié-e-s, celui de leur famille, et celui des salarié-e-s des entreprises de sous-traitance. La raffinerie des Flandres doit poursuivre ses activités, et il faut pour cela répondre aux revendications des salarié-e-s : mise en place du « grand arrêt » dès mars 2010, redémarrage de la raffinerie dès la fin de ces travaux.

Ces demandes sont portées par le syndicat SUD Chimie, majoritaire dans l’entreprise, mais aussi par l’intersyndicale SUD/CGT/FO, et surtout par l’immense majorité des salarié-e-s qui, en assemblées générales, décide démocratiquement des revendications et des formes de leur mouvement.

Nationalement, les fédérations CGT, SUD, FO, CGC, CFDT ont lancé un appel à une action de solidarité le 17 février. Celle-ci a rencontré un très fort écho parmi les raffineries, les dépôts de carburant du groupe Total. Depuis 2 jours, il ne s’agit d’ailleurs plus seulement de solidarité, mais d’une grève nationale reconduite dans l’ensemble des raffineries. Et le mouvement s’étend même à des raffineries Esso, comme à Gravenchon en Normandie. L’Union syndicale Solidaires et ses syndicats SUD Chimie sont, bien entendu, totalement parties prenantes de ce mouvement unitaire.

Les salarié-e-s des raffineries ne peuvent accepter les fermetures d’usine et les suppressions d’emplois, d’autant que Total annonce dans le même temps un bénéfice record de 13,92 milliards d’euros, en 2009, année « de crise ». Comme dirait le président de la République, « il faudrait revoir le partage de la plus-value » ; aujourd’hui pour la direction de Total, c’est d’un côté des milliards de bénéfices pour les actionnaires, de l’autre côté le chômage pour les salarié-e-s !

Monsieur le ministre, l’Union syndicale Solidaires vous demande de répondre à la demande des salarié-e-s de Total, soutenue par l’intersyndicale nationale : il faut organiser très rapidement une table ronde, réunissant les acteurs politiques, industriels, et les représentant-e-s des salarié-e-s. Pour l’Union syndicale Solidaires et ses syndicats SUD Chimie, il vous revient d’organiser cette réunion et de contribuer ainsi à la résolution du conflit en cours dans le Groupe Total.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous assurons de notre parfaite considération.

Pour l’Union syndicale Solidaires :
Christian Mahieux, secrétaire national.


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