UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
COMMUNIQUE
Contre la banalisation du Livret A,
seul outil pour le financement du logement social
et pour l’accessibilité bancaire des plus pauvres
Tout en rémunérant ses détenteurs depuis plus d’un siècle, le Livret A lève des fonds pour construire les
logements sociaux et permet à tous d’accéder à un compte gratuit .
La réforme du Livret A, qui s’intègre dans le projet de loi de modernisation de l’économie, va bien au-delà
des préconisations du rapport, déjà très contesté, de M. Camdessus et prendrait effet au 1er octobre 2008.
Le gouvernement veut engager la banalisation du Livret A, en généralisant sa distribution, actuellement
assurée par la Banque Postale et les Caisses d’Epargne, à toutes les banques européennes... Banalisation
susceptible d’entraîner la fermeture de milliers d’agences des Caisses d’épargne et de bureaux de Poste qui
jouent un rôle irremplaçable, en matière d’accessibilité bancaire, notamment dans les quartiers défavorisés et
le monde rural.
Au-delà ce projet viserait également à réduire à 50 % environ (contre 100% aujourd’hui) le montant des
fonds collectés qui serait centralisé par la Caisse des dépôts pour financer le logement social. Le reste serait
laissé à la disposition des banques alors même que la Commission européenne ne l’exige pas.
Le projet est soumis à une pression considérable du lobby bancaire après la débâcle des crédits
hypothécaires américains, qui voit là une occasion unique de se refaire une santé sur le dos de l’épargne
vertueuse que constitue le Livret A.
La Caisse de Dépôts et Consignations verrait son rôle de financeur du logement social profondément
réduit. Les banques, devenues incontournables, pourraient, dès lors, fixer leurs conditions de taux et de durée
et imposer leurs critères de sélectivité et de discrimination aux collectivités locales, comme elles le font
aujourd’hui avec tous leurs clients.
Le projet de « modernisation de l’économie », qui se fixe pour objectif de redonner du pouvoir d’achat aux
français, devrait donc conduire à un alourdissement certain de la fiscalité locale au détriment des contribuables
et porterait un préjudice très lourd aux demandeurs de logements sociaux et aux exclus qui ont besoin du
Livret A en tant qu’outil d’accessibilité bancaire. (Chaque mois, près d’1,4 million de détenteurs de « petits
livrets », soit ayant un encours inférieur à 152 € se présentent au moins une fois à un guichet de La Poste pour
effectuer une opération. Il s’agit principalement de retraits d’espèces, de virements ou d’établissement de
chèques de banque (gratuits jusqu’à 1000€) par le responsable du bureau de poste, permettant de payer les
dépenses de cantine, énergie, eau, etc.)
L’Union syndicale Solidaires, avec le Collectif « Pas touche au Livret A » réaffirme son opposition au
projet de banalisation du Livret A et à toute remise en cause de la centralisation complète des fonds, par la
Caisse des dépôts et consignations, financeur N° 1 du logement social.
L’Union syndicale Solidaires appelle l’ensemble de ses structures membres à s’investir dans les collectifs
unitaires de défense du livret A et à participer à toutes les actions de défense du logement social et de
l’accessibilité bancaire de toutes et tous.
Paris, le 9 avril 2008
le mercredi 9 avril 2008
P.S. :
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