SUD Rail, SUD RATP, SUD Energie, SUD Culture Solidaires, SUD Spectacles, Solidaires
Retraite : 37,5... 40... puis 41 annuités... et si on ne laissait pas faire ?
Nous ne baissons
pas les bras : les
grèves d’octobre
et novembre ont
montré que les
salarié-e-s
n’entendaient ni
se faire voler leur
retraite, ni laisser
s’instaurer des
statuts au rabais
pour les jeunes et
les futur-e-s
collègues.
Le gouvernement a transmis au Conseil d’Etat et aux caisses de retraite de la SNCF, de la RATP,
d’EDF/GDF, ses projets de décret modifiant nos régimes de retraite. Pour l’Opéra et la Comédie
française, les textes sont adressés directement au Conseil d’Etat. Ce n’est pas le passage de
37,5 à 40 annuités de cotisation que prévoient ces textes, mais 41 annuités !
Ce passage en force s’appuie sur les faiblesses du
mouvement syndical dans son ensemble. Tirons le bilan de
ces derniers mois :
Face à une telle attaque, les grèves de 24 heures, même
avec des chiffres de grévistes historiques, ne suffisent pas.
Le 18 octobre ou le 14 novembre, la grève était très forte
dans nos secteurs. Ce gouvernement, qui se dit « à
l’écoute », a fait la sourde oreille. Il a parié sur la division,
misé sur le fait que certaines organisations syndicales
n’appelleraient pas ou combattraient la reconduction du
mouvement par les Assemblées générales.
Pourquoi, en dehors de SUD Energie, aucune fédération
d’EDF/GDF n’a appelé à la grève reconductible en
novembre, avec les cheminot-e-s, les agents RATP,
l’Opéra .. ?
Ensemble, on est plus forts que séparément.
Ensemble, on est plus forts ... et c’est pour ça que le
gouvernement voulait des « négociations entreprise par
entreprise ». De plus, une telle démarche brisait tout espoir
d’extension interprofessionnelle, alors que c’était bien de
l’avenir de toutes les retraites dont il était question.
Les syndicats sont plus forts lorsque les négociations se déroulent sous la pression des grévistes.
C’est bien naturellement que le gouvernement voulait, au contraire, imposer la fin de la
grève avant de discuter. Fallait-il répondre positivement à ce diktat, alors même qu’à la
SNCF, à la RATP, à l’Opéra le nombre de grévistes était encore très important, plus élevé
qu’en 1995 ? Les « négociations » de décembre confirment que non. Des revendications
anciennes ont parfois été satisfaites, mais elles ne répondent absolument pas au problème
posé, elles n’empêchent pas une très forte baisse des pensions pour l’immense majorité
d’entre nous.
Partout, le cadrage du gouvernement imposait 2,5 ans de rab (qui sont passés à 3,5 ans
maintenant que le décret sur les 41 ans de cotisation est annoncé) pour ne pas subir la
décote. Partout, cette contre-réforme impose plusieurs années de rab pour gagner la même
pension qu’aujourd’hui.
Les syndicats doivent unifier les salarié-e-s, pas les diviser.
C’est ce que nous avons tenté de faire avec l’Union syndicale Solidaires : les syndicats des
secteurs concernés par les régimes spéciaux ont constamment agi ensemble et fait des
propositions unifiantes, nous avons expliqué que ce qui se jouait était l’avenir des retraites de
tous, avec le passage à 41 annuités. Les projets de décret confirment que derrière les
régimes spéciaux, ce sont tous les salarié-e-s qui sont concerné-e-s.
SUD-Rail, SUD-RATP, SUD-Energie, SUD-Culture, SUD-Spectacles,
l’Union syndicale Solidaires réaffirment qu’il est possible :
de maintenir ou ramener l’ensemble des régimes de retraite à 37,5 annuités pour avoir une
retraite dite « à taux plein »,
d’annuler le principe des décotes,
d’indexer les pensions de retraites sur les salaires des actifs,
de refuser tout double statut qui pénaliserait les jeunes et futur-e-s salarié-e-s.
La situation actuelle n’est pas une surprise.
Le gouvernement avait prévenu certaines
organisations syndicales, celles qu’il considère
être ses « partenaires sociaux ». Pas l’Union
syndicale Solidaires à qui le ministre du travail
reproche « de ne pas accepter sa réforme » !
Les partenaires sociaux du gouvernement ont
jugé que le plus important était de taire cette
nouvelle avant les départs en vacances scolaires
de fin décembre.
Personne ne nous avait démentis lorsque nous
disions que l’absence de réponse du
gouvernement à nos interpellations confirmait le
mauvais coup qui se préparait ... mais
quasiment tous les syndicats avaient refusé
d’organiser la riposte.
C’est possible en réaffectant différemment les
richesses produites par tous, ce qu’on appelle le
Produit Intérieur Brut. Arrêter de donner toujours plus à
la minorité de riches, redistribuer une petite partie des
profits financiers confisqués par quelques uns, suffirait
amplement à régler le pseudo « problème des
retraites ».
Mais celles et ceux qui gouvernent n’agiront pas ainsi
spontanément, puisqu’ils sont parmi les premiers
profiteurs du système actuel. Il faut imposer ce
changement. Nous le pouvons, en agissant
ensemble : salarié-e-s des régimes spéciaux, du
secteur privé et de la fonction publique.
Le gouvernement avance, il en est
aux 41 annuités, donc à une
nouvelle baisse de toutes nos pensions,
_
Le 24 janvier, les fédérations syndicales de fonctionnaires et de
l’Education nationale appellent à la grève et à des
manifestations. C’est un point d’appui important.
L’heure n’est pas à se diviser, à disperser nos forces en alignant
les journées d’actions successives, secteur par secteur : dès
maintenant, les organisations de l’Union syndicale Solidaires
appellent à construire un mouvement unitaire, interprofessionnel,
placé sous la responsabilité des Assemblées Générales
représentatives du personnel.
le mercredi 9 janvier 2008
P.S. :
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