UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale
(PLFSS) marque, avec l’instauration de franchises
médicales, un pas supplémentaire dans la remise en
cause du principe de solidarité inscrit pourtant au
coeur de la sécurité sociale.
Cette mesure est annoncée comme étant le prélude à
des “réformes” encore plus importantes en 2008
visant à responsabiliser les patients, comme si ceuxci
étaient responsables de leur maladie. En fait, les
projets envisagés visent moins à faire baisser les
dépenses de l’assurance maladie que de favoriser le
développement des assurances privées complémentaires.
Une gestion comptable inopérante
Ces franchises - 50 centimes par boite de médicament
et par acte paramédical, de 2 euros par transport
sanitaire -, se rajouteraient ainsi au forfait hospitalier
fixé à 16 euros, au forfait d’un euro sur tous
les actes médicaux, à la participation forfaitaire de
18 euros sur les actes médicaux supérieurs à 91
euros, au ticket modérateur déjà existant et au
déremboursement de médicaments dont nombreux
étaient efficaces.
Cette mesure prolonge les orientations antérieures de
gestion comptable de l’assurance maladie qui ont
pourtant toutes échoué, le déficit augmentant régulièrement.
La France se trouve pourtant dans la
moyenne des pays comparables en terme de dépense
de santé.
Une mesure injuste
L’instauration des franchises médicales vise en fait à
instaurer une nouvelle logique au sein de l’assurance-
maladie qui la ferait ressembler à une simple
assurance privée.
Annoncée officiellement, après bien des cafouillages,
pour financer le plan cancer et le plan
Alzheimer, l’instauration de franchises médicales
revient à faire payer les malades pour les malades.
Alors que dans l’assurance-maladie, chacun cotise
en fonction de ses revenus et est soigné en fonction
de son état de santé, la mise en place d’une telle franchise
aboutirait à un accroissement des inégalités en
matière de soins.
Une mesure inefficace financièrement
Les patients pour lesquels le coût de ces franchises
pourrait poser un problème financier seraient dissuadés
de se soigner. L’accès aux soins serait retardé,
alors même que, plus un malade est pris en charge
tôt, moins il coûte à la collectivité. Cette mesure augmentera
donc paradoxalement les dépenses de santé.
Il est ainsi à craindre qu’une fois le principe d’une
franchise admis, son montant soit régulièrement
augmenté chaque fois que le déficit de l’assurancemaladie
menacerait de croître.
Agir pour un système solidaire
Le déficit de l’assurance maladie ne vient pas fondamentalement
d’un excès de dépenses, mais d’un
manque de recettes.
Notre système de santé doit être réformé pour combattre
les inégalités actuelles et pour faire une plus
grande place à la prévention. Mais les dépenses de
santé devront augmenter pour faire face aux besoins
nouveaux de la population. Il faut donc trouver des
recettes nouvelles.
Il est particulièrement choquant que la taxation des
stock-options préconisée par la Cour des comptes, et
qui pourrait rapporter plusieurs milliards d’euros, ne
soit pas envisagée, alors que le gouvernement vient
de faire un cadeau fiscal d’environ 15 milliards d’euros
en faveur des catégories les plus aisées de la
population. De plus, alors que les profits des entreprises
battent tous les records, aucune augmentation
des cotisations patronales n’est envisagée.
Dans cette situation, après le succès de la journée du
29 septembre, il s’agit d’amplifier la mobilisation
pour faire reculer le gouvernement. Les manifestations
unitaires du 13 octobre, partout en France,
seront une étape importante pour créer les rapports
de forces nécessaires pour que la sécurité sociale soit
un système réellement solidaire.
le mercredi 3 octobre 2007
P.S. :
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