Divisée en deux parties (justice et police, défense), cette troisième section du programme du Front national dresse une vision d’Apocalypse de notre société en matière de délinquance, de sécurité, de défense... afin de mieux préconiser, comme seuls remèdes possibles, un certain nombre de mesures aussi répressives que totalitaires.
Le constat : Pour le FN, notre pays serait confronté à un recul de civilisation constitué par une explosion de la délinquance et de la criminalité résultant « d’une politique de désarmement délibérée de la société menée depuis le début des années soixante sous l’influence d’un véritable sida mental : le délinquant serait un malade, la « victime » d’une superstructure socio-économique ». Il s’agit là pour le FN des fruits amers de l’idéologie soixante-huitarde (« il est interdit d’interdire ») - par ailleurs responsable de la ruine de la famille et de l’école. Pour le FN, « l’autorité politique se refuse à fonder la Loi sur ce qui est stable : c’est à dire le Bien ». Pour preuve : « les réformes successives du Code pénal qui ont sorti du champ pénal un grand nombre d’infractions (le racolage ou la mendicité, par exemple), l’abaissement du seuil des peines, la modification de la qualification des délits et des crimes, tout en donnant toujours plus de garanties procédurales au délinquant ». Dès lors, « malade de l’insécurité et malade de sa justice, la France et les Français ne peuvent espérer que dans le Front national pour rompre avec la barbarie et renouer avec la civilisation ».
Les principes : aux yeux du FN, la sécurité est la première des libertés. A ce titre, la sécurité (fondement de la cité) et la justice (source de l’ordre) doivent être les missions premières de l’Etat. « Pour rétablir la sécurité, il faut évidemment œuvrer à la prévention des crimes et des délits. Première des préventions : la morale ». Aussi, convient-il « dans tous les domaines, media compris, de réhabiliter la distinction entre le Bien et le Mal ». Une seule vraie dissuasion : la peine (dont il faudra restaurer la notion). Enfin, « il faut bannir de notre appareil judiciaire et de notre politique pénale la philosophie d’inspiration marxiste selon laquelle un coupable n’est pas responsable puisqu’il ne serait qu’une victime de la société. Cette idéologie débouche sur une irresponsabilité de principe, excuse toute conduite déviante et conduit au pire des totalitarisme, la « barbarie à visage humain ». Sauf cas pathologiques exceptionnels, l’homme est un être libre, responsable de lui-même et de ses actes. S’il commet un crime ou un délit, il doit être puni en conséquence » (...) « Ainsi, la peur pourra-t-elle quitter le camp des honnêtes gens pour retrouver celui des malfaiteurs ».
Les principales propositions :
les délinquants et criminels étrangers seront expulsés.
des mesures seront prises pour bannir la « politisation de la magistrature » (« la fonction de magistrat n’étant pas compatible ni avec l’exercice d’un syndicalisme politisé, ni avec l’appartenance à une obédience maçonnique ou sectaire »).
l’école nationale de la magistrature sera supprimée.
les notions de peines « promptes, certaines et incompressibles » seront réhabilitées.
la peine de mort sera rétablie et s’appliquera à un certain nombre de crimes (crimes et trafics internationaux, terrorisme et prise d’otages, meurtres d’enfants, de personnes âgées...).
les peines de prison infligées aux mineurs s’accompagneront de mesures de resocialisation éducative en milieu fermé et la responsabilité des parents défaillants pourra être mise en cause, y compris par la suppression des prestations familiales ou sociales correspondantes.
les manifestations publiques d’incitation à la débauche et à la violence (films, publicités, émissions audiovisuelles...) seront poursuivies et sanctionnées.
un plan-programme de création de 13 000 nouvelles places de prison sera lancé et les quartiers de haute sécurité seront rétablis.
les règles d’emploi des armes à feu par la police seront assouplies et les campagnes de dénigrement à l’encontre de celle-ci feront systématiquement l’objet de poursuites pénales.
les contrôles d’identité pourront être effectués dans les lieux publics sans intervention de l’autorité judiciaire et tout refus donnera lieu à des poursuites judiciaires. etc.
Le constat : Pour le FN, la France n’a plus de Défense digne de ce nom et « jamais dans son histoire, sauf peut-être pendant la guerre de Cent Ans, il n’a été aussi gravement porté atteinte aux principes de la Nation et de Défense nationale. Restructurée par des politiciens qui ne croient pas en la France et la dissolvent dans le magma européiste, mise au service du prétendu Nouvel Ordre Mondial, notre armée sert de « bonne à tout faire » à l’intérieur, et de placebo humanitaire à l’étranger ».
Les principes : Aux yeux du FN, il est primordial de maintenir vivant le lien Armée-Nation. Dans ce cadre, « il sera du devoir de l’Etat d’exalter l’amour de la Patrie et la fierté nationale, de faire prendre conscience aux Français de la fragilité de leurs libertés et de leur prospérité et de s’opposer sans faiblesse à toute intention ou action visant à diminuer l’esprit de défense à l’intérieur du pays ». En matière de Défense, il est primordial selon le FN de « ne pas se dérober au principe qui veut que l’on aide ses amis et que l’on combatte ses ennemis » et de définir ses adversaires potentiels d’aujourd’hui et de demain ( et ceux-ci sont légions à ses yeux : Etats-Unis, Europe, pays du Sud... ).
Les principales propositions :
la France se retirera de l’Eurocorps et refusera de participer aux opérations de l’OTAN.
les campagnes de calomnies et d’antimilitarisme feront l’objet de poursuites avec toute la rigueur nécessaire. Par contre, les Français ayant volontairement accepté un temps de service armé verront facilité leur accès à la fonction publique.
des mesures seront prises pour reconnaître moralement et matériellement toutes les « générations du feu » (Algérie, Indochine, Afrique noire...).
une Garde nationale sera constituée (avec pour mission, entre autres, de participer au maintien de l’ordre en renfort de la gendarmerie).
une Défense civile sera organisée en temps de paix (pour mieux passer à ceux de crise ou guerre).
la France reprendra et intensifiera son programme de simulation d’explosions nucléaires et développera des armes nucléaires miniaturisées, à effets collatéraux réduits ou non.
une force terrestre d’intervention solide (200 000 hommes opérationnels !) et très entraînée sera créée. Le recrutement féminin sera limité à 5% des effectifs et hors formations combattantes.
les moyens de renseignement et de surveillance des potentiels étrangers militaires et industriels seront développés.
etc.
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