SOMMAIRE
1 - Comment la crise a éclaté ?
2 - Quels sont les mécanismes de propagation au système bancaire et financier ?
3 - Pourquoi l’endettement des ménages a-t-il été favorisé ?
4 - Pourquoi la crise s’est-elle transmise à « l’économie réelle » ?
5 - Comment les gouvernements et les institutions internationales ont réagi ?
6 - Quid du déficit budgétaire ?
7 - Comment s’attaquer aux racines de la crise ?
8 - Quelles mesures prendre au niveau financier ?
9 - Quelles mesures sociales ?
10 - Et la crise écologique ?
LA CRISE N’EST PAS FINIE !
Sans surprise, le moindre frémissement de la conjoncture économique est présenté
comme le début de la fin de la crise. Au-delà de l’indécence qu’il y a à parler de fin
de crise alors que les licenciements continuent, que le chômage explose et que le
pouvoir d’achat diminue, certains prennent leurs désirs pour des réalités.
La crise financière semble terminée. Les banques ont été renflouées grâce à l’argent
public et ont pu reconstituer leurs profits sans rien changer à leurs comportements
habituels. Cependant, rien n’est fondamentalement réglé. Tout d’abord, le
problème des “actifs toxiques”, issus de la crise des subprimes, n’est pas encore
résolu que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. Le Fonds monétaire international
(FMI) indiquait en avril dernier qu’il restait 750 milliards de dollars à déprécier
dans les banques européennes !
De plus, un certain nombre de bombes sont cachées au sein du système financier. D’une part, les leveraged buy-out (LBO), rachat d’entreprises par endettement. Rien qu’en France, les LBO représentent 60 milliards d’euros, dont la moitié seraient non remboursables à cause de la crise. Plus globalement, les banques
risquent de subir le choc en retour des entreprises insolvables qui ne pourront
pas honorer leurs créances. D’autre part, les banques des pays d’Europe centrale
et orientale sont au bord de la faillite. Or ces banques appartiennent aux grandes
banques occidentales. Enfin, le risque de nouvelles bulles n’est pas exclu car les
banques se sont relancées dans des opérations spéculatives, d’où l’augmentation
des cours de Bourse.
La crise économique bat son plein avec l’explosion du chômage (9,4 % en France)
et les effets des plans de relance, qui en Europe, et particulièrement en France,
étaient de faible ampleur, vont s’épuiser. Les gouvernements, au vu des déficits
budgétaires, vont probablement limiter les dépenses publiques, ce qui aura inévitablement
des effets sur l’activité économique. L’endettement des ménages ne
pourra plus jouer son rôle d’entraînement, car, au-delà même du fait que les
banques rechignent à prêter de l’argent dans la situation actuelle, les ménages
sont déjà surendettés et ont recommencé, pour ceux qui le peuvent, à constituer
une épargne de précaution.
Il y a donc un fort risque que la récession soit entretenue par deux facteurs : d’une
part la demande des ménages va diminuer à cause de la baisse de l’emploi et du
pouvoir d’achat ; d’autre part les dépenses publiques ne pourront pas se substituer
à la demande privée. Dans cette situation, l’investissement des entreprises risque
de rester atone. Dans le meilleur des cas, on aura une activité économique globalement
stagnante avec un chômage de masse qui perdurerait... sauf à changer
radicalement de politique économique.
C’est pourquoi l’Union syndicale Solidaires se bat pour un nouveau partage de
la richesse produite qui soit favorable aux salariés avec l’objectif de satisfaire les
besoins sociaux et de répondre aux impératifs écologiques







