UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
Fonctions Publiques et Assimilées
« Monsieur le ministre,
Vous avez positionné l’action sociale dans le pouvoir d’achat et notamment à travers les
conférences sociales, qui se déroulent actuellement. Le pouvoir d’achat des agents de la
fonction publique n’a cessé de se détériorer, ces dernières années. 2007 aura été une année
blanche sans aucune négociation salariale, malgré les demandes unanimes des huit
organisations syndicales de la fonction publique. Une étude de l’INSEE, publiée en juillet
2007, démontre que les agents de la fonction publique ont perçu 0,9 % de moins en 2005
qu’en 2004. Cette étude confirme notre analyse sur la perte de plus de 6 % de pouvoir d’achat
depuis 2000. Comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises, pour Solidaires, l’action
sociale n’a pas vocation à être une variable d’ajustement ou un élément de substitution à une
hausse salariale pour une amélioration du pouvoir d’achat. Pour Solidaires, la question du
pouvoir d’achat est centrale et elle passe nécessairement par l’ouverture de négociations
salariales, or le gouvernement ne s’est pas placé dans ce cas de figure.
Dans la présentation du programme 148, pour 2008, il est indiqué une enveloppe de 8
millions d’euros réservés au titre de la rénovation de la politique sociale et de la mise en
oeuvre des orientations qui seraient prises en la matière, à l’issue notamment des conférences
sur la fonction publique. Nous estimons que ce n’est pas dans ce cadre que les décisions
doivent être prises en matière d’action sociale, mais que c’est le rôle de l’instance, où nous
nous trouvons aujourd’hui, c’est-à-dire le Comité interministériel d’action sociale.
L’augmentation du budget de l’action sociale interministérielle de plus de 40 % pourrait
apparaître comme satisfaisante, mais nous exprimons notre inquiétude, quant à l’utilisation de
ces crédits. Si l’on prend l’exemple de l’an passé, cela illustre bien qu’il ne s’agit pas
simplement d’afficher un chiffre, mais encore faut-il par la suite mettre en oeuvre les actions
pour que les crédits ne soient pas perdus. Pour la mise en oeuvre de l’action sociale
interministérielle, Solidaires demande que la fonction publique se dote de moyens tant
matériels qu’humains. Nous demandons le renforcement en emplois titulaires des équipes qui
ont en charge l’organisation et la mise en oeuvre de l’action sociale interministérielle,
notamment en région. Nous attendons un réel engagement de l’administration dans le
fonctionnement des commissions permanentes. Nous demandons qu’on accorde plus de temps
aux dossiers traités. Ainsi il nous semble raisonnable, puisque les commissions se sont
resserrées, qu’elles se déroulent sur une journée entière pour que le travail ne soit pas bâclé
par manque de temps.
Pour continuer sur les problèmes de fonctionnement, nous tenons à aborder celui des SRIAS.
Nous demandons un éclaircissement au sujet des frais de fonctionnement. Si ces derniers ne
doivent pas être pris sur les crédits des SRIAS, les préfectures doivent disposer d’une ligne
budgétaire prévue à cet effet. Cette ligne doit être abondée de manière à couvrir l’ensemble
des frais. Nous constatons également que toutes les SRIAS ne disposent pas de moyens
matériels pour fonctionner correctement. Un local, du matériel informatique semblent être un
minimum. Nous remarquons également que la communication vers les agents des activités
mises en oeuvre par les SRIAS ne se fait pas suffisamment ou correctement. Les pages
consacrées à l’action sociale interministérielle sur les sites des préfectures ne sont plus mises à
jour. Nous demandons à ce qu’une réflexion soit engagée sur la manière de diffuser
l’information d’une manière égale, sur l’ensemble du territoire. Depuis 2006, une réunion des
représentants en SRIAS est envisagée, elle ne s’est toujours pas tenue, et c’est lors de cette
réunion que pourrait être abordé ce genre de problèmes. Enfin, nous demandons, pour les
SRIAS, que des décharges d’activité soient accordées aux « siégeants » pour les organisations
syndicales et nous souhaitons par ailleurs, plus généralement, au niveau des décharges
d’activité syndicale, savoir s’il est toujours à l’ordre du jour d’élaborer un décret sur la création
de décharges interministérielles réservées à l’action sociale, comme cela avait été évoqué par
la DGAFP, lors du CIAS du 11 octobre 2006.
Nous tenons également à mettre en avant le problème des agents dans les établissements
publics administratifs. Le décret de 2006 exclut ces agents. À partir du moment où ils ne sont
pas rémunérés sur le budget de l’État, ils ne peuvent bénéficier de l’action sociale
interministérielle. On souhaiterait avoir des chiffres : combien d’agents sont concernés ? Estce
que, dans les établissements en question, une politique d’action sociale est mise en oeuvre
pour pallier le fait que les agents ne puissent plus bénéficier de l’action sociale
interministérielle ?
Enfin, nous tenons à réaffirmer, au sujet de la gestion des prestations d’action sociale, notre
opposition à ce que soit déléguée, au secteur marchand, cette gestion et on réaffirme, par là,
notre désaccord quant au choix d’ACCOR pour le CESU 0-3 ans.
Sur le budget en lui-même, on a quelques interrogations quant à la répartition. On observe
une baisse des crédits alloués au chèque vacances, alors qu’il constitue la prestation
interministérielle la plus largement utilisée par les agents. Le taux de bonification de l’État
étant déterminé selon les ressources de l’agent, les agents aux plus faibles revenus ainsi que
les retraités percevant une faible pension peuvent ainsi se constituer une épargne suffisante
pour partir en vacances. On note d’ailleurs que ce sont les agents de catégorie C qui
représentent le plus grand nombre de bénéficiaires. On souhaite, nous, qu’une réelle réflexion
soit engagée sur l’accès aux vacances pour les agents à faibles revenus.
Nous notons également une baisse du budget accordé à la prestation aide ménagère à
domicile. Nous souhaitons que, par rapport aux retraités, il y ait également une réflexion qui
soit engagée sur les prestations, dont ils pourraient bénéficier. On note que l’aide ménagère à
domicile bénéficie au plus grand nombre de personnes, qui ont une retraite assez élevée, dans
la tranche 8, donc la tranche la plus élevée et que, par ailleurs, peu de personnes ayant une
faible retraite bénéficient de cette prestation. On pense qu’on aurait pu augmenter le budget
pour cette prestation en revalorisant l’aide accordée aux plus basses pensions.
Notre interrogation se place aussi pour les réservations, que ce soit en crèche ou les
réservations logements. On note qu’une partie des crédits n’a pu être engagée en 2007. On
demande que ces crédits soient reportés, et si ce n’est pas possible, qu’il y ait une
augmentation du budget pour 2008, parce qu’on pense que l’engagement qui avait été fait de
mille réservations logements et mille réservations berceaux par an ne pourra être tenu avec le
budget annoncé pour 2008. »
le lundi 22 octobre 2007
P.S. :
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