UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
FONCTIONS PUBLIQUES ET ASSIMILES
COMMUNIQUE
Paris, le 19 février 2008
Après une nuit de négociations, le Ministre de la Fonction publique a annoncé une hausse de
0,8% de la valeur du point d’indice pour 2008. Cette mesure diluée en mars et octobre
prochain, c’est en fait une augmentation de 0,56% de la valeur du point qui nous sera
« largement octroyée ». Pour l’Union syndicale Solidaires, cette proposition est totalement
inacceptable.
Si le ministre poussé par les mobilisations des personnels a, enfin, ouvert des négociations
salariales, ses propositions restent au seuil du minimum légal. En effet, compte-tenu de
l’inflation, les personnels de la Fonction publique vont de nouveau perdre du pouvoir d’achat
sur l’année 2008 comme cela s’est produit les sept dernières années. L’Etat employeur se
contente de cette mesurette et de quelques broutilles pour la catégorie C (qu’il faudra tout de
même maintenir au-dessus du SMIC pour ses plus bas échelons), nous sommes donc loin des
promesses de celui qui se prétendait le Président du pouvoir d’achat.
Eric Woerth s’enorgueillit de pouvoir proposer son dispositif de Garantie individuelle sur le
pouvoir d’achat (GIPA) qui, selon lui, compensera les pertes enregistrées par les
fonctionnaires sur la période 2003-2007. Or, pour déterminer la base de son système le
gouvernement exclut du dispositif les agents ayant bénéficié de promotion ou d’avancement à
l’ancienneté. Si lors des négociations, l’Union syndicale Solidaires avec d’autres organisations
syndicales a réussi à calfeutrer certains trous de ce dispositif, il reste globalement une véritable
usine à gaz dont on se demande si, malgré les déclarations du Ministre, il pourra s’appliquer
aux fonctionnaires hospitaliers et territoriaux ainsi qu ‘aux non-titulaires. Eric Woerth, dans
ces dernières propositions reconnaît lui-même que son dispositif ne peut être pérenne et qu’il
faut rechercher les causes des pertes de pouvoir d’achat. _
Pour Solidaires, ces causes sont
connues : la politique salariale du gouvernement. Quant au monnayage des heures
supplémentaires et des comptes épargne temps, c’est la logique du "travailler plus pour
gagner autant, en perdant des congés et finançant le tout vous-même" qui l’emporte. Enfin les
retraités sont les grands oubliés de ce projet !
L’Union syndicale Solidaires dénonce une politique salariale qui s’inscrit dans un projet
gouvernemental global pour la Fonction publique. En effet, la philosophie du projet proposé
par le Ministre s’emboîte parfaitement avec ses projets sur la mobilité ou ce qui sort et va
sortir de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Il s’agit de casser la Fonction
publique et le statut des personnels ainsi que le service public en général. Le gouvernement
veut aller vers de grandes filières de métiers où les personnels seraient corvéables, malléables
et rémunérés selon une logique de productivité définie par des objectifs qui s’annoncent très
loin des préoccupations, en besoin en de services publics, exprimée par les citoyens.

