Divisée en trois parties (emploi, social, santé), cette cinquième section du programme du Front national est un mélange démagogique et populiste de propositions (ultra) libérales tout aussi aberrantes économiquement que profondément racistes, antisociales et réactionnaires... La simple lecture des analyses et des mesures proposées démontre combien celles-ci vont à l’extrême encontre des intérêts de toutes celles et de tous ceux qu’elles prétendent vouloir défendre. L’application de ces mesures entraînerait la mort de toute idée de solidarité dans notre société, la disparition de toute protection sociale, le retour des femmes aux foyers, une extension définitive de la pauvreté et de l’exclusion à des millions de personnes...
Le constat : Pour le FN, l’échec de la lutte contre le chômage dans notre pays depuis 25 ans s’expliquerait par le fait que l’on ait jamais voulu dresser un diagnostic exact et sans complaisance de la nature du chômage. Ceci, afin d’en masquer les causes réelles qui seraient selon le FN : une immigration massive et non contrôlée, le libre-échangisme, l’inadaptation de la formation professionnelle, le fiscalisme et la bureaucratie. Causes politiques auxquelles il conviendrait d’ajouter les effets conjugués et dévastateurs de la mondialisation et la rentabilisation (« Le capitalisme est à la propriété ce que Caïn est à Abel »), et surtout des 35 heures, considérées comme une « régression sociale » majeure et un facteur essentiel du désastre actuel.
Les principes : Aux yeux du FN, « une politique de l’emploi pour les Français ne peut être comprise et lancée isolément des autres politiques relatives à la famille, à l’immigration, à l’enseignement, à l’Europe, à la fiscalité » (cf. ces différents points). L’éradication du chômage devrait donc obligatoirement passer : par la protection du marché national (restauration de frontières économiques, lutte contre le libre-échangisme, inversion des flux migratoires...), par le démantèlement de l’étatisme (désengagement de l’Etat, réforme fiscale, diminution des charges sociales, liberté d’entreprise...), par une grande politique nataliste et de la famille (... visant à pousser les femmes à retourner aux foyers), une formation professionnelle rendue aux professionnels, la mise en œuvre de la notion de « propriété du métier » (cf. contrat professionnel d’activités dans les propositions ci-dessous).
Les principales propositions :
la préférence nationale à l’emploi sera instaurée, et une taxation du travail étranger mise en place.
la loi Aubry (loi « anti-sociale et anti-économique ») sera abrogée et l’organisation du temps de travail (re)négocié par branches et par entreprises entre partenaires sociaux. « En la matière, l’Etat se bornera à susciter et à abriter ces négociations, tout en assortissant le recours au temps partiel ou au temps choisi d’exonérations de charges sociales ».
des mesures spécifiques seront prises en faveur des artisans et des commerçants.
l’apprentissage sera fortement développé, et la gestion de la formation continue entièrement confiée aux organisations professionnelles.
un « contrat professionnel d’activité » sera créé. « Celui-ci sera passé entre un groupement d’entreprises d’une même activité et d’une même région et un salarié afin d’assurer au salarié une mobilité et une autonomie rendues nécessaires par l’évolution des métiers et les impératifs de l’économie actuelle ».
tous les freins et les obstacles de nature juridique, fiscale et sociale qui s’opposent au passage aisé entre le statut de salarié et de travailleur indépendant seront supprimés.
des bureaux d’emploi et de placement par branches (au sein d’une même agence) seront créés localement dans le cadre d’un partenariat Etat-branches d’activité.
les compétences du Conseil économique et social seront redéfinies et renforcées. « Le monopole de représentation accordé aux centrales syndicales interprofessionnelles (ouvrières et patronales) sera supprimé pour permettre l’émergence de syndicats, réellement libres, regroupés en organisations professionnelles paritaires de branche ».
etc.
Le constat : Pour le FN, « jamais notre société n’a été en proie à un individualisme aussi brutal alors même que des forces centrifuges s’acharnent à détruire le lien social. Nos contemporains sont abandonnés sans défense à l’agression permanente de médias ou de lobbies qui propagent avec une redoutable efficacité la corruption des esprits et des mœurs ». Pour le FN, « l’ordre naturel » a été rompu et désormais nous ne vivons plus en société mais en « dissociété ». « Tous les groupements naturels sont l’objet d’une démolition systématique : la famille (à travers le PACS), la profession (à travers la mondialisation et la « financiarisation »), la Nation (à travers les coups de boutoir de l’immigration, du communautarisme, de l’euromondialisme) ». Au final, « la décomposition avancée de la France, en tant que communauté humaine harmonieuse, a pour principal effet de priver de sa dignité sociale une part croissante de la population française ».
Les principes : Aux yeux du FN, « le développement de l’individu repose sur son appartenance à une cellule familiale, à un environnement professionnel et à la nation ». A ce titre, « c’est à chaque citoyen d’assurer son bien-être par les fruits du travail ». Pour le FN, « la démocratie économique » reste à inventer et salariés et patrons doivent pouvoir se constituer en associations les regroupant par métiers et par professions. « Ainsi, le monde du travail s’affranchira des effets conjoints du capitalisme qui atomise et du socialisme qui collectivise ». « C’est en s’enracinant dans une communauté de travail, à la dimension du pays, que se fonde la politique sociale : elle s’appelle alors la préférence nationale ».
Les principales propositions :
le salaire direct sera instauré. Pour cela, « les charges sociales, patronales et salariales, devront décroître considérablement de façon à augmenter les revenus directs des salariés, ceux-ci auront alors la liberté d’affecter à des organismes de leur choix le surplus ainsi dégagé sous forme de cotisations complémentaires d’assurance-maladie ou d’assurances-vieillesse, à travers des mutuelles ou régimes spécifiques d’entreprise existants ou à créer ».
la notion de salaire minimum sera maintenue.
la participation au capital et l’intéressement au bénéfice, « dans des formules simples », seront systématisées aussi bien dans les grandes entreprises que dans les PME-PMI, grâce à l’abaissement, voire la suppression, des seuils sociaux.
la priorité d’accès au logement social sera instituée au bénéfice des seuls Français.
l’épargne-populaire sera encouragée (défiscalisation des livrets d’épargne, augmentation de leurs taux qui ne devront pas être inférieurs à deux fois la croissance ou trois fois l’inflation annuelle, rémunération des dépôts à vue en banque...).
les régimes de retraite seront harmonisés et diversifiés, et des régimes complémentaires de retraite, de libre choix, créés par métiers, professions, entreprises, branches.
une caisse autonome d’assurance-vieillesse sera créée pour les ressortissants étrangers.
l’aide sociale publique sera réservée au seuls Français.
un « service national de Fraternité française » sera créé pour assurer l’octroi et le suivi des aides en direction des plus défavorisés. A l’instar de la Croix-rouge, il associera des professionnels, travailleurs sociaux et des bénévoles (volontaires, jeunes ou moins jeunes).
une « Allocation de solidarité nationale » se substituera au RMI. « Ce nouveau type de contrat social global, personnalisé et familial, périodiquement révisable dans son volume financier et ses objectifs professionnels et sociaux, permettra de vérifier la réinsertion dans le tissu national ».
une politique de proximité et d’autonomie des personnes handicapées sera développée et la création d’« hameaux d’accueil » permettra aux parents, notamment âgés, de vivre avec un proche handicapé qui vieillit.
« aucune libéralisation de l’usage de drogues prétendument « douces » ne sera autorisée. Les toxicomanes se verront imposer, sans tergiversation ni retard, une cure de désintoxication dans des établissements de réadaptation spécifiques. »
etc.
Le constat : Pour le FN, si la santé est aujourd’hui en péril, c’est avant tout le résultat logique de « la socialisation » de notre système de santé. « Sous l’impulsion des centrales syndicales de lutte de classe, relayées par les gouvernements successifs, l’assurance-maladie est peu à peu devenue un système parafiscal et redistributif, ce qui n’est évidement pas sa vocation. Cette politique résulte d’une volonté délibérée : il s’agit d’alourdir les prélèvements sur l’outil de travail et les travailleurs, et de maintenir dans un état permanent de culpabilisation patients et praticiens. On ne veut pas que les Français aient la maîtrise de leur santé. Il s’agit là d’une vision bureaucratique et totalitaire de la société française ». Le FN considère que la gestion de notre système de santé est irresponsable, incontrôlée, opaque, technocratique... Il décrit la Couverture maladie universelle (CMU) comme « un petit chef-d’œuvre d’escroquerie, puisqu’elle exclut de son bénéfice des catégories particulièrement fragiles de Français et sert de « pompe aspirante » à l’immigration ». Pour le FN, « toutes les dérives actuelles débouchent logiquement sur le mépris de la vie et de la mort des personnes (sang contaminé, vache folle, avortement, offensive en faveur de l’euthanasie (véritable « holocauste climatisé »)... ».
Les principes : Aux yeux du FN, « l’art médical doit être au service de la santé, dans le respect intégral de la vie humaine, de son début (reconnaissance juridique de l’embryon) à sa fin (condamnation de l’euthanasie) ». Il considère que « si le caractère obligatoire de l’assurance-maladie n’est pas discutable, les Français doivent avoir le libre-choix de l’organisme qui le propose ». « En ce qui concerne la médecine de ville, la liberté d’installation des praticiens de santé doit demeurer la règle, les patients ayant, pour leur part, libre accès au praticien de leur choix (avec paiement direct à l’acte) ». Enfin, la règle de la préférence nationale sera appliquée à l’hôpital... comme partout ailleurs.
Les principales propositions :
la branche maladie-accidents du travail sera définitivement séparée des branches chômage et vieillesse.
le régime général et les autres régimes ou caisses particuliers seront fusionnés.
l’obligation juridique d’assurance-maladie sera conservée mais le libre-choix de l’organisme d’assurance instauré pour les risques les moins graves (un organisme, sous tutelle de l’Etat, prendra en charge le « gros risque », le « petit risque » sera pris en charge et géré, soit par la sécurité sociale actuelle, soit par des organismes mutualistes ou d’assurance privée).
le financement du « gros risque » se fera, comme actuellement, par un prélèvement à la source, mais dont le taux sera fortement diminué et compensé par une TVA sociale. L’assuré social choisira la formule qui lui convient pour financer le « petit risque »
une caisse d’assurance-maladie spécifique sera créée pour les ressortissants étrangers.
la nomenclature des actes médicaux sera supprimée pour faire place à une facturation tenant compte du temps passé et de la compétence du praticien.
la gestion de l’hospitalisation publique ou privée sera de la pleine et entière responsabilité de l’hôpital, sous réserve d’une obligation d’équilibre de ses comptes. La notion d’enveloppe globale sera supprimée ainsi que les sanctions financières, quotas et pénalités existants dans le cadre de la maîtrise médicalisée des dépenses de santé. La carte sanitaire sera supprimée.
la préférence nationale sera appliquée dans l’attribution des diplômes médicaux, le recrutement hospitalier et le droit d’établissement.
les tarifs des soins des chirurgiens-dentistes et des prothèses seront revalorisés et leur « tarif d’autorité » supprimé.
la liberté de fixation des prix des médicaments sera rétablie et encouragée (afin de permettre l’investissement dans la recherche de molécules nouvelles).
toute légalisation de l’euthanasie sera exclue.
l’accent sera mis, dans le cadre de thérapies génétiques, sur la recherche et l’utilisation des cellules souches chez l’adulte (clonage).
etc.
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