* Le gouvernement a décidé de passer en force et veut faire adopter
par le Parlement un projet de loi transformant La Poste en société
anonyme. * Il s’agit du premier pas vers la privatisation du service
public postal. *Alors que l’avenir du service public concerne tous les
citoyens, Nicolas Sarkozy refuse d’organiser un référendum et veut
changer le statut de La Poste par voie parlementaire. * C’est pourquoi,
le Comité national contre la privatisation de La Poste organise
une votation citoyenne le 3 octobre.
Projet du gouvernement : l’hypocrisie règne en maître !
Le gouvernement a décidé de présenter,
lors de la session parlementaire
qui s’ouvrira à la rentrée, un projet de
loi transformant La Poste en société
anonyme (SA). Ce projet a pour
objectif affiché de permettre à La
Poste de se doter de financements à la
hauteur de trois milliards d’euros afin
de pouvoir poursuivre sa « croissance
organique ». Ces capitaux lui seraient
apportés par la Caisse des dépôts et
consignations (CDC) qui rentrerait
dans son capital, La Poste restant
dans ce schéma « 100 % publique ».
Ce projet est particulièrement hypocrite.
Comme l’ont montré les
exemples d’autres entreprises
publiques comme France Télécom,
EDF ou GDF, la transformation en
SA n’est que le premier pas vers la
privatisation de l’entreprise. Non seulement
le passage en SA fait passer
La Poste du statut d’une entreprise de
droit public à une entreprise de droit
privé, mais il permet ensuite l’introduction
de capitaux privés et la cotation
en Bourse comme cela s’est fait
pour d’autres entreprises publiques.
Les dirigeants de La Poste ont
d’ailleurs vendu la mèche en indiquant
que le plan de croissance de La
Poste qu’ils ont concocté nécessite un
financement à la hauteur de 6 milliards
d’euros. D’où viendront donc
les 3 milliards manquants ? Gageons
que l’on nous expliquera rapidement
qu’il faudra bien faire appel à des
capitaux privés !
Large unité
contre la
privatisation
Un cadre unitaire
très large s’est
constitué il y a plus
d’un an pour
refuser la
privatisation de La
Poste.
Au sein de La
Poste, tous les
syndicats refusent
la privatisation et
devraient appeler à
une nouvelle grève
au mois de
septembre.
Regroupant plus de
50 organisations,
partis politiques,
associations et
organisations
syndicales, le
Comité national
contre la
privatisation de La
Poste s’est fixé
comme objectif
l’obtention d’un
référendum sur
l’avenir du service
public postal.
Devant le refus du
gouvernement, il a
décidé d’organiser
une consultation
populaire sur le
sujet.
L’exemple d’EDF-GDF et de France Télécom
Le sort d’EDF et de GDF a été bouclé en deux étapes. La loi de 2004 transforme
EDF et GDF en sociétés dont l’Etat détient plus de 70 % du capital. Nicolas
Sarkozy, alors ministre du budget, affirme haut et fort que “EDF-GDF ne sera pas
privatisé, en revanche, nous devons changer, pour l’adapter, le statut de ces
grandes entreprises pour leur donner les moyens de développement dont elles ont
besoin”. EDF et GDF sont côtées en Bourse. La loi de 2006 permet de faire passer
la participation de l’Etat dans le capital de GDF à un un tiers, condition de la fusion
avec Suez. France Télécom est transformée en société anonyme en 1996. La part
de l’Etat baisse progressivement pour atteindre 27 % du capital et France Télécom
s’est totalement transformée en une multinationale prédatrice.
Et le service public ?
Le service public postal va mal. Depuis plusieurs
années, La Poste a engagé sa transformation en entreprise
commerciale. Cela s’est traduit par une dégradation
du service rendu à la grande majorité de la population.
La présence postale sur le territoire national a diminué
avec la suppression de bureaux de poste ou leur transformation
en simples points de contact. Le manque de
personnel aboutit à un allongement des délais d’attente
aux guichets et le service public bancaire, que La Poste
est censée mettre en oeuvre, se réduit.
La privatisation de La Poste aggraverait considérablement
cette situation. Le projet de loi ne garantit nullement
les missions de service public aujourd’hui encore
accomplies par La Poste. Non seulement le statut des
points de contact n’est pas précisé, mais leur nombre luimême
n’est pas mentionné. L’accessibilité bancaire n’est
pas garantie et sa définition a minima pour la Banque
Postale lui permet de s’en absoudre partiellement. On
peut aussi s’inquiéter de la pérennité du service universel
du courrier quand on sait que les obligations
actuelles de La Poste en matière de distribution du courrier
sont régulièrement évoquées comme étant un
“manque à gagner” face à la concurrence.
De plus, la transformation en société anonyme a pour
objectif explicite de finaliser la transformation de La
Poste en entreprise commerciale dont l’objectif serait de
se développer par des acquisitions à l’étranger, de devenir
une entreprise multinationale. Rien donc à voir avec
le développement du service public. Si, de plus, comme
cela est prévisible, des capitaux privés entrent dans son
capital, ce sera la fin définitive de la prise en compte de
l’intérêt général dans les missions de La Poste.
Bref si le service public postal va mal, la transformation
de La Poste en société anonyme serait pour lui le début
de la fin.
Les faux arguments
des privatiseurs
L’argument essentiel pour transformer
La Poste en société anonyme est que
cela lui permettrait d’obtenir les capitaux
dont elle aurait besoin.
La première question à se poser est de
savoir pourquoi La Poste aurait besoin
de cet argent. En fait, les dirigeants de
La Poste veulent rentrer dans le grand
jeu des acquisitions à l’étranger
comme l’ont fait d’autres entreprises
publiques qui ont été privatisées. Il
s’agit pour eux de transformer La
Poste, d’entreprise de service public en
multinationale du secteur postal. Ainsi,
la Banque postale s’est déclarée prête à
sortir un milliard d’euros cash pour
acheter la banque Palatine.
Visiblement, on le voit, les liquidités
de manquent pas.
Le résultat de cette orientation est
connu. Appliquée à France Télécom,
elle a conduit, il y a quelques années,
cette entreprise au bord de la faillite.
Elle n’a été sauvée que par une intervention
massive de l’Etat. En
Allemagne, la Deutsche Post privatisée,
qui était prise en exemple par les
dirigeants de La Poste, a fait une perte
historique de 1,7 milliard d’euros en
2008.
Enfin, si besoin de financement il y a,
d’autres solutions auraient pu être
trouvées comme, par exemple, un
emprunt obligataire qui aurait évité un
changement de statut de La Poste.
Alors que les taux d’intérêt sont
aujourd’hui particulièrement bas, un
tel emprunt aurait, de plus, pu être
effectué dans des conditions financières
intéressantes pour l’entreprise.
Votation citoyenne samedi 3 octobre
L’avenir du service public concerne tous les usagers. C’est pour traduire cette idée dans la réalité que le
Comité national contre la privatisation de La Poste a demandé au président de la République d’organiser un
référendum sur l’avenir de La Poste comme il en a la possibilité. Le président de la République a décidé
d’ignorer cette demande et de passer en force en faisant adopter le 29 juillet le projet de loi par le Conseil
des ministres avec l’intention de le faire passer devant le Parlement avant la fin de l’année. Dans cette situation,
le Comité national a décidé d’interpeller directement nos concitoyens et d’organiser une consultation
populaire le 3 octobre dans toute la France. Il s’agit par là d’obliger le gouvernement à reconsidérer sa position
pour engager un véritable débat public sur l’avenir du service public postal. De nombreux contacts ont
été pris, notamment avec les associations d’élus, et des maires s’engagent les uns après les autres à organiser
ces consultations sur le territoire de leur commune.
Le service public appartient à toutes et à tous,
montrons le en participant à la votation citoyenne !







