SOLIDAIRES FONCTIONS PUBLIQUES ET ASSIMILES
Le Président de la république a tracé, lors de son discours du 19 septembre 2007, sa vision de
l’avenir de la Fonction publique. Rénovation, plan de rigueur, refondation... les mots employés ne
font que cacher une volonté manifeste : CASSER DURABLEMENT LA FONCTION
PUBLIQUE ET LES SERVICES PUBLICS.
Lors de la nomination du ministre de la Fonction publique et de son secrétaire d’Etat,
les rencontres avec les organisations syndicales laissaient à penser qu’hormis la feuille
de route imposée par Nicolas Sarkozy (suppressions d’emplois, heures
supplémentaires), le dialogue social était ouvert, et que tout était négociable,
discutable. Le discours du chef de l’état a largement élargi cette feuille de route. Les
conférences annoncées sur les valeurs et les missions de la Fonction publique, les
parcours professionnels, le pouvoir d’achat et le dialogue social semblent soudain
devenir des lieux d’informations de « décisions déjà prises ».
L’Union syndicale Solidaires porte de façon urgente, auprès du gouvernement et du
président de la République, les revendications des personnels en terme de pouvoir
d’achat. Cette question est centrale et les ministres refusent obstinément d’ouvrir des
négociations salariales.
L’emploi public déterminé selon les besoins en service public (et non l’inverse), les
conditions de vie au travail et la défense des services publics constituent autant de
sujets revendicatifs que nous portons à tous les niveaux.
Le discours de Nicolas Sarkozy prône un modèle social régressif qui vise à détruire le dernier
carré des conquêtes sociales et des garanties collectives. Droit du travail, retraites, sécurité
sociale sont autant d’attaques qui touchent tous les salariés du secteur privé comme ceux du
secteur public. L’union syndicale Solidaires a appelé à des réponses unitaires fortes face
à cette politique.
Ces réponses ne pourront que s’appuyer sur nos revendications sectorielles, niveau fonctions
publiques et interprofessionnelles. Face à un projet de société régressif de telle ampleur, nous ne
pourrons gagner que tous ensemble.
LE 18 OCTOBRE
TOUTES ET TOUS DANS L’ACTION
PAR LA GREVE ET LES MANIFESTATIONS !
(et dès le 13 octobre manifestons contre les franchises médicales)
La volonté du président de la République : casser la fonction publique
Son arme : la Révision générale des politiques publiques (RGPP)
Lors de son discours nantais, Nicolas Sarkozy a exprimé la volonté de casser les statuts de la
fonction publique, de recruter en CDI et par entretien professionnel, d’individualiser la carrière
et de rémunérer les fonctionnaires au mérite individuel, en fonction de leur performance...Pour
arriver à ses fins idéologiques, le président s’appuie sur une arme ambitieuse la RGPP, lancée le
10 juillet dernier par François Fillon. Le calendrier autour de cette révision générale des
politiques publiques doit aller très vite. Au printemps 2008, des conclusions d’audit seront
rendues pour pouvoir appliquer le programme de casse de la fonction publique pour la période
2009-2011 avec la mise en place d’un budget pluriannuel sur ces deux années. Ce « Pacte 2012 »
va se traduire par un bouleversement profond de la Fonction publique.
RECRUTEMENT
Au nom de la souplesse et de la liberté de gestion des
responsables administratifs, il y a une réelle volonté de
« liquider » la situation statutaire des agents publics. En
premier lieu, le libre recrutement par contrat d’agent
non-titulaire dans la fonction publique permettra de ne
pas soumettre ces personnels à un recrutement par
concours. Dans la perspective des réformes actuellement
planifiées, les concours joueront un rôle mineur voir nul.
Il faut donc rapprocher cette perspective, des réformes
actuellement en cours ou en expérimentation, d’inclure
une épreuve de RAEP (reconnaissance des acquis de
l’expérience professionnelle) dans les concours. C’est un
véritable CV qu’il conviendra de fournir à
l’administration qui n’aura plus qu’à choisir en fonction
du « profil ». Ainsi, l’article 6 de la déclaration des droits
de l’homme et du citoyen qui affirme que ceux-ci « sont
également admissibles à toutes dignités places et emplois
publics selon leur capacité et sans autres distinctions que
celle de leurs vertus et de leurs talents » sera totalement
mis à mal. Par ailleurs, l’administration pourra recruter
en fonction de son budget, c’est-à-dire des décisions
politiques prises avec le risque d’une rigueur appliquée
avec le plus grand soin. De plus, au nom de la mobilité et
de la flexibilité sera mise en place une bourse
interministérielle de l’emploi public. Vendue pour
permettre aux fonctionnaires de pouvoir changer
d’administration comme ils le souhaitent, elle permettra
surtout de recruter dans la plus parfaite opacité des
contractuels de droit privé.
Prenons un exemple : Un avant-goût de ce qui attend tous les fonctionnaires est présent dans la
loi 2007-1199 relative à l’autonomie des universités. En effet, son article 19 permet le recrutement
par contrat des maîtres de conférences et des professeurs d’université ainsi que de toutes les
catégories d’agents A techniques ou administratifs travaillant dans les universités. A l’avenir
n’importe quel proviseur ou principal pourra recruter un professeur contractuel sans exiger la
production du moindre diplôme et sans vérifier la possession de la moindre compétence dans son
domaine d’enseignement. On imagine facilement les conséquences de telles pratiques.
L’objectif de ces réformes est bien évidemment d’amoindrir la qualité du service public et de
libérer ainsi de l’espace pour les services payants, permettant par la suite de pouvoir
privatiser tout ou partie des missions de la fonction publique.
REMUNERATION
Dans le cadre d’un recrutement par contrat, l’employeur public pourra rémunérer l’agent dans la
limite du budget disponible, comme il l’entendra et fixer librement ses obligations de service sans
être tenu par aucun cadre réglementaire.
Pour les fonctionnaires, le président de la république a souhaité des personnels moins nombreux
mais mieux payés. Pour lui, cela signifie qu’une minorité pourrait voir sa rémunération
augmentée.
Il y a donc bien là une réelle volonté d’introduire un maximum de rémunération au mérite. Pour
90% des personnels, la rémunération resterait une rémunération de base, et pour une minorité une
partie du traitement serait versée sous forme de prime au mérite. Celle-ci serait évaluée lors de
l’entretien professionnel obligatoire (remplacement du système de notation actuel) conduit par le
supérieur hiérarchique et portant sur l’évaluation des résultats obtenus.
Dans ce contexte idéologique et budgétaire, ce seront toujours les mêmes qui profiteront des
augmentations et seront ainsi mieux payés. Pour la grande majorité, le traitement restera stable et
la perte de pouvoir d’achat ne fera que s’accentuer.
GESTION
Vive la mobilité, disent-ils, en nous promettant de meilleures passerelles entre les trois fonctions
publiques. Si pour Solidaires, il faut effectivement améliorer les possibilités de passage entre les
différents versants de la Fonction publique, le contexte actuel favorisera plutôt une mobilité subie.
En effet, il faut se rappeler les déclarations d’André Santini cet été « ne comprenant pas que l’Etat
ne puisse pas disposer de ses agents comme il le souhaite ». Les suppressions d’emplois entraînant
la disparition de services publics de proximité, il est à craindre que les agents d’un service
supprimé seront d’office mutés vers n’importe quels services, de n ‘importe quelle administration.
A titre d’exemple, un agent du Trésor public dont la trésorerie sera fermée pourra être muté dans
un service préfectoral.
Au même titre que la rémunération, la progression de carrière se fera essentiellement au mérite. La
liste d’aptitude remplacera progressivement les concours internes et, s’appuyant sur l’entretien
professionnel, les critères d’âge seront remplacés par le mérite individuel.
La communication gouvernementale voudrait nous faire croire que le bien-être des agents passe
par une « réforme » plaçant la mobilité et le mérite individuel au centre des préoccupations des
fonctionnaires.
Il s’agit en fait d’établir un système qui permette de gérer
la pénurie d’effectifs et de diminuer encore plus les crédits
alloués au fonctionnement d’un véritable service public.
Moins d’état, plus de précarité et encore plus de flexibilité
la logique libérale continue.
Nous devons organiser les luttes collectives et unitaires
pour refuser ce projet et exiger une autre politique, basée
sur un meilleur service public, sur l’arrêt des suppressions
d’emplois, sur une augmentation du pouvoir d’achat et sur
l’amélioration des conditions de vie au travail.
Pouvoir d’achat / Emplois / Retraites / Franchises médicales : 4 RAISONS DE SE MOBILISER
⇒ Pouvoir d’achat
Le pouvoir d’achat des agents de la fonction publique n’a cessé de se détériorer ces dernières années.
2007 aura été « une année blanche » sans aucune négociation salariale malgré les demandes unanimes des
huit organisations syndicales de la Fonction publique. Une étude de l’Insee, publiée en juillet 2007,
démontre que les agents de la Fonction publique ont perçu 0,9% de moins en 2005 qu’en 2004. Cette étude
confirme notre analyse sur la perte de plus de 6% de pouvoir d’achat depuis 2000. Le gouvernement refuse
d’ouvrir des négociations salariales et a pour seule réponse le "travailler plus pour gagner plus". L’Union
syndicale Solidaires revendique l’ouverture immédiate de négociations salariales !
⇒ L’emploi public menacé
Le chef de l’Etat a confirmé sa volonté de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la
retraite. Sa vision comptable et idéologique conduit à une première vague de suppressions d’emplois (près
de 24 000) pour 2008 pour la seule fonction publique d’état. Celles-ci se rajoutent aux milliers de
suppressions effectuées ces dernières années. Mais le chef de l’état a la volonté que l’hôpital public et la
fonction publique territoriale doivent aussi faire l’objet de suppressions d’emplois. Avant même de définir
et de déterminer les besoins réels en services publics et en missions publics, on supprime des emplois avec
comme seul justificatif de considérer les personnels comme des variables d’ajustement budgétaire. Ces
suppressions d’emplois auront des conséquences très importantes en matière de conditions de travail pour
les personnels et en matière de services publics pour les usagers. Mais l’un des buts n’est-il pas aussi de
dégrader suffisamment les services publics pour pouvoir annoncer ensuite leur libéralisation et leur
privatisation.
⇒ Retraites
En s’attaquant aux régimes spéciaux le gouvernement nous assure qu’il le fait au nom de l’équité. Audelà
des mensonges sur le déficit de certains de ces régimes, ces attaques sont après les « réformes »
Balladur et Fillon une nouvelle étape pour allonger, pour tous, la durée de cotisations à 41 et même 42 ans.
Les personnels de la fonction publique sont évidemment concernés. Certaines déclarations d’André Santini
laissent à penser que le gouvernement pourrait remettre en cause le fait que le montant de nos pensions soit
calculé à partir de l’indice de traitement détenu lors des six derniers mois d’activité et de le remplacer par
un calcul prenant en référence les 10 meilleures années. Conséquence immédiate : une diminution drastique
du niveau de nos futures pensions. Travailler plus longtemps pour se voir servir une misérable pension,
voilà les beaux projets d’avenir qu’offre le président de la république à ces concitoyens ! C’est dès
aujourd’hui que nous devons nous mobiliser pour défendre notre système de retraite basé sur la solidarité
collective.
⇒ Franchises médicales tous concernés
En instaurant les franchises médicales le gouvernement fait un pas de plus dans l’individualisation des
dépenses de santé et fait reposer sur les malades le « fait d’être malade ». Au-delà de l’injustice du système
contre lequel nous sommes déjà tous fortement mobilisés (actions du 29 septembre), c’est encore une fois
une perte de pouvoir d’achat qui va frapper tous les salariés.
Union syndicale Solidaires Fonctions publiques et Assimilés : FAE, SNUCCRF, SNUI, SNUPFEN, Solidaires Douanes, Solidaires Justice, SPASMET Solidaires, SUD ANPE, SUD Asile, SUD Aviation Civile, SUD CDC, SUD Centrale Minefi, SUD Collectivités Territoriales, SUD Culture Solidaires, SUD Education, SUD Equipement, SUD INSEE, SUD PTT, SUD Recherche EPST, SUD Rural, SUD Santé Sociaux, SUD Travail, SUD Trésor, SUI










