Divisée en quatre partie (la famille, l’immigration, l’enseignement, l’environnement), cette première section du programme du Front national reflète la vision sociétale de celui-ci, à savoir : une pensée réactionnaire basée sur l’omniprésence de fondements religieux et sur la négation des différents principes à l’origine de notre pacte républicain. Pour le FN, il existe un « ordre naturel des choses » dont l’homme ne doit pas chercher à s’affranchir. A ce titre, sont vilipendés : les révolutionnaires de 1789, les républicains laïcs, les gauchistes, les mondialistes, les socialistes...
Le constat : Pour le FN, la famille, comme la nation, est au centre de toutes les attaques des lobbies et des gouvernants à leurs ordres. Fidèle à la théorie du « complot », le FN considère qu’une politique anti-familiale est menée depuis trois décennies dans notre pays, avec pour objectif, inavoué mais délibéré : « la volonté de faire disparaître la France en limitant le nombre de Français à naître, tout en appelant sur notre sol un nombre croissant de ressortissants immigrés ». Par ailleurs, la « culture soixante-huitarde » est accusée d’être à l’origine d’une dérive des mœurs et d’une crise de l’institution familiale - via la maîtrise des naissances, la mise en place de l’IVG, la venue d’enfants hors mariage et le développement du divorce (facteurs de fragilisation sociale), la promotion de « modèles sociétaux régressifs » tel le PACS, etc.
Les principes : Aux yeux du FN, trois principes sont fondamentaux : le caractère sacré de la vie (à ce titre, le fœtus doit être considéré, dès sa conception, comme une personne humaine) ; la famille comme cellule-mère de toute société (« il n’y aura d’avenir pour la France que s’il y a de nombreuses naissances de Français par filiation. La famille assurant non seulement le renouvellement des générations mais la transmission des valeurs, des normes et des traditions de civilisation du peuple auquel appartiennent ses membres ») ; la préférence familiale (à travers un certain nombre de choix fondamentaux, tels : la reconnaissance institutionnelle du droit à la vie, la promotion du modèle familial par son enracinement au cœur de la société française...).
Les principales propositions :
l’inscription du droit à la vie dans la Constitution (dès sa conception, l’enfant à naître serait donc reconnu et protégé par la loi).
l’abrogation des lois sur l’avortement (mesure phare... que Marine Le Pen s’efforce de modérer dans le cadre de sa campagne actuelle de communication... mais fondement incontournable dans le programme officiel du FN).
la mise en œuvre, sur vingt ans, d’un plan de relance de la natalité (« Des enfants pour la France ») et de dispositions civiles, fiscales, sociales visant à redonner toute leur place dans la société aux parents (à condition exclusive bien sûr que ceux-ci soient français, vivent dans un foyer légitime... avec leurs enfants légitimes).
l’abrogation du PACS (« la loi n’ayant pas à légiférer au profit de lobbies prétendant imposer leurs comportements déviants en modèle social normatif »).
la constitution d’associations familiales, qui pourraient être déclarées d’utilité publique, serait encouragée (ou comment multiplier et légitimer le rôle de structures traditionalistes et réactionnaires qui actuellement déjà ne cessent de multiplier les actions et les recours en justice au nom de l’ordre moral).
l’instauration d’un suffrage universel intégral réservé aux seules familles françaises au sein duquel les parents bénéficieraient d’un droit de vote supplémentaire au nom de leur enfant jusqu’à la majorité de celui-ci.
etc.
Le constat : Pour le FN, l’immigration est la preuve flagrante d’une volonté programmée de faire disparaître la France en tant que nation. Bien au-delà du point spécifique qui lui est consacré, « la question » de l’immigration est omniprésente dans l’ensemble de son programme. Loin de limiter ses attaques à la seule immigration irrégulière, c’est l’étranger en général qui est mis au pilori par le FN. L’immigration n’est décrite que comme une source d’insécurité. Le regroupement familial est assimilé à « l’installation de colonies de peuplement dans notre pays ». L’immigration est considérée, non seulement comme une menace pour la prospérité de la France, mais comme « une menace mortelle » pour son identité, « une menace mortelle » pour sa souveraineté et « une menace mortelle » pour la paix civile.
Les principes : Au yeux du FN, « l’identité est, à la Nation, ce que la personnalité est à l’individu ». A ce titre, le refus de la société multiculturelle doit constituer, au nom de l’identité de la France, le combat fondamental du Front national. Pour lui, l’histoire de l’humanité et l’observation des peuplements de la planète confirment une même loi : « partout où cohabitent des peuples de race, de langue, de culture ou de religion radicalement différentes, l’assimilation se relève impossible et des conflits surviennent, tôt ou tard ». « Pour que la France reste la France, les Français doivent rester maîtres chez eux ». Dès lors, « dans la relation à l’étranger, le principe de la préférence nationale - le Français jouit en France de privilèges auxquels l’étranger ne peut accéder - doit prévaloir ». Pour le FN, cette notion est d’autant plus légitime que « la France ne doit rien aux immigrés qui sont venus sur son sol. Même ceux qui sont légalement sur son territoire, le sont parce qu’ils y ont trouvé leur intérêt, et ceux qui viennent de pays qui ont souhaité cesser d’être sous souveraineté française et devenir indépendants, doivent en assurer les responsabilités ». Bon seigneur, le FN précise cependant que « ces populations seront aidées sur place après leur retour, fidèle à sa vocation la France française respecte les nations et civilise les hommes ».
Les principales propositions :
l’immigration légale sera totalement interdite en France et les dispositions sur le regroupement familial seront abrogées (celui-ci devant se faire dans le pays d’origine).
tout immigré clandestin sera expulsé et renvoyé dans son pays d’origine (il ne pourra prétendre à aucune aide pécuniaire ou allocation de secours).
la filiation sera réaffirmée comme base du code de la nationalité et de la citoyenneté, et le droit de vote ne sera accordé qu’aux citoyens français.
la naturalisation à raison du mariage ne sera plus automatique, le conjoint étranger sera soumis à une procédure « normale » de naturalisation, celle-ci passant par une vérification de l’assimilation du candidat (c’est à dire par l’acquisition démontrée des « valeurs spirituelles, des mœurs, de la langue et des usages qui fondent la civilisation française » - cette naturalisation ne sera définitive qu’à l’expiration d’une période probatoire).
la déchéance de la nationalité sera appliquée en cas de certains délits ou crimes (mesure appliquée sous le régime de Vichy).
en cas d’embauche, une législation donnera la priorité d’emploi aux Français. En cas de licenciements, les salariés français seront prioritairement maintenus dans leur emploi. - pour donner un caractère concret au principe de préférence nationale en matière d’emploi et « pour faire payer aux employeurs les sommes induites par l’immigration (logements, écoles, retour) », il sera créée une contribution patronale assisse sur le salaire versé aux étrangers.
les cartes de séjour de dix ans seront remplacées par des cartes d’un an non renouvelables automatiquement. Les chômeurs étrangers arrivant en fin de droits verront leur carte de séjour caduque et seront « invités » à retourner dans leur pays d’origine.
« les ghettos ethniques des cités et banlieues seront démantelés » via la réhabilitation des logements sociaux et leur attribution aux Français (Français qui, plus largement, bénéficieront de la priorité dans l’attribution de tout logement social).
les allocations familiales seront exclusivement réservées aux familles françaises.
etc.
Le constat : Pour le FN, notre pays connaît un désastre scolaire dantesque qui s’inscrit dans un processus programmé et mûrement réfléchi de destruction des intelligences et de l’identité française. Le ministère de l’éducation nationale serait « au service d’un projet totalitaire de manipulation psychologique et mentale des enfants ». Nous serions face à « un projet pédagogique subversif (que l’UNESCO promeut désormais dans le monde entier) reposant sur le postulat qu’il n’y a pas de nature humaine stable et définie ». Pour le FN il n’y a pas de pire injustice sociale que de vouloir traiter tous les enfants de la même façon . « L’école citoyenne » est accusée d’avoir tourné le dos à la reconnaissance du mérite. Le fer de lance de cette subversion serait, outre des syndicats politisés, l’Institut national de la recherche pédagogique (INRP) « temple d’une pédagogie qui a fait des millions de sacrifiés sur le front de l’inculture ».
Les principes : Aux yeux du FN, « l’objet de l’enseignement est la connaissance de la Vérité, comme le but de l’éducation est la pratique du Bien ». L’école doit donc « coopérer avec les parents pour que les enfants assimilent les valeurs du Beau, du Bien et du Vrai ». L’école doit être fondée sur l’émulation et le mérite, l’effort et le talent doivent être récompensés. La sélection des meilleurs doit permettre de former une élite nationale. « Les établissements d’enseignement supérieur doivent avoir la liberté de sélectionner leurs élèves, de choisir leurs professeurs et de définir leurs programmes d’enseignement ; grâce à cette dynamique d’émulation, ils contribueront au rayonnement de la France. »
Les principales propositions :
la carte scolaire sera abrogée et l’égalité de traitement entre enseignement public et privé instaurée. - les programmes et contenus d’enseignements, comme l’histoire ou la philosophie, seront revus pour donner « une vision respectueuse des faits ».
les tentatives d’endoctrinement ou de manipulations idéologiques des élèves par des enseignants seront sévèrement sanctionnées. Les agents publics auteurs de tels manquements seront révoqués. - toute réunion à caractère politique ou manifestation de prosélytisme dans les établissements sera interdite.
la Loi de 1998 relative à « l’obligation scolaire » sera abrogée et la mixité ne sera plus obligatoire. - l’INRP, Institut national de la recherche pédagogique (« organisme public parasitaire et irresponsable ») sera supprimé.
chaque établissement d’enseignement public sera doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière et pédagogique.
le déroulement de la carrière des enseignants se fera au mérite, les manquements à la déontologie ou à la neutralité professionnelle, les insuffisances et l’absentéisme seront sanctionnés.
l’hymne national, comme le respect du drapeau, seront appris dans les classes primaires et les enfants participeront aux cérémonies patriotiques nationales.
à l’école primaire publique, tous les jeunes français recevront une formation poussée en instruction civique et des cours de morale élémentaire.
l’histoire et la géographie privilégieront la France et son entité « en mettant l’accent sur les pages glorieuses de notre passé ».
dans l’enseignement primaire et secondaire, le principe de préférence nationale sera la règle : aucun enseignant ne pourra y exercer, s’il n’est pas de nationalité française.
les ZEP (zones d’éducation prioritaire) « véritable racisme d’état », seront supprimées.
les forces de l’ordre pourront pénétrer dans les établissements scolaires sur simple réquisition des chefs d’établissement ou des autorités locales.
l’éducation physique et « le sport de base » (athlétisme, gymnastique, natation) prépareront les élèves aux épreuves physiques du baccalauréat. Les autres sports ne pourront être pratiqués que dans le cadre « d’une union nationale du sport scolaire ».
etc.
Le constat : Pour le FN, les questions environnementales et l’écologisme ont été récupérés et dénaturés par la gauche et l’extrême-gauche. Les Verts sont accusés d’avoir perverti ces idéaux « en y mêlant le tiers-mondialisme, une culpabilisation de l’Occident, un planétarisme appelant aux brassages des populations en totale contradiction avec le respect des légitimes diversités humaines, et un catastrophisme s’appuyant sur l’analyse discutable de phénomènes comme « l’effet de serre » pour imposer des solutions mondialistes, négation de notre civilisation et de notre identité ». Tout est critiquable pour le FN dans la société moderne : l’urbanisation, les villes et leurs périphéries, le remembrement à la campagne, la qualité de l’eau (de consommation comme de baignade), les politiques énergétiques et de transports, la gestion des déchets, les filières alimentaires, les nuisances sonores... « Face à toutes ces dérives, il est grand temps de revenir aux principes de l’ordre naturel ». (à l’évidence, bien qu’il essaye de s’en défendre, le FN rejette progrès et modernité, pour mieux fantasmer sur un idyllique « retour à la terre » emprunt d’une nostalgie toute Pétainiste).
Les principes : Au yeux du FN, l’environnement est un élément d’identité et de souveraineté. « Il y a cohérence complète entre la défense de notre identité et celle de notre environnement : nous sommes attachés à notre pays, donc défenseurs du patrimoine naturel dont nous avons hérité. La France s’incarne dans un peuple et dans une civilisation, mais aussi dans un terroir, avec ses paysages, sa faune, sa flore, des sites à préserver et à mettre en valeur. C’est pourquoi les questions environnementales, loin de toute globalisation, doivent être traitées dans le cadre national ». « Le grand combat du XXIème siècle sera la défense de la diversité contre la normalisation du monde. La richesse constituée par cette diversité de produits, de paysages, d’espèces et de peuples, est menacée par le mondialisme et les multinationales ».
Les principales propositions :
la France dénoncera tout acte diplomatique tendant à réduire sa souveraineté en la matière (exit par ex. le protocole de Kyoto).
des normes élevées de qualité de vie seront mises en place et serviront de barrières contre « l’invasion de produits venus des pays peu exigeants en matière de protection sociale, sanitaire et environnementale. Il s’agira là d’un protectionnisme généreux ».
les médias, en particuliers publics, devront faire une plus large place aux débats relatifs à l’environnement. De même pour les établissements scolaires « où l’on est confronté au gaspillage (chauffage, déchets de cantine, papier...), aux pollutions (déchets d’expériences), au mauvais exemple (drogue...), les enseignants seront sensibilisés à ces questions ».
« une grande politique de la ruralité sera lancée afin de sauvegarder une agriculture paysanne et familiale et redonner vie à nos villages autour de l’église, l’école, le café, l’épicier, grâce au mécénat et à l’interventions des collectivités ».
il sera mis un terme à la politique des villes nouvelles et « aux méthodes autoritaires » de regroupement de communes.
une grande politique urbaine et architecturale sera mise en œuvre pour réhabiliter la ville.
des mesures seront prises en ces occasions pour respecter et mettre en œuvre les principes de préférence nationale et de propriété populaire.
dans les campagnes et sur le littoral, l’habitat traditionnel correspondant à chaque province sera encouragé et restauré.
la diffusion dans l’environnement d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sera contrôlée, et
leur dissémination interdite.
des mesures seront prises pour agir contre la souffrance des animaux.
le monopole d’EDF sur l’électricité sera réexaminé afin de faciliter les initiatives de production indépendante.
etc.
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