Cette sixième, et ultime, section du programme du Front national comprend deux parties consacrées à la liberté de la culture et à la liberté des citoyens. Celle consacrée à la culture concrétise une vision idéologique nauséabonde qui ne peut que faire frémir. Quant à celle consacrée à la liberté du citoyen, elle n’a d’autre vocation que de dénoncer les attaques, les diffamations, les discriminations... dont seraient victimes quotidiennement les responsables, les adhérents et les électeurs du FN.
Le constat : Pour le FN, « dans le carré diabolique de la destruction de la France menée par les politiciens de l’Etablissement, après l’extinction biologique (la dénatalité française), la submersion migratoire (l’immigration de peuplement), la disparition de la Nation (l’euromondialisation), le quatrième côté est celui du génocide culturel ». Le FN dénonce à cette occasion le glissement du terme « civilisation » (« la civilisation fait du Beau, l’étalon de toute production de l’esprit et de la main. Elle sublime la liberté du créateur) à celui de « culture » (« la culture sacralise la laideur ou le non-sens, voire le régressif ou le sordide. Elle impose à l’artiste l’uniformité totalitaire »). A l’exemple des démocraties populaires, la France est accusée de vivre aujourd’hui sous « un art officiel ».
Les principes : Aux yeux du FN, « la France est riche d’une civilisation exceptionnelle qui a mêlé, pour le meilleur, la Nature et la Grâce ». Il suffit donc en matière de politique culturelle d’être fidèle à cet héritage et d’axer celle-ci « sur le Beau, le Bien, le Vrai ». Pour cela, il faut résister « au conditionnement marxiste, à la domination des puissances de l’argent, à l’impérialisme culturel cosmopolite ». « Contrairement à ce que prétend l’idéologie culturelle contemporaine, l’artiste a besoin d’un modèle, il doit obéir à des règles qui, en s’imposant à lui, le contraignent à se dépasser. Il arrive certes que l’artiste rompe avec un passé immédiat, mais c’est alors pour retrouver un passé plus lointain. Toute belle œuvre d’art, implicitement ou confusément, recherche le Souverain Beau ». « L’art véhicule des valeurs spirituelles et morales comme normes esthétiques : un peuple qui se les verrait imposer par des lobbies ou des forces étrangères perdrait jusqu’au droit à l’existence. Le rôle du Politique sera donc de faire respecter et de conforter l’identité culturelle de la Nation ».
Les principales propositions :
les subventions publiques seront accordées aux créations artistiques « qui respectent notre identité nationale comme les valeurs de notre civilisation ».
les collectivités publiques encourageront spectacles, fêtes et reconstitutions historiques et l’ouverture de conservatoire, de musées et de circuits touristiques. Les « grandes heures de notre histoire » feront l’objet de célébrations nationales.
une législation fiscale favorable (impôt foncier, droits de succession, TVA réduite sur travaux...) sera mise en place en faveur des possesseurs de patrimoine culturel privé.
un « Conseil de défense de la langue française » sera créé pour « s’opposer au jargon et au franglais qui envahissent notre langue et les sanctions pour atteinte délibérée à la langue française seront renforcés ».
la méthode globale d’apprentissage de la lecture sera rejetée au profit de la méthode syllabique.
une politique de renouveau théâtral sera mise en œuvre et les subventions seront accordées avec une contrepartie : monter et jouer des spectacles disposant d’un public.
le régime fiscal des fondations sera réformé et le mécénat privé favorisé fiscalement.
l’apprentissage du chant choral, de la musique instrumentale et de la danse, sera encouragé à partir du plus jeune age ; une place sur la scène lyrique sera faite à l’opérette ; rap et techno (« qui ne sont pas des expressions musicales ») seront privés de tout soutien public.
les cahiers des charges dans les média audiovisuels imposeront le recours aux créateurs français et à des œuvres écrites en français. La promotion de la chanson, de la musique, de la littérature et, d’une façon générale, de la culture française constituera la priorité de l’audiovisuel public.
etc.
Le constat : Pour le FN, le combat qu’il mène « est un combat pour la France et les Français d’abord ». A ce titre, défendre les droits du Front national... c’est lutter pour le rétablissement de ceux-ci au bénéfice de l’ensemble du peuple français (CQFD). Aussi, dénonce-t-il des violations permanentes des droits des citoyens français dans notre pays... au nom des innombrables « persécutions » qui toucheraient les responsables, adhérents et électeurs du FN. Ce parti serait, « à l’instar de la glaciation stalinienne, la cible d’une guerre, de la part d’un Etablissement unanime, qui a pour but de le mettre au ban de la société ». Le FN s’estime victime de « raxisme », à travers une diffamation d’état et des procès en sorcellerie qui cherchent à le faire passer pour un parti raciste, antisémite, xénophobe... alors même qu’il considère être « simplement porteur d’un héritage ressenti par chaque Français au plus profond de lui-même ». Pour lui, « la seule, la vraie philosophie » qui fonde le combat de la droite nationale, populaire et sociale qu’il entend incarner, tient dans une intervention faite par JM Le Pen devant la cathédrale de Reims en 1992 : « Nous jurons de défendre les libertés, l’indépendance, l’identité du peuple français, sa culture, sa langue et sa civilisation humaniste et chrétienne ».
Les principes : Aux yeux du FN, « il n’y a pas de libertés dans un pays où l’Etat est dominé par une oligarchie ». Dès lors « notre attachement aux libertés et notre volonté de les garantir contre les empiètements d’un Etat devenu hostile à la Nation, nous conduisent à faire des propositions pour reconquérir celles-ci ». En cette occasion, le FN assure de son attachement à l’ensemble des libertés publiques proclamées dans les grands textes institutionnels et de sa volonté de garantir, entre autres, la liberté de la presse (« de toute la presse, y compris nationale »), le rétablissement de la liberté d’opinion, d’expression, de manifestation et de réunion pour tous les citoyens (« à condition de respecter l’ordre et la morale publics et les intérêts de la France »)...
Les principales propositions :
les lois Pleven, Chalandon et Gayssot, « qui, sous couvert de lutter contre un racisme inexistant en France, s’attaquent en réalité au droit des Français à rester maîtres chez eux », seront abrogées.
une juridiction des médias sera créée et pourra être saisie par tout citoyen.
le scrutin proportionnel sera adopté pour les élections législatives et locales.
les crédits destinés au financement des partis politiques seront répartis conformément au nombre de voix obtenues par chaque formation aux élections générales (« ce principe adopté, il n’y aura pas lieu de l’assortir de dispositions bureaucratiques tatillonnes permettant au pouvoir en place de contrôler les formations politiques d’opposition »).
le monopole de candidature au premier tour des élections professionnelles sera supprimé. Tout salarié ou tout professionnel français aura la possibilité de briguer le suffrage de ses pairs dans les élections de métier et les instances d’entreprise.
« la liberté du travail sera rétablie par l’interdiction pénale des piquets de grève et l’exigence d’un vote personnel à bulletin secret, préalable à tout mouvement de grève. La grève et un droit, le travail aussi ».
« le principe de la grève dans les services publics sera maintenu, mais il sera assorti d’une obligation minimale de fonctionnement, égale à la moitié des services offerts en situation normale.
les organisateurs de grèves surprises en violation des préavis feront l’objet de sanctions disciplinaires allant jusqu’à la révocation ».
« leur impartialité sera rendue aux services publics » et le droit consacrera « l’action populaire » qui permettra d’ester en justice pour la défense des droits d’un groupe de personnes (« depuis des années, les services publics sont détournées de leur finalité - servir le public - et les agents de ces services, souvent contre leur gré, utilisés à des fins politiciennes. C’est là une pratique de république bananière qui fit classer la France parmi les pays les plus corrompus du monde »).
etc.
|
|
Site hébergé par le R@S |
|