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Lettre de l’Union syndicale Solidaires à F.Hollande + réponse
 

UNION SYNDICALE SOLIDAIRES

Monsieur le Premier secrétaire,

Dans un article du journal l’Est républicain, daté du 23 novembre, vous portez un certain nombre de jugements sur le mouvement syndical (ces éléments ont été repris dans le journal Sud Ouest du 26 novembre). Le journaliste vous fait dire : « En revanche, le syndicat que nous devons combattre, c’est SUD, le syndicat qui ne cherche que la lutte, en lien avec la LCR ».

Si cette citation s’avérait exacte, - dans le cas contraire elle devrait faire l’objet d’un démenti officiel au journal -, elle serait d’une extrême gravité. Elle contient deux contrevérités, contrevient à un principe fondamental et constitue une déclaration de guerre contre notre organisation syndicale. Vous affirmez que SUD « ne cherche que la lutte ». Si la création de rapports de forces nous paraît essentielle pour espérer faire aboutir nos revendications, les organisations membres de l’Union syndicale Solidaires participent aux négociations lorsqu’elles y sont invitées et signent des accords quand ils sont favorables aux salariés. Cette première affirmation est donc totalement erronée. L’Union syndicale Solidaires « ne cherche » que la satisfaction des revendications.

Votre déclaration est par ailleurs particulièrement pernicieuse quand vous affirmez que nous serions « en lien avec la LCR ». L’Union syndicale Solidaires est indépendante de tout parti politique, quel qu’il soit. Sa stratégie est définie dans ses instances élues par ses adhérents. Cette affirmation, dont vous n’apportez pas l’once d’une preuve, est totalement gratuite et vise manifestement à essayer de diaboliser notre organisation. Votre déclaration remet enfin en cause un principe fondamental, celui de l’indépendance syndicale, puisque vous vous permettez de porter des jugements de valeur sur les stratégies mises en oeuvre dans un conflit social. Le temps est pourtant passé où un parti politique pouvait penser diriger le mouvement syndical ; l’histoire nous montre les impasses dans lesquelles ont pu se retrouver tant les directions syndicales que les partis politiques qui ont mis en oeuvre cette pratique.

Ainsi, à vous lire, le seul syndicalisme qui vaille d’exister serait celui qui vous convient ! Il est assez naturel qu’il puisse y avoir des différences de point de vue sur tel ou tel aspect de la vie sociale entre le parti que vous représentez et notre Union syndicale, ce d’autant plus que la fonction des partis politiques et celle des organisations syndicales sont différentes. Tout ceci fait partie de la vie démocratique. Il n’est par contre pas acceptable que vous tiriez de ces divergences la nécessité de « combattre » notre organisation. Au moment où le mouvement syndical est l’objet d’attaques du patronat et du gouvernement, votre déclaration est une carte blanche donnée à la répression contre nos adhérents, indigne d’un dirigeant d’un parti de gauche et républicain.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie de croire, Monsieur le Premier secrétaire, à l’expression de mes salutations syndicalistes.

Annick COUPE Déléguée générale




Suite à ce courrier, Solidaires a reçu en retour la lettre ci-dessous ; nous actons de ce démenti et répondrons positivement à sa demande de rencontre




Paris le 13 décembre 2007

Madame Annick Coupé
Déléguèe générale
Union syndicale Solidaires

J’ai bien reçu le courrier que vous m’avez adressé le 10 décembre dernier dans lequel vous évoquez une citation qui m’est attribuée dans l’Est Républicain.

Je n’ai accordé à cet organe aucun interview.

J’ai simplement eu une conversation dont le journaliste a cru pouvoir tirer cette interprétation. J’ai donc démenti formellemnt les propos qui y étaient rapportés.

Je respecte l’indépendance syndicale de SUD, même si je peux avoir un jugement sur les formes d’action ou les positions. Mais , c’est vrai de SUD aussi à l’égard du Parti socialiste.

Je ne veux faire des différences qui peuvent nous séparer un conflit et encore moins un combat. Et les seules attaques que je porte sont à l’endroit du gouvernement. Et je défendrai tous les syndicalistes victimes de la répression patronale.

Pour dissiper de regrettables malentendus, je vous propose de nous rencontrer rapidement.

Veuillez agréer, Madame le Déléguée générale, l’expression de mes sentiments distingués.

François HOLLANDE

le mercredi 12 décembre 2007
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