13 janvier à 11 heures : nous serons à Amiens, pour
soutenir les Continental et pour défendre nos droits !
Le 13 janvier, les six salariés de Continental à Clairoix seront devant la Cour d’Appel d’Amiens. Cela fait suite à leurs
scandaleuses condamnations du 1er septembre (3 à 5 mois de prison avec sursis, et plus de 60.000 euros d’amende).
Le gouvernement, une fois de plus, n’a pas tenu parole. Ses représentants s’étaient engagés à lever les dépôts de
plainte, suite au protocole de fin de grève ; cela n’a pas été fait, et c’est pour ça que les Conti ont été condamnés !
La lutte des Conti est emblématique : uni-e-s, nous
pouvons faire reculer les prétentions patronales et
gouvernementales !
La bataille contre les licenciements n’a pu être gagnée…
mais l’absence de riposte nationale coordonnée par les
organisations syndicales y est pour beaucoup. Les Conti ont
résisté, se sont battu-e-s, ont été à la rencontre de collègues
d’autres sites Continental, aux côtés d’autres salarié-e-s en
lutte (Goodyear, New Fabris, Molex, Philipps, Freescale,
…). Surtout, ils ont mis en oeuvre un fonctionnement
démocratique, basée sur des assemblées générales
régulières où chacun-e participe à égalité, aux discussions
et aux décisions.
A la sortie, les 1.120 travailleurs/ses de Clairoix touchent des indemnités bien supérieures au minimum que patrons et
pouvoirs publics entendaient leur octroyer. C’est pour ça que patrons et gouvernement veulent se venger !
Leur « faute » ? S’être révoltés contre le patronat qui
jette les salariés à la rue pour sauvegarder ses
profits, et contre les pouvoirs publics qui
subventionnent ces voyous qui empochent les « aides
pour l’emploi » et licencient.
L’envahissement de la sous-préfecture de Compiègne
a servi de prétexte à ces condamnations ; pourtant, les
« dégâts » pointés du doigt n’avaient rien de commun
avec ce que font régulièrement les grands propriétaires
terriens de la FNSEA pour demander des subventions
publiques pour leurs exploitations agricoles privées, …
et rien de commun avec les dégâts causés à des
centaines de familles, sous le coup de l’annonce du
chômage, dans une région déjà très touchée.
Solidaires de toutes celles et tous ceux à qui patrons et gouvernement s’attaquent !
Les patrons n’aiment pas qu’on leur résiste : d’une
part parce que cela contrarie leurs plans, et surtout parce
que cela peut donner des idées à d’autres et ainsi rendre
plus difficile la mise en oeuvre de tout ce qu’ils ont
décidé … contre nous, pour notre avenir ! C’est ainsi
que des délégués actifs dans des grèves un peu
médiatisées (Freescale, Caperpillar, …) ont été
confrontés à la répression (mises à pied, licenciements)
EDF/GDF a connu des semaines de grève au
printemps dernier. Beaucoup de jeunes se sont investi-es
dans ce mouvement, qui n’a sans doute pas bénéficié
d’un appui suffisant au plan national. Depuis, les
directions d’EDF/GDF essaient de montrer que
« l’ordre règne » : les sanctions pleuvent, et plusieurs
militants (CGT et SUD) se sont vus signifier leur
licenciement. C’est une de ces procédures qui explique
la grève de la faim que des responsables de SUD
Energie ont débuté mi-décembre.
La Poste met à pied le secrétaire d’un syndicat SUD
PTT, parce qu’il a soutenu l’action collective de salariée-
s d’une entreprise privée de distribution de courrier,
dont la direction a mis la clef sous la porte du jour au
lendemain, sans même régler les derniers salaires.
Le patronat s’attaque aussi directement aux syndicats qui le
dérangent. Ainsi, la direction de SFR conteste devant le
Tribunal la représentativité du syndicat SUD, au motif que
vouloir une société autogestionnaire est antirépublicain...
La répression se manifeste aussi à travers les interventions
policières : récemment, à Reims, à Nanterre, à Rennes,
plusieurs manifestations de lycéen-ne-s, de chômeurs/ses et
précaires ont été violemment chargées. Les travailleurs/ses
Sans Papier en grève subissent aussi ces interventions, pour
leur imposer de quitter les lieux qu’ils occupent : souvent le
siège de l’entreprise qui les exploitent depuis des années !
La répression, c’est encore, chaque année, le licenciement
chaque année de quelques 10.000 « salarié-e-s protégé-e-s »
(élu-e-s DP, CE, DS, …). Des salarié-e-s, en fait pas vraiment
protégé-e-s ! Certains employeurs sont particulièrement
teigneux dans l’anti-syndicalisme. C’est le cas du CE de la
Direction Clientèles de la SNCF : le licenciement du délégué
du personnel (SUD) a été refusé par l’inspecteur du travail ; le
CE a fait appel au ministre pour qu’il valide le licenciement de
notre délégué : ca n’a pas marché tellement le dossier est vide ;
maintenant le CE a déposé un recours juridique contre le refus
de ce licenciement !
La Ligue des Droits de l’Homme,
Le Syndicat des Avocats de France,
Le Syndicat de la Magistrature
dénoncent la répression envers les Conti
Le 1er septembre, six ouvriers de l’usine
Continental de Clairoix ont été condamnés à
des peines de 3 à 5 mois d’emprisonnement
avec sursis par le tribunal correctionnel de
Compiègne pour « destructions de biens
d’utilité publique en réunion ».
En avril dernier, apprenant que la fermeture de leur usine était confirmée par la justice, 200 salariés menacés de
licenciement avaient exprimé leur désarroi dans les locaux de la sous-préfecture de Compiègne. Tout le monde se
souvient des images de cette colère spontanée qui a conduit à la dégradation de quelques biens mobiliers. Plutôt
que de prendre conscience de l’intensité de la détresse de ces salariés, le Premier ministre n’avait pas hésité à
stigmatiser outrancièrement cette action en indiquant qu’elle était le fait d’une « minorité très agissante et très
violente » qu’il convenait de sanctionner sévèrement.
Le gouvernement nous avait pourtant habitués à une réelle mansuétude, tant pour les « patrons voyous » - en dépit
de quelques effets de manche médiatiques - que pour les auteurs de véritables saccages appartenant il est vrai à son
électorat traditionnel…
Cette indignation à géométrie variable de la majorité au pouvoir est réellement insupportable, en ce qu’elle
alimente la séparation sociale et la désespérance populaire. Il est vrai que les idéologues de la « loi du marché » sont
naturellement peu sensibles à l’insécurité salariale et à ses effets dévastateurs.
Une fois de plus, cette approche dominante des rapports sociaux n’a pas manqué de se traduire par une
instrumentalisation consentie de la justice. Comment analyser autrement le contenu surprenant des réquisitions du
parquet suggérant de punir plus sévèrement les prévenus qui contestaient leur participation aux faits ?
De même, comment ne pas s’étonner de condamnations si sévères, prononcées par un juge unique n’ayant pas cru
devoir - malgré la complexité de l’affaire et l’importance des enjeux - partager la réflexion judiciaire dans le cadre
d’une collégialité ?
Tout se passe comme si cette juridiction solitaire, en parfaite harmonie avec l’air du temps, avait anticipé le vote
imminent de la loi Estrosi sur les bandes (résurgence aggravée de la loi anti-casseurs) qui prévoit rien moins qu’une
responsabilité collective en matière pénale.
Le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de
France et la Ligue des droits de l’Homme dénoncent ce nouvel
épisode de la pénalisation du mouvement social et partagent
l’émoi des organisations syndicales et politiques qui ont marqué
leur solidarité avec « les Conti ».
Nouvelle illustration de
la pénalisation du
mouvement social
Communiqué commun LDH, SAF, SM
Pour soutenir les Continental et pour défendre nos droits : tous à Amiens, le 13 janvier (11 heures devant la gare) Solidaires !





