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Tract de rentrée de Solidaires
 
CONTRE LA LOI DES PATRONS !

Nous sommes attaqués sur tous les fronts. Face à cela, quelle réponse syndicale, quelle riposte collective ? Chacun le sait « tous ensemble » on est plus forts.

Blocage des salaires et des pensions, démantèlement de la Fonction publique, de l’Education nationale, et des autres services publics (Hôpitaux, SNCF, EDF-GDF, La Poste, Impôts et Trésor public, AFPA ANPE et ASSEDIC...) ; casse et délocalisation de l’emploi industriel ; démolition des conventions collectives ; du droit du travail ; des statuts publics ; étranglement des retraites par répartition et de la Sécu, traque des chômeurs/ses, harcèlement contre les travailleurs/ses sans papiers tout juste bons à payer des impôts ; destruction du CNRS, privatisation de l’Université... la « rupture » sarkozyste s’attaque avec brutalité à l’ensemble des droits sociaux et des libertés. Ces politiques rentrent en résonance avec celles décidées au niveau européen par la Commission européenne et les différents gouvernements.

Le fond du problème est la répartition de plus en plus inégalitaire des richesses que nous produisons collectivement, la privatisation et la disparition de tous les services publics, la recherche perpétuelle de productivité qui brise la santé des salarié-e-s.

Au moment du conflit des régimes spéciaux de retraite fin 2007, et lors des journées d’action à répétition en mai et juin dernier, le refus de faire converger public et privé, comme le refus de mettre en perspective la grève générale ont été des stratégies qui n’ont pas été capables de faire reculer gouvernement et patronat sur toutes les contre-réformes mises en oeuvre.

Alors, il faut changer, rendre la parole à la base, mettre les moyens syndicaux au service de l’action collective de tous, cesser les déclarations médiatiques qui masquent des compromissions inavouées, ...

Mais, tout ça ne se fera pas par miracle. L’engagement de chaque salarié-e y contribuera.

Plus nous serons nombreux/ses à discuter de cela et à nous organiser dans les entreprises et les quartiers, plus vite nous pourrons construire le mouvement de grève générale aujourd’hui nécessaire, et plus vite nous gagnerons.

C’est ensemble qu’il faut agir, et non profession après profession. Il ne s’agit plus de « montrer notre désaccord » à travers des journées d’action isolées, dont la succession finit par démobiliser les plus convaincu-e-s sans attirer celles et ceux qui ne l’étaient pas. Nous ne voulons pas perdre de l’argent par des journées de grève sans lendemains  ; au contraire, nous avons besoin de construire un mouvement interprofessionnel, unitaire, reconductible.

SALARIÉ-E-S, CHACUN-E DE NOUS COMPTE POUR UN-E. NOTRE AVENIR EST ENTRE NOS MAINS ! CETTE FOIS,ON SE MET EN GRÈVE ENSEMBLE ?



« Notre Sécurité sociale de moins en moins universelle et solidaire »

Contrairement à ce que tentent de nous faire croire les différents gouvernements depuis des années, la sécurité sociale n’est pas malade de ses dépenses mais de ses recettes. Depuis vingt ans, la persistance d’un chômage de masse, le refus de toute augmentation des cotisations patronales, les exonérations de cotisations sociales patronales non compensées alimentent le déficit de la sécurité sociale évalué à 4,1 milliards d’euros cette année ... ce qui est finalement bien peu, comparé aux 97 milliards d’euros de profits réalisés par le patronat des entreprises du CAC 40, sur la seule année 2007.

Ces derniers temps, l’accès aux soins a fait l’objet de remises en cause frontales : attaque contre l’aide médicale d’Etat (AME), déremboursement massif de médicaments, hausse du forfait hospitalier, remise en cause de la prise en charge à 100% des soins pré et post opératoires, volonté de transformer les hôpitaux en entreprises, pénurie entretenue des moyens en personnels médicaux, instauration des franchises médicales. En plein été, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures : la taxation des mutuelles et des institutions de prévoyance. Alors que le pouvoir d’achat est le problème central, cette mesure va se traduire très rapidement par une augmentation des tarifs et rendre ainsi plus difficile l’accès des salarié-e-s les plus modestes à des soins de qualité et donc accroître encore plus l’inégalité de santé.

Derrière toutes ces mesures « d’économies », le but du gouvernement est d’accroître encore la privatisation du secteur de la santé. La loi de financement de la Sécurité sociale, qui sera débattue au Parlement fin octobre, concrétisera le désengagement de la Sécu, en choisissant « ce qui est financé par la solidarité nationale et ce qui relève de la responsabilité individuelle ».

Autrement dit, de plus en plus d’actes, de soins médicaux et de médicaments déremboursés par la sécurité sociale, avec un report vers les mutuelles et les assurances privées pour ceux et celles qui en auront encore les moyens. Nous allons donc vers un système où seuls les plus riches pourront se soigner correctement, vers la fin d’une Sécurité sociale solidaire.

D’autres choix politiques sont nécessaires pour préserver et développer notre protection sociale : faire contribuer les profits financiers des entreprises (fin des exonérations de cotisations sociales, augmentation des cotisations patronales), une politique de l’emploi qui permette de travailler moins longtemps pour travailler tous et toutes, le contrôle des prix des laboratoires pharmaceutiques et la taxation de leurs profits faramineux, la mise en place d’une politique de santé publique axée sur la prévention...

La mort programmée de l’hôpital public

Depuis 1992, 100 000 lits ont été supprimés dans les hôpitaux publics français. Dans ce domaine, la France se retrouve à un niveau d’équipement inférieur à la moyenne des pays développés, mais le pire pourrait être à venir : le Président de la République déclare que seuls 300 établissements publics de santé devraient subsister sur un total actuel de plus de 1000 !

Les établissements publics de santé ainsi que les établissements privés non lucratifs sont pour la plupart en déficit : mais c’est dû à des nouvelles règles budgétaires (tarification à l’activité) qui favorisent les actes techniques au détriment de la prise en charge globale de tous les patients et poussent à leur concentration.

Le gouvernement prévoit de supprimer 20 000 emplois dans les hôpitaux en 2009. Le projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires » qui doit être examiné au parlement à l’automne risque fort de porter un coup fatal à l’hôpital avec le regroupement de centaines d’établissements publics et privés dans des communautés hospitalières de territoire et l’ouverture aux cliniques commerciales des missions de service public : ces cliniques commerciales ont explosé leurs profits, bénéficiant des nouvelles règles budgétaires et des facilités de financements pour leurs investissements !

Les 3 principales chaînes de cliniques commerciales (Générale de Santé, Vitalia, et Capio) possèdent près de 500 établissements (plus de 40% à elles 3) et sont aux mains de fonds d’investissements internationaux qui exigent un taux de rentabilité de plus de 15%. Ces trois groupes ont versé plus de 700 millions d’euros de dividendes à leurs actionnaires en 2007 : 700 millions payés en grande partie par la Sécu !

MATERNITÉS EN DANGER !

La France comptait 1379 maternités en 1975, 694 en 2001, plus que 584 début 2008, et depuis : Lannemezan, fermée le 19 janvier, Clamecy le 31 mars, Carhaix le 6 juin - aujourd’hui rouverte grâce à la forte mobilisation locale- Saint-Agrève fermée le 22 août, Juvisy en septembre, Valréas, Privas, Ancenis, Die, Châtillon sur Seine, Cosne sur Loire, Lourdes, Montceau les Mines, Oloron, d’ici fin 2008, Noisy le Grand, Ivry sur seine, Saint Vincent de Paul à Paris en 2009. La liste des maternités supprimées n‘en finit plus de s’allonger !

Non à la privatisation de La Poste !

Pour justifier la transformation en « société anonyme », gouvernement et dirigeants de La Poste évoquent la charge de la dette qui limiterait les ambitions de croissance externe. Cet argument est irrecevable.

D’une part, la charge de la dette n’est pas aussi lourde que certains veulent le laisser croire. Elle se monte certes à plus de 5 milliards d’euros, mais La Poste produit tout de même un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros et réalise un résultat net de 1 milliard d’euros. Il est important de souligner que plus du tiers de la dette de La Poste est la conséquence d’une contribution de 2 milliards d’euros au budget de l’Etat en 2006 dans le cadre du dossier retraite.

D’autre part, ouvrir le capital pour financer des achats à l’étranger n’est pas une idée nouvelle.

C’était déjà l’argument avancé pour justifier le changement de statut de France Télécom en 1996. Le résultat a été brillant avec 70 milliards d’euros de dettes en 2001.

Si la situation économique de l’opérateur s’est améliorée depuis, c’est au détriment de son personnel et du service public. Une transformation de l’Etablissement Public Industriel et Commercial en société anonyme, quelle que soit la part du capital détenue par l’Etat, accentuerait une logique exclusivement financière, incompatible avec le service public.

La population a besoin de bureaux de poste, de facteurs/trices, ... Les actionnaires, eux, ne veulent que rentabilité financière et dividendes en hausse.

La Poste appartient à toute la société. Ce n’est pas au gouvernement de décider de son sort, c’est aux citoyens. C’est pourquoi il faut qu’un référendum soit organisé sur l’avenir de la Poste.



Augmenter le pouvoir d’achat c’est possible !

« Trou de la sécu », « déficit des retraites », « caisses de l’Etat vides »,...autant d’affirmations commentées doctement par quelques « spécialistes » qui se répandent dans les média, pour nous asséner ces contre vérités. Car ce que ces économistes de pacotille « oublient » de dire c’est à quel point de l’argent il y en a, à quel point il est très possible de financer les besoins collectifs de protection sociale et d’augmenter les salaires ... à condition de répartir autrement les immenses richesses que nous produisons collectivement.

Les salaires des patrons des 40 premières entreprises françaises ont augmenté en une année de plus de 57 %, passant de 102 millions d’euros à la bagatelle de 161 millions, chiffre auquel il convient d’ajouter une progression de 52 % des dividendes et de 351 % des stock-options. Le directeur général de l’Oréal perçoit 2 millions d’euros par mois, le PDG de Vallourec prend plus de 18 millions par an ce qui représente une augmentation de 2312 %, celui de Vinci plus 552 %, celui de Suez plus 364 %.

Leurs émoluments sur l’ensemble de l’année 2007 vont de trois siècles à plus d’un millénaire de Smic brut...

- Entre 1983 et 2007, la part des salaires dans la « richesse nationale » (le Produit intérieur brut) a diminué de 10 points. C’est-à-dire que les salarié-e-s perçoivent une part de plus en plus faible de la richesse...qu’ils/elles produisent. Où sont passés ces 180 milliards d’euros ? Dans la poche des actionnaires : les dividendes versés aux actionnaires représentent aujourd’hui 12,4% de la masse salariale contre 4,4% en 1982 !

- La fortune professionnelle du PDG d’Auchan, qui exploite tant ses caissières et autres employé-e-s, est de... 21 milliards d’euros. Attention, il faut ajouter les biens immobiliers détenus à titre personnel, les oeuvres d’art, les voitures, les bateaux, etc. Environ 2 000 millions de SMIC mensuels concentrés dans une seule famille : Y’aurait pas quelque chose qui cloche dans notre société ?

- En France, 500 familles accaparent au moins 60 millions d’euros chacune ...

- Oui, il y a des privilégié-e-s en France : entre 1998 et 2005, les 0,01% des foyers les plus riches ont vu leur revenu réel croître de 42,6 %, contre 4,6 % pour les 90% des foyers les moins riches.

Pour la moitié des salarié-e-s en France qui touchent un salaire net inférieur à 1 555 euros mensuels, ces chiffres sont difficilement concevables. Les revenus de plus riches ont connu une nette progression, sans commune mesure avec les augmentations de salaires (quand elles existent) de la majorité des salarié-e-s.

Ces revenus vont bien au-delà de ce qu’un individu peut dépenser au cours d’une vie pour sa satisfaction personnelle, même en accumulant les palaces, les yachts ou les grosses voitures. Ils garantissent un niveau de vie hors du commun du reste de la société de génération en génération.

Donner aux riches en volant les autres, telle est la pratique gouvenementale et patronale ! Mais si les “autres” bien plus nombreux/ses que les riches s’organisaient collectivement, ça pourrait se passer autrement !

AUGMENTER LE POUVOIR D’ACHAT PAR UNE AUTRE RÉPARTITION DES RICHESSES
-300 € nets pour tous pour rattraper les pertes de pouvoir d’achat
-Un salaire mensuel minimal à 1500 euros nets.
-Maintien du pouvoir d’achat pour tous les salarié-e-s,par des augmentations qui suivent l’évolution réelle des prix.
-Les mêmes augmentations pour toutes et tous afin de combattre l’accroissement des inégalités et augmenter fortement les plus bas salaires..
-Revalorisation du montant des retraites, minima sociaux et indemnités chômage.



Retraites : non aux 41 ans de cotisation, oui au retour aux 37,5 ans

AMÉLIORER LES RETRAITES A TOUJOURS ÉTÉ POSSIBLE... AVANT LES REMISES EN CAUSE RÉCENTES

Les patrons ont toujours crié à la faillite à chaque fois que le rapport de force leur imposait de donner du temps libre à celles et ceux qui ne vivent que de leur travail. Pourtant, le recul du travail des enfants puis l’allongement des études, les congés payés, les 40 puis 35 heures, l’abaissement de l’âge de la retraite et l’augmentation de la durée de vie n’ont pas empêché l’explosion des profits.

L’augmentation continuelle de la productivité permet de produire bien plus de richesse en moins de temps. En France, du début du 19ème siècle à la fin du 20ème, la productivité horaire a été multipliée par 30, la production par 16 et le temps de travail diminué par 2 !

L’offensive contre les retraites se poursuit, pour baisser toujours plus le niveau des pensions. Aujourd’hui, on propose à toute- s les salarié-e-s de cotiser au moins 41 ans pour bénéficier d’une pension dite complète.

L’Union syndicale Solidaires a toujours affirmé que l’équilibre des systèmes des retraites passe, comme cela se faisait dans le passé, par un meilleur partage des richesses entre les salarié-e-s et les profits. Continuer à améliorer les retraites, c’est possible économiquement.

LE PROGRÈS HISTORIQUE DES RETRAITES DOIT SE POURSUIVRE

En 2001, le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) a calculé le coût du maintien du niveau des pensions par rapport aux salaires d’ici 2040 : il suffit de faire passer la part du Produit intérieur brut consacrée aux retraites de 12,5 à 18,5%, c’est-à-dire en y consacrant une petite partie de l’augmentation annuelle de la productivité, un effort similaire à celui réalisé depuis 40 ans.

Ces 6 points de PIB correspondent à 15 points de cotisations sociales.

Cette augmentation de 15 points, lissée sur 40 ans, représente 0,37 point de cotisations sociales par an. Cette augmentation n’aurait d’ailleurs aucune conséquence sur la compétitivité des entreprises si, dans le même temps, était opérée une baisse des dividendes versés aux actionnaires qui ont explosé ces dernières décennies. C’est possible sans problèmes : il s’agit du même effort que celui réalisé pendant les 40 dernières années, dans un pays beaucoup moins riche qu’aujourd’hui !

Ces calculs de 2001 s’appuyaient sur un scénario pessimiste  : peu d’actifs pour payer les pensions de trop de retraités.Les nouvelles projections de l’INSEE 2006 et les hypothèses du COR 2007 indiquent que le rapport actif/retraité serait meilleur

- seulement 4,5% de chômage à partir de 2015,
- les imigrés seraient 100 000 de plus chaque année et non 50 000,
- les femmes ont 1,9 enfant au lieu de 1,8. Et nous constatons un taux de renouvellement des générations stable à 2,1.
- les retraités seraient moins nombreux, car l’espérance de vie n’augmente pas aussi vite qu’il était prévu. Avec ces nouvelles données, l’équilibre financier serait encore plus facile.

Le COR a indiqué en 2007 que le besoin de financement supplémentaire s’élèverait à 1 point de PIB en 2020, soit moins que la marge d’erreur des projections économiques sur la période. L’équilibre serait assuré !

Un point de PIB, c’est en 2006, à peine 10 % des dividendes versés aux actionnaires des entreprises


L’UNION SYNDICALE SOLIDAIRES REVENDIQUE :
- Abrogation des décrets 1993 (privé), 2003 (fonction publique), 2008 (régimes spéciaux) et retour aux 37,5 annuités de cotisation pour une retraite à taux plein. Pour le secteur privé, le premier rapport du COR de 2001 avait montré que l’impact financier d’une telle mesure serait faible : 0,3 point de PIB.
- Âge du départ à la retraite à taux plein au plus tard à 60 ans et maintien de la date butoir des 65 ans permettant aux salariés qui n’ont pas eu de carrière complète de bénéficier d’une retraite à taux plein.
- Départ à 55 ans pour les travaux pénibles, avant pour certains métiers.
- Indexation des pensions sur les salaires et non pas sur les prix, afin d’assurer la parité d’évolution de revenu entre actifs et retraités.
- Indexation sur les salaires, et non sur les prix, des "salaires portés au compte" pour le calcul du salaire de référence qui permet de fixer le montant de la retraite
- Garantie d’un taux de remplacement moyen de 75 % du salaire, calculé sur la base des six meilleurs mois.
- Pas de pension inférieure au SMIC.


Voir egalement l’affiche de rentrée de Solidaires
le lundi 15 septembre 2008
P.S. :
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