Introduction du BIO dans la restauration collective : L’Etat vraiment exemplaire ?
Faisant suite aux engagements pris à l’occasion du Grenelle de l’environnement,
c’est au journal officiel du 20 mai 2008 que paraissait la circulaire relative à
« l’exemplarité de l’Etat en matière d’utilisation des produits issus de
l’agriculture biologique dans la restauration collective. »
Cette circulaire précise que « l’objectif, pour l’année 2010, est d’introduire 15%
de denrées issues de l’agriculture biologique dans les menus et d’atteindre 20%
en 2012 ».
Dès la parution de cette circulaire, les représentants de Solidaires au comité
interministériel de l’action sociale (CIAS - Fonction Publique de l’Etat) n’ont pas
manqué de souligner qu’il y avait beaucoup entre les injonctions et la réalité !
Qu’ont fait l’Etat et la DGAFP depuis ? RIEN ! ! !
Les gestionnaires des restaurants administratifs et inter-administratifs sont
sommés d’appliquer la circulaire sans qu’aucun soutien ou outil pour ce faire
n’aient été mis à leur disposition au cours de l’année et demie écoulée. La seule
initiative annoncée lors du dernier groupe de travail relatif à la restauration (GT
du 29/09/2009) est celle du MEDDM qui va lancer une enquête sur le Bio dans la
restauration collective dans le courant du mois d’octobre, enquête qui – sans
rire- « permettra de déterminer le stade d’application de la circulaire de mai
2008 dans les RIA » (sic) ! ! !
Mesurer l’avancement de ce qui n’a pas pu avancer, est- ce réellement sérieux ?
Au passage, soulignons que les services régionaux des DRAAF-SRAL, dont la
DGAFP a su communiquer les coordonnées aux organisations syndicales, tentent
également de faire un état des lieux du bio dans la restauration collective.
Espérons à tout le moins que soient mis en commun les efforts des uns et des
autres afin qu’un seul et même outil de mesure soit créé !
Que faire ?
Ainsi, sans réelle information, sans formation permettant de répondre à la
question « comment faire du bio dans la restauration collective », sans également
pouvoir disposer par exemple de contrats type incluant des mesures coercitives
sur le sujet et obligeant les prestataires à faire du bio, les gestionnaires des
restaurants administratifs se trouvent clairement démunis et dans l’incapacité
de mettre en oeuvre ce qui peut au final être qualifié de voeu pieux.
Les gestionnaires des restaurants administratifs et inter-administratifs se
retrouvent de fait dans l’obligation de faire « confiance » aux sociétés
prestataires dont on peut craindre, sans plus d’outils de contrôle, qu’elles se
servent du bio comme outil de communication ou encore comme argument pour
augmenter leurs prix !
Une simple obligation sans plus de réflexion !
Par ailleurs, les sujets de fonds, et d’importance, ont été systématiquement
évacués :
- comment, alors que la production nationale de produits issus de l’agriculture
biologique correspond à 2% des surfaces cultivées, faire que se
correspondent une demande à forte croissance et une offre dont on sait
qu’elle ne peut que croître lentement ;
- comment concilier l’objectif d’introduction d’aliments issus de l’agriculture
biologique dont la rareté oblige à se fournir au loin et les obligations faites au
nom du développement durable (émission de carbone).
Il faut enfin souligner le manque de réflexion sur la problématique du surcoût
des repas et de sa prise en charge. Les agents seront-ils les seuls à devoir
assumer l’exemplarité de l’Etat ?
Cela dit, les représentants de solidaires au CIAS (Comité Interministériel de l’Action
Sociale) ainsi que les représentants de Solidaires dans les SRIAS (Sections
Régionales Interministérielles de l’Action Sociale) attendent de l’Etat et de ses
services que soit enfin prise au sérieux la question du développement de l’agriculture
biologique et de l’introduction des produits issus de l’agriculture biologique dans la
restauration collective à destination des agents des fonctions publiques.
Paris, le 19 octobre 2009






