Divisée en quatre partie (politique étrangère, Europe, institutions, Mer et Outre-Mer), cette secondesection du programme du Front national reflète une vision passéiste et nostalgique d’une France quin’existe plus (avec ses colonies et son empire) et d’une Europe qui serait source de tous ses malheurs(avec la mise en exergue de citations telle que : « Si la France, cette fille aînée de la civilisation,pouvait être effacée du milieu des nations, l’Europe entière ne comblerait pas le vide qu’y laisseraitson absence, et tous les Etats, tôt ou tard, s’engloutiraient dans l’abîme qu’elle aurait ouverte »).
Le constat : Pour le FN, la politique étrangère suivie par les gouvernements successifs tout au long du XXème siècle a contribué à l’abaissement de la France et amené celle-ci à abandonner ses amitiés et ses intérêts. En tout lieu, la politique étrangère de la France est condamnable. Ainsi, « alors que nos dirigeants ne cessent de donner aux Français des leçons d’antiracisme, nous avons soutenu l’accession au pouvoir de Nelson Mandela en Afrique du Sud, puis son successeur, qui sont en train de ruiner le pays en provoquant l’exode des blancs » ou encore « en Amérique latine, la France continue à soutenir les régimes marxistes ou crypto-marxistes de Cuba et du Nicaragua, avec comme résultat une contagion idéologique aux Antilles françaises, dont certains milieux réclament désormais ouvertement l’indépendance, notamment en Guadeloupe ». Les raisons de ce déclin sont triple selon le FN : les dirigeants français mènent « la politique du dehors avec les raisons du dehors » (reprise d’une citation de Tocqueville) ; ils ont cessé de croire que la souveraineté française a valeur universelle ; ils ont honte de la France (lui préférant l’alignement sur « la ploutocratie marchande anglo-saxonne »).
Les principes : Aux yeux du FN, la nation doit être au cœur de la politique étrangère. La France, « plus vieille nation du monde après la Chine », incarnant, pour tous les peuples du monde, le principe de la souveraineté et donc de l’indépendance. Le FN entend privilégier dans les relations internationales, les conventions bilatérales entre états souverains aux accords multilatéraux généraux. Les solidarités internationales seraient hiérarchisées et subordonnées aux intérêts réels de la France et déclinés entre : « solidarité de civilisation avec les pays européens ; solidarité linguistique avec nos cousins québécois, wallons ou valdôtains ; solidarité spirituelle avec les Chrétiens du Liban et les peuples victimes de l’oppression communiste ; solidarité occidentale entre pays qui partagent les acquis essentiels de la civilisation européenne et solidarité francophone, notamment vis-à-vis de l’Afrique »).
Les principales propositions :
le retrait du concours de la France au tribunal pénal de La Haye et à la mise en place de la future Cour pénale internationale (au nom du principe fondamental de souveraineté... par contre le FN proposera l’organisation au niveau international d’un « procès de Nuremberg » du communisme).
le retrait de la France de l’OTAN et de l’UEO (Union de l’Europe occidentale) qui en est le « Parlement ».
le soutien de la France aux différentes communautés d’origine française établies à l’extérieur du territoire national pour les aider à sortir de la zone d’influence anglo-saxonne.
« une résistance de la France aux manœuvres de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande tendant de l’évincer du Pacifique où la souveraineté française n’est pas négociable ».
un accès limité des Algériens au territoire français conditionné par une libre circulation des harkis entre la France et leur terre natale.
la mise en œuvre d’une « grande politique franco-africaine » (qui viserait dans les faits à accroître les liens de sujétion entre la France et ces pays, puisque ceux-ci devraient : participer activement à la lutte contre l’immigration clandestine, œuvrer au rapatriement de leurs ressortissants légalement installés en France, favoriser le maintien dans leur pays des intérêts et des ressortissants français, s’engager à ne pas se comporter, dans des décisions propres ou dans des enceintes internationales, de façon hostile envers la France ou ses ressortissants).
etc.
Le constat : Pour le FN, la France est en passe de devenir un simple échelon administratif, « un Etat croupion comme l’Alabama ou le Dakota, noyé dans une vaste Fédération, elle-même à la botte du Nouvel Ordre Mondial ». Pour le FN, l’Europe c’est : « un ordre juridique insensé et totalitaire, la faillite financière, la subversion par la « culture » d’Hollywood, et la fin de la souveraineté politique, de la prospérité économique, de l’indépendance alimentaire, des protections sociales... ».
Les principes : Au yeux du FN, la France doit sortir au plus vite de l’Europe afin de maintenir son indépendance. « La souveraineté est aux nations, ce que la liberté est aux personnes ». Cependant, sachant « que les nations européennes possèdent une même civilisation et ont à faire face à des menaces planétaires identiques », une certaine coopération entre nations européennes pourra exister : « Seules des nations libres, puissantes et souveraines, rendront à la civilisation européenne son éclat dans le monde ». Ainsi, « libérée du carcan européen, la France pourra exploiter ses atouts, mener une grande politique dans les zones en pleine expansion dans lesquelles elle dispose de nombreux points d’appui, négligés depuis quarante ans. En s’émancipant, la France sera de nouveau un exemple pour les autres nations, européennes ou non, comme elle l’avait été à partir du XVIIème siècle ».
Les principales propositions :
l’ensemble des traités liant la France à l’Union européenne seront dénoncés.
les législations prévoyant le droit de vote et d’éligibilité des ressortissants communautaires aux élections européennes et municipales seront abrogées.
la France retrouvera sa pleine compétence de contrôle à l’entrée et à la sortie de son territoire.
etc.
Le constat : Pour le FN, le bilan des vingt dernières années est accablant. Les institutions françaises seraient schizophrènes : « il y a une apparence (celle de la Constitution et des lois) et y a une réalité (celle des factions qui se partagent les prébendes et entendent les garder). Sous la coquille « républicaine », « démocratique », « citoyenne », s’est installée une oligarchie cosmopolite, totalitaire, corrompue ». Tous coupables : le Président de la République (pour avoir reconnu, « dans une déclaration, où l’affabulation se disputait à l’odieux, la culpabilité de notre pays au cours de la seconde guerre mondiale »), le Conseil constitutionnel, la décentralisation, les collectivités publiques, la décentralisation, les médias, le CSA, les obédiences maçonniques, les « dynasties bourgeoises »...
Les principes : Aux yeux du FN, « Les institutions, pour être respectées, doivent se conforter à l’ordre supérieur qui les fonde. Les pouvoirs des responsables de la Cité, la force dont ils peuvent user de manière légitime, ne leur sont confiés que pour autant que ces prérogatives, comme les lois qui en découlent, respectent les données naturelles sur lesquelles reposent la Cité, à savoir : les principes spirituels et moraux qui pacifient les relations entre les hommes, la recherche du Bien commun national, l’épanouissement des sociétés naturelles (famille, profession, collectivité locale)... ».
Les principales propositions :
le principe de la préférence nationale sera intégré d’une manière claire et indiscutable dans la Constitution et la primauté du droit français sur le droit dérivé européen sera rétabli.
la durée du mandat présidentiel sera de nouveau fixée à sept ans, le rôle du Conseil constitutionnel limité, l’ENA supprimée, la direction du Budget rattachée au 1er Ministre.
l’Etat sera recentré sur ses seules compétences régaliennes. Le titre de fonctionnaire sera uniquement réservé aux personnels employés sur des tâches régaliennes. Le statut sera rénové (« pour que les règles qu’il formule tiennent davantage compte de l’intérêt public »).
tout dépositaire de l’autorité publique devra signaler, sous peine de déchéance, son appartenance à des sociétés, obédiences ou organismes.
les organismes subventionnés sur fonds publics devront être d’intérêt purement local.
« une vraie décentralisation, visant à de véritables libertés locales, sera mise en place » et la France sera divisée en une trentaine de provinces.
etc.
Le constat : Pour le FN, depuis trente ans les gouvernements successifs ont mené à l’égard des départements et territoires d’Outre-Mer (qui représentent un capital géo-stratégique exceptionnel pour la France ), une politique qui masque mal leur intention de s’en débarrasser de manière définitive.
Les principes : Aux yeux du FN, la France doit redevenir une puissance maritime et d’Outre-Mer. Pour cela, quatre défis sont à relever. Le défi de la souveraineté (la France doit s’opposer à toute politique visant à remettre en cause ses intérêts nationaux ou l’influence de sa civilisation dans les territoires concernés), de la puissance maritime (la France doit disposer d’une présence permanente à la mer et de capacités d’intervention suffisantes), de l’ordre public (l’autorité de l’Etat doit être restaurée et respectée) et de la prospérité (la préférence nationale doit s’appliquer dans ces territoires).
Les principales propositions :
doter la Marine nationale d’une forte capacité d’intervention.
les processus d’indépendance en cours seront stoppés et les accords de Nouméa abrogés (dans ce cadre : « la consistance de nos relations diplomatiques avec certaines puissances proches dépendra du respect qu’elles marqueront à l’égard de notre intégrité territoriale »).
trois régions françaises décentralisées seront créées (Amérique, océan Indien, océan Pacifique).
« une préférence française d’outre-mer » sera appliquée en matière familiale, d’emploi, de rémunération...
etc.
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