UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
Communiqué
Le 29 mars a été une journée de manifestations dans toute la France. Appelée par la CGT,
la FSU et l’Union syndicale Solidaires, cette journée a été une première étape de mobilisation
alors que le gouvernement confirmait son projet d’augmenter encore la durée de cotisation.
Celle-ci ne cesserait d’ailleurs jamais de croitre puisqu’il est prévu que les deux tiers
des gains d’espérance de vie à 60 ans soient transformés en allongement de la durée de cotisation.
Le Medef a d’ailleurs annoncé la couleur puisqu’il veut porter celle-ci à 45 ans.
Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, le choix n’est pas entre baisser le montant
des pensions ou augmenter la durée de cotisation. D’abord, parce que l’augmentation de la
durée de cotisation entraine une baisse du niveau des pensions par rapport aux salaires. Alors
que les jeunes rentrent de plus en plus tard sur le marché du travail et que 6 salarié sur 10
sont hors emploi au moment de faire valoir leur droit à la retraite, ce nouvel allongement de
la durée de cotisation aboutirait à baisser encore le niveau des pensions par rapport aux
salaires. Ainsi, la pension moyenne représente aujourd’hui 72 % du salaire moyen. Elle ne
sera plus, selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), que de 65 % en 2020 et de 59%
en 2050.
Ensuite, parce qu’il est possible de financer nos retraites en augmentant les cotisations patronales
et en diminuant, même légèrement, la part des profits redistribués comme dividendes
aux actionnaires. Celle-ci a explosé ces dernières années alors même que l’investissement
stagne et que le pouvoir d’achat recule. Alors que la part des salaires dans la valeur ajoutée,
la richesse créée par les salariés dans les entreprises, a baissé de 10 points depuis un quart
de siècle, il est temps d’imposer un rééquilibrage en s’attaquant aux profits financiers des
entreprises.
Un nouvel allongement de la durée de cotisation est d’ailleurs d’autant plus inacceptable que
les conditions de travail ne cessent de se détériorer. Développement du stress au travail,
apparition de nouvelles pathologies, souffrance de beaucoup de salariés, tout cela rend la
perspective de travailler plus longtemps insupportable.
Après le 29 mars, il faut passer à une étape supérieure pour obliger le gouvernement à revoir
sa copie et imposer des solutions alternatives. Il est de la responsabilité des organisations
syndicales de proposer, dans l’unité, de nouvelles étapes de mobilisations. Si nous voulons
éviter une nouvelle régression sociale, il faut, face à un gouvernement déterminé, faire preuve
d’une détermination plus grande encore.
Le 2 avril 2008
le mercredi 2 avril 2008
P.S. :
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