UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
COMMUNIQUE
Les négociations engagées depuis fin janvier, entre le MEDF et les cinq confédérations dites
représentatives, se sont conclues par un projet de « position commune sur la représentativité, le
dialogue social et le financement du syndicalisme ». Son contenu est soumis à l’accord des
négociateurs et ensuite il appartiendra au gouvernement de le transposer dans la loi avant l’été.
Ces négociations auraient dû permettre d’avancer enfin sur des principes et des règles
permettant une réelle démocratie sociale tant en matière de représentativité syndicale que de validité
des accords. On est loin du compte !
La représentativité syndicale sera jugée sur 7 critères, (au lieu des 5 actuels), qui deviennent
cumulatifs. L’audience, dans les élections professionnelles au sein des entreprises, devient un critère
important. Mais pour se présenter aux élections, il faudra une ancienneté de 2 ans. On peut craindre
qu’avec le délai de 4 ans entre deux élections, on pourra arriver à des situations extrêmes où il faudra
quasiment 6 ans d’existence pour être enfin reconnu dans une entreprise !
Cette disposition représente un frein à l’activité syndicale : pendant deux ans minimum, on ne
pourrait avoir les moyens d’une activité syndicale puisque sans possibilité d’être reconnu
représentatifs.
Un seuil de 10 % est fixé pour atteindre cette représentativité dans les entreprises mais de
seulement 8 % au plan national. Le seuil retenu et sa modulation ont été établis pour permettre à
certaines confédérations de préserver leur position actuelle.
Une période transitoire de quatre à cinq ans est mise en place pour permettre à ceux qui sont
déjà en place de garder leur représentativité nationale interprofessionnelle et dans les branches.
La validité des accords sera conditionnée à la signature des syndicats représentant au moins
30% des salariés ; un bilan sera fait, mais on est encore très loin du principe de l’accord majoritaire !
Ces négociations se sont faites entre organisations bénéficiant a priori de la présomption de
représentativité et qui ont tout fait pour préserver leurs intérêts. Le MEDEF a refusé que soit abordé
la question de sa représentativité sur laquelle on peut pourtant s’interroger au vu de ses dernières
turpitudes internes et du scandale des caisses noires de l’UIMM !
Pour l’Union syndicale Solidaires, cette position commune élaborée entre le patronat et
confédérations ne répond pas à notre exigence de démocratie ! Les salariés doivent pouvoir choisir
librement qui les représente. Chaque organisation doit être traitée avec les mêmes critères au plan
national, comme au plan local et il n’y a aucune raison de maintenir, même de façon transitoire, une
forme de présomption irréfragable.
Pour l’Union syndicale Solidaires, la représentativité nationale interprofessionnelle doit se
mesurer en prenant en compte les élections prud’hommes et les élections dans les fonctions
publiques : c’est le cumul des deux qui est le mieux à même de mesurer, au plan national, le poids
réel de chaque organisation syndicale !
C’est sur ces bases que l’Union syndicale Solidaires va intervenir auprès du gouvernement qui
s’est engagé à légiférer avant l’été.
le jeudi 10 avril 2008
P.S. :
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