1 - Un outil pour rénover le syndicalisme
1.1. Face aux attaques subies par le monde du travail, à sa précarisation de plus en plus grande, le syndicalisme reste un outil indispensable à la défense individuelle et collective des travailleurs et travailleuses. C’est un outil nécessaire pour informer, convaincre, rassembler, unir, organiser les luttes, transformer la réalité en faisant en sorte que chacune et chacun devienne acteur dans cette démarche d’émancipation sociale. Un outil au service des intérêts collectifs de ceux et celles qui n’ont ni le pouvoir financier, ni le pouvoir économique, ni le pouvoir intellectuel : le monde du travail dans ses multiples réalités actuelles. Un outil pour analyser, résister et agir sur le monde, pour le transformer et non s’y adapter.
1.2. Le mouvement syndical actuel n’est pas à la hauteur des enjeux économiques et sociaux posés par le capitalisme. Ses objectifs, ses pratiques, son fonctionnement sont en crise. Il y a urgence à renouer avec la mise en place d’un outil syndical interprofessionnel à la hauteur des attaques et des défis actuels. L’Union syndicale G10 “ Solidaires ” peut être un élément décisif dans la mise en place d’un outil réellement en phase avec les besoins et les attentes des salarié-e-s, précaires et chômeurs. Mais pour apparaître comme une alternative crédible aux confédérations actuelles, encore faut-il que l’Union affirme davantage ses valeurs, affine son projet syndical, et se dote d’un fonctionnement et d’outils plus efficaces.
1.3. L’Union syndicale G10 “ Solidaires ” est issue d’histoires syndicales différentes. Cela lui permet d’être une structure d’accueil d’équipes syndicales diverses à la recherche d’un nouvel outil syndical interprofessionnel. Cela suppose de mettre en avant, sans gommer les débats, ce qui nous rassemble : l’accord sur un projet syndical novateur, et non pas sur les suspicions, méfiances, concurrences et divisions héritées de ces histoires syndicales diverses.
2 - Des principes fondateurs
2.1. Notre projet syndical repose sur la nécessité de construire des rapports de forces pour contrer les politiques libérales mises en place par le patronat et les gouvernements. Il s’agit de créer les conditions d’actions interprofessionnelles efficaces pour imposer d’autres choix économiques et sociaux. Par ses analyses, ses prises de position et ses propositions d’action, l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” doit permettre de dépasser le cadre de l’action professionnelle, qui, si elle reste nécessaire, n’est pas suffisante pour gagner sur les grandes questions sociales. A l’inverse, la capacité de l’Union à produire une analyse critique sur l’ensemble des questions sociales, et sa capacité à échanger, en son sein, les analyses et les expériences de mobilisation des différents secteurs professionnels, peuvent être des éléments utiles pour la mobilisation professionnelle. Le niveau professionnel et le niveau interprofessionnel sont donc tous les deux indispensables au syndicalisme de lutte et de transformation sociale que nous développons.
2.2. Notre syndicalisme ne s’arrête pas à la porte des entreprises et des administrations. Défendre efficacement les travailleurs, c’est être capable d’agir sur l’ensemble des facteurs qui déterminent leurs conditions d’existence. En ce sens, l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” se doit donc d’analyser et d’agir sur les décisions des pouvoirs publics, des gouvernements, des responsables politiques et patronaux, qui rentrent dans notre champ d’intervention, tel que défini par nos statuts. Notre syndicalisme intervient sur le champ politique et se refuse à cantonner son intervention sur les seuls problèmes revendicatifs immédiats.
2.3. Mais nous ne confondons pas le rôle du syndicalisme et celui des organisations politiques. Le rôle du syndicalisme doit être de rester en toute circonstance un contre pouvoir, en étant l’expression des revendications et des aspirations du monde du travail. Cela suppose d’être indépendants vis à vis des gouvernements, quelle qu’en soit la référence politique, des partis politiques ou du patronat et de refuser toute instrumentalisation du syndicalisme. Mais indépendance ne signifie pas isolement. Porter et défendre nos analyses et propositions dans des espaces de confrontations, y compris avec les formations politiques, est de nature à favoriser l’avancée de nos propositions au sein de la société. De la même façon, nous ne saurions exclure toute participation à certaines initiatives du seul fait de la présence dans celles-ci de partis politiques ; Seuls les textes d’appel et les revendications mises en avant doivent déterminer notre participation. Cela suppose que les décisions prises au sein de l’organisation syndicale le soient à partir des positions des adhérent-e-s.
2.4. Alors que les richesses augmentent, la précarité se développe, le chômage persiste, et la misère s’accroît y compris parmi la population salariée. Les inégalités économiques ne se résorbent pas, elles augmentent même. Elles s’ajoutent à des discriminations persistantes subies, dans le travail et dans l’ensemble de la société, par les femmes, les immigré-e-s et les homosexuel-le-s. L’union syndicale G10 “ Solidaires ” inscrit dans sa démarche syndicale la lutte contre ces formes d’inégalités et de discriminations persistantes, et agira sur ces questions, aussi bien dans les entreprises et dans les administrations, que dans l’ensemble de la société.
2.5. L’Union syndicale G10 “ Solidaires ” favorise les démarches unitaires, et cherche à dégager ce qui peut faire convergence pour construire les rapports de forces nécessaires. Cette démarche unitaire vise d’abord à rassembler les travailleurs dans l’action, quelle que soit leur situation, pour défendre ce qu’ils et elles ont en commun, pour se fixer des objectifs permettant à chacun et chacune de s’y retrouver, notamment les plus défavorisés et les plus précarisés. Cette volonté de contribuer à tout moment à l’unité des salarié-e-s, qu’ils soient actifs, retraité-e-s, chômeurs ou précaires, trouve son prolongement dans une démarche constante envers les autres organisations syndicales, tant au plan professionnel qu’au plan interprofessionnel.
2.6. Face aux dégâts du libéralisme qui se manifestent aussi bien dans la précarisation des statuts, la remise en cause du système de protection sociale, l’affaiblissement des services publics, les attaques de droits fondamentaux comme la santé, l’éducation ou la culture, des dégradations environnementales, ou sanitaires... l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” inscrit dans sa démarche syndicale la recherche de convergences durables et la construction de mobilisations avec des mouvements sociaux qui agissent eux aussi contre les dégâts du libéralisme.
2.7. De la même façon, la solidarité internationale doit être davantage intégrée dans notre activité syndicale interprofessionnelle. Il s’agit là aussi de trouver les formes de liens adaptés entre syndicalistes pour faire face aux politiques patronales des grands groupes internationaux, mais aussi de construire les convergences des mouvements de résistance à toutes les formes de la mondialisation libérale qui se déploie d’un bout à l’autre de la planète
3 - La démocratie au cœur de notre pratique
3.1. Au cours de l’histoire, les projets d’émancipation sociale ont échoué, entres autres raisons, sur les questions démocratiques. Le syndicalisme, dans la crise qu’il traverse, est confronté à la nécessité de répondre à cette question. La méfiance des salarié-e-s vis à vis des appareils syndicaux repose, en partie, sur la peur d’être dépossédés par des appareils des décisions les concernant. Développer des pratiques démocratiques contribue à rendre crédible notre projet syndical ; c’est aussi un gage d’efficacité.
3.2. Il s’agit bien de dépasser le syndicalisme de délégation, pour faire un syndicalisme qui agit avec les salarié-e-s, et non pas à leur place. Les salarié-e-s veulent donner leur avis, s’exprimer sur toutes les questions qui les concernent. Il s’agit pour le syndicalisme de produire des analyses, de les proposer, les vérifier, les enrichir. Il s’agit de susciter les débats, de faire émerger les revendications et les projets collectifs, décidés et portés en toute connaissance de cause.
3.3. Il appartient au syndicalisme de proposer les moyens favorisant ce débat démocratique entre les salarié-e-s et les organisations syndicales : information, transparence, consultation des salarié-e-s... Lorsque des négociations sont en cours, dans un service, un atelier, une entreprise, une administration, les salarié-e-s concerné-e-s, y compris les précaires, peuvent sans en faire un principe systématique, donner leur avis avant la négociation, et durant celle ci, sur proposition de l’organisation syndicale avant que cette dernière ne s’engage en leur nom.
Lors des grèves, nous développons au maximum l’organisation démocratiques des mouvements, notamment par les assemblées générales dans lesquelles les salariés peuvent décider du cours de leurs actions, des bases de négociations, en lien avec les organisations syndicales parties prenantes de l’action. Lorsque les conditions le permettent, nous promouvons des organes démocratiques de conduites de la grève (coordination, comité de grève) en veillant à leur caractère représentatif des secteurs en lutte.
3.4. L’exigence de démocratie concerne aussi bien le rapport aux salarié-e-s que le fonctionnement interne du syndicalisme. Contribuer à la rénovation du syndicalisme, construire une alternative aux confédérations, demande aussi de mettre en place un fonctionnement qui favorise le débat, qui permet l’expression des divergences et qui se donne les moyens de construire un point de vue partagé par le plus grand nombre. Le syndicalisme que nous voulons développer n’a pas vocation à rester minoritaire, au contraire l’Union Syndicale G10 “ Solidaires ” a la volonté de contribuer au développement d’un syndicalisme majoritaire. L’adhésion des salariés à nos syndicats suppose que contrairement aux confédérations, notre syndicalisme ne soit pas un syndicat d’appareils, mais un syndicalisme proche de ses adhérents, à l’écoute et en phase avec leurs aspirations.
3.5. Nous avons choisi de fonctionner sur la base de la recherche des convergences, et non pas sur la base du rapport de forces majorité/minorité. Cela suppose plus de temps, mais donne la garantie à chaque organisation membre de l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” de ne pas être dépossédée de ses prérogatives interprofessionnelles. Cela suppose aussi que chaque organisation ait la volonté de participer à l’élaboration d’un point de vue commun qui ne peut être la juxtaposition des positions des uns et des autres, ou le minimum commun.
3.6. L’Union syndicale interprofessionnelle que nous construisons ensemble au plan national repose sur des syndicats et fédérations qui s’y engagent. L’interprofessionnel n’a de pouvoir que celui que lui donnent les syndicats qui s’y sont librement associés. Il ne s’agit pas de mettre en place une "superstructure" à laquelle seraient déléguées par les syndicats professionnels les questions interprofessionnelles ; au contraire, il s’agit que l’interprofessionnel repose sur le terrain et l’engagement des syndicats professionnels qui décident de construire en commun cet outil.
4 - Des moyens au service de ce projet syndical
4.1. Il s’agit d’abord de faire partager ce projet syndical en le rendant plus lisible. L’adoption de l’indentifiant complémentaire commun "Solidaires" a pris du temps : il s’agit maintenant qu’il soit largement porté par toutes les organisations nationales et locales de notre union en direction de leurs adhérents et des salarié-e-s. Nous devons imposer "Solidaires" comme une composante à part entière du paysage syndical en France. Afin de faire connaître l’identifiant de notre Union, les syndicats membres du G10 “ Solidaires ” font figurer l’identifiant “Solidaires ” sur toutes leurs publications où figurent le sigle de leur organisation. Lors des élections où ils se présenteront après ce congrès les syndicats membres du G10 “ Solidaires ” prendront les dispositions pour que l’identifiant “ Solidaires ” soit associé au nom de leurs listes de candidats.
4.2. L’interprofessionnel et l’engagement dans l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” ne doit plus être l’affaire de quelques "spécialistes", mais devenir une priorité collective de chaque organisation professionnelle, au plan national comme au plan local. L’interprofessionnel ne peut pas être un "supplément d’âme", mais doit devenir un axe permanent de l’activité et de la réflexion de chaque syndicat qui y est engagé.
4.3. L’Union Syndicale G10 “ Solidaires ” n’a absolument pas vocation à devenir une nouvelle confédération, pour autant son fonctionnement nécessite un renforcement des structures nationales.
4.3.1. Le Conseil national qui se réunit une fois par mois doit devenir davantage un lieu d’élaboration collective. Pour cela, les organisations professionnelles doivent faire un effort dans la préparation en leur sein de ces réunions, dans leur participation et le suivi régulier.
4.3.2. Le bureau national doit être étoffé et les militants qui y sont investis par leur syndicat doivent pouvoir disposer de temps pour mettre en œuvre les décisions et orientations prises par le conseil national. La responsabilité du bureau est aussi de faire vivre l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” au quotidien, de suivre les dossiers sociaux d’actualité, d’engager l’Union chaque fois que nécessaire, de mettre en œuvre les outils d’information, de représenter l’Union auprès des pouvoirs publics, des autres organisations syndicales, des réseaux et associations avec lesquels nous travaillons ... Sans renforcement, en nombre et en temps militant disponible, le bureau ne pourra pas assumer l’ensemble des tâches qui lui incombent : cela affaiblira d’autant notre démarche interprofessionnelle.
4.4. Les structures locales G10 “ Solidaires ” se sont largement développées depuis le dernier congrès, en nombre, en couverture géographique et en capacité d’intervention.
4.4.1. L’ensemble des syndicats engagés nationalement dans l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” doivent améliorer leur participation au plan local. Il s’agit aussi de poursuivre la construction, l’implantation et l’implication des G10 “ Solidaires ” locaux sur l’ensemble du territoire et d’en faire des structures en capacité de peser sur les mobilisations locales interprofessionnelles et d’accueillir de nouvelles équipes militantes intéressées par le projet syndical de notre union dans le respect des statuts . 4.4.2. Au plan national, la question de la place des structures locales est posée et devra être débattue dans l’Union syndicale d’ici le prochain congrès. A l’étape actuelle de notre construction, il s’agit de permettre aux G10 Solidaires locaux de participer aux débats nationaux à travers plusieurs moyens : leur place dans le congrès national (préparation, participation et intervention, mais sans droit de vote), la tenue d’AG des G10 “ Solidaires ” locaux chaque année (une ou deux réunions), le même niveau d’information que les syndicats nationaux, la consultation des structures locales G10 “ Solidaires ” sur les campagnes interprofessionnelles nationales. Au-delà des structures du G10 “ Solidaires ” nationale, la volonté des organisations syndicales de dégager des moyens matériels, humains et financiers doit également être mis en œuvre au niveau des G10 “ Solidaires ” locaux..
4.5. Notre politique d’information doit être renforcée.
4.5.1. En direction des salarié-e-s, il nous faut des expressions plus régulières sous forme de tract. Le tirage de tracts nationaux pour des raisons de coût et d’expédition restera exceptionnel ; par contre, des maquettes de tracts seront mises à disposition des organisations nationales et locales, charge à elles de les reproduire et de les diffuser largement.
4.5.2. La sortie du journal "Expressions Solidaires" a constitué un premier pas dans la réalisation d’une presse interprofessionnelle nationale. Limité actuellement à une publication bimestrielle, il s’adresse à l’ensemble des adhérents de notre Union. Tourné essentiellement autour d’un dossier, il vise à donner le point de vue de l’Union sur un grand sujet social d’actualité. Il faudra en tirer un bilan approfondi avec les syndicats nationaux et les structures locales, avant la fin 2002, pour vérifier s’il correspond aux besoins et aux attentes, et débattre de l’éventuelle nécessité de changer sa formule.
4.5.3. Les informations aux équipes militantes sont nombreuses. Elles doivent être plus régulières et plus organisées et viser notamment à permettre à toutes les structures et à toutes les équipes militantes de voir quelles sont les priorités de l’Union, les campagnes et les mobilisations dans lesquelles nous sommes engagés, et les débats en cours au sein de l’Union afin que chaque structure puisse se les approprier et y apporter sa contribution.
4.5.4 Les syndicats de l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” peuvent se voir interpellés lorsqu’un conflit majeur touche un secteur professionnel où un syndicat membre est partie prenante. Trop souvent, ils se trouvent dans l’incapacité d’apporter des réponses précises sur le conflit en cours - et encore moins de relayer, au sein de leur propre champ professionnel, la pertinence des revendications portées à cette occasion. Lors de ces moments forts, l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” doit être en capacité de transmettre à l’ensemble de ses composantes les informations et matériels indispensables à une compréhension par toutes les organisations de ces mobilisations.
4.5.5. Le courrier électronique peut constituer un nouvel outil au service de l’action syndicale et permet désormais de faire circuler plus rapidement informations, textes, maquettes de tracts... A ce titre, la mise en réseau de l’ensemble des différentes structures, nationales et locales, de l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” doit être une priorité.
Le site Internet de l’union syndicale G10 “ Solidaires ” est désormais en place ; il convient de veiller à son développement. Au-delà d’une simple vitrine de notre projet syndical commun, ce site se doit de constituer à terme un véritable outil syndical au service de toutes celles et de tous ceux qui s’y connectent.
4.6. Des commissions nationales de secteurs existent. Mais elles souffrent d’un manque de régularité et de la défection de certaines organisations pourtant concernées. Elles doivent être renforcées, avec la désignation de responsables au sein du bureau ou du conseil national. Ces commissions visent à prendre en charge et à préparer les débats et les campagnes proposés au conseil national sur des secteurs particuliers (fonction publique, transports, secteur banques-finances...). Elles doivent permettre aussi la confrontation entre syndicats concernés par un même sujet pour parvenir à élaborer un point de vue commun, et une intervention commune de l’Union syndicale G10 “ Solidaires ”.
4-6.1 Le développement de notre syndicalisme et sa capacité à porter des luttes revendicatives cohérentes passe par la construction de regroupements par secteurs industriels ou administratifs. Le contour de ceux-ci sera débattu au sein de l’Union et des commissions leur correspondant sera proposé. Celles-ci devraient permettre aux syndicats existants d’assurer leur cohésion et à ceux qui se créent de se poser dès l’origine cette exigence de cohésion.
4.7. Jusqu’à présent nous n’avons pas élaboré une politique de formation syndicale interprofessionnelle, même si quelques expériences ont eu lieu (formations ouvertes à plusieurs syndicats, formations dans les structures locales G10 “ Solidaires ”). Compte tenu de notre développement, cela doit être une priorité pour les trois ans à venir. Nous devons viser plusieurs objectifs : répondre aux besoins de nouveaux syndicats, notamment du privé, sur des formations de base, ou spécialisées ; forger une identité interprofessionnelle commune "Solidaires" à nos militants ; mutualiser des moyens et des acquis des uns ou des autres pour en faire profiter tous les syndicats. Cela suppose une mise à plat de ce qui existe, des demandes, des partenariats possibles... mais aussi du temps de dégagé pour impulser au plan national cette prise en charge.
4.8. La question juridique est un terrain d’intervention important pour l’Union syndicale G10 “ Solidaires ”. Tant que la question de la représentativité ne sera pas résolue par l’abrogation du décret de 1966 et de la loi Perben, nous serons contraints de développer une activité juridique sur ce point, notamment pour apporter une aide aux nouveaux syndicats ou aux syndicats en butte à cette question dans leur secteur. Mais il s’agit aussi d’avoir une activité juridique pour la défense des droits individuels et collectifs des salarié-e-s : évolutions et jurisprudence du code du travail, défense des salarié-e-s en matière prud’homales ou statutaires, pour les fonctionnaires. Le juridique ne doit pas devenir une question d’expert technique, mais doit rester lié à notre activité militante et au combat collectif. Pour autant, des connaissances précises sont indispensables. Nous devons veiller à former des militants dans les syndicats professionnels et dans les structures locales G10 “ Solidaires ” sur ces questions : cela permettrait d’avoir un réseau de militants compétents pouvant travailler ensemble et réfléchir collectivement aux priorités de notre union, aux campagnes à mener, et aux outils à mettre en place : formation, permanence, partenariat avec des avocats, revue juridique...
4.9. Si nous voulons mettre en place un outil interprofessionnel à la hauteur de notre ambition syndicale, cela suppose de dégager des moyens militants et matériels au service de cet objectif. Le renforcement des structures suppose que les organisations professionnelles prennent des dispositions pour dégager du temps militant mis au service de l’Union syndicale G10 “ Solidaires ”. Les organisations disposant de droit syndical doivent débattre en leur sein de la part qu’elles peuvent mettre dans cet investissement interprofessionnel. Des moyens matériels et financiers devront être dégagés pour réaliser les priorités que nous nous donnons collectivement. Le taux de cotisation devra être progressivement relevé pour disposer d’une vraie trésorerie interprofessionnelle. Une part conséquente du budget sera consacrée aux structures locales pour aider à leur fonctionnement et à leur développement. La question d’un local permettant au bureau de travailler et d’assurer collectivement une véritable permanence devra être examinée dans les trois ans qui viennent par le Conseil national : il s’agit de se doter d’un véritable local interprofessionnel national.
5 - Une politique de développement
5.1. Etre une alternative aux confédérations traditionnelles suppose un renforcement numérique, géographique et professionnel de notre union syndicale.
5.2. La première des tâches est de consolider et renforcer les syndicats déjà présents, et notamment les plus récents. Si nous sommes présents dans les trois fonctions publiques (état, hospitalière, territoriale), il nous faut aider au développement et à la structuration nationale, en particulier dans le vaste secteur des collectivités territoriales. Dans le privé, nous devons viser à coordonner au plan national les syndicats issus des mêmes branches professionnelles, afin de renforcer leur capacité d’intervention, leur visibilité et à terme les possibilités de leur représentativité nationale. La seconde tâche est notre capacité à nous implanter là où nous ne le sommes pas encore. La véritable dimension interprofessionnelle que nous nous donnons comme objectif consiste y compris à développer l’implantation syndicale par les syndicats nationaux dans les entreprises où sévit la précarité. Il s’agit de donner davantage de visibilité à notre union pour donner envie à des équipes, à des salarié-e-s de nous rejoindre. Il s’agit d’être capables de les accueillir et de leur fournir l’aide au démarrage de leur syndicat.
5.3. Les sorties d’équipes militantes qui ne se reconnaissent plus dans leur organisation syndicale participent au renforcement du camp de ceux et celles qui s’opposent au syndicalisme social-libéral. A ce titre, ces évolutions sont positives même si elles peuvent générer certaines difficultés lorsqu’elles interviennent dans des champs de syndicalisation où sont présents des syndicats membres de l’Union syndicale G10 “ Solidaires ”. Pour éviter toute ambiguïté, la sortie de nouvelles équipes militantes de leurs syndicats d’origine, la création de nouveaux syndicats doivent être gérées par l’Union Syndicale G10 “ Solidaires ” dans la plus grande transparence. S’agissant de syndicats nationaux, le Conseil National et, par délégation, le Bureau doivent piloter et coordonner l’aide à ces équipes. Lorsque des syndicats membres sont déjà présents dans le champ de syndicalisation de ces équipes, l’aide de l’Union Syndicale doit être conditionné à la volonté de rapprochement avec les syndicats déjà membres.
Les mêmes principes doivent s’appliquer au plan local : Hors champ de syndicalisation des syndicats de l’Union Syndicale G10 “ Solidaires ” : le G10 local pilote et coordonne l’aide syndicale. Dans le champ de syndicalisation des syndicats de l’Union Syndicale G10 “ Solidaires ” : le Conseil National et le bureau doivent être saisis. . 5.4. La place des structures locales G10 “ Solidaires ” est décisive pour ce développement. C’est à ce niveau que le contact peut le mieux se faire et l’aide être la plus efficace. Il s’agit aussi que ces structures locales puissent aider à des campagnes de développement de certaines fédérations ou syndicats nationaux notamment lors d’élections professionnelles nationales.
5.5. L’Union syndicale G10 “ Solidaires ” doit répondre à des demandes de prise en charge syndicale qui aujourd’hui ne le sont pas d’un point de vue interprofessionnel et devraient donner lieu à la mise en place de commissions "transverses" actives.
5.5.1. La place des femmes dans la société, mais aussi dans le travail, reste marquée par des inégalités persistantes. Un syndicalisme interprofessionnel doit intégrer cette dimension et permettre aux femmes salariées de trouver toute leur place dans nos structures professionnelles et interprofessionnelles. Cela ne se fait pas spontanément ; les discriminations et inégalités existant dans la société imprègnent aussi le syndicalisme. Nous proposons de mettre en place une commission interprofessionnelle nationale visant à analyser la situation des femmes dans le travail et la société, et leur place dans notre union syndicale. Cette commission pourrait définir des campagnes nationales pour se saisir des possibilités de négociation prévues dans la loi sur l’égalité professionnelle (loi Roudy de 1983 et loi Génisson de juin 2001). Elle pourrait aussi élaborer des plans d’actions pour l’égalité avec des objectifs précis et un calendrier de réalisation, puis assurer le contrôle et la mise en œuvre de ses plans : elle devrait informer et sensibiliser sur ce thème à l’intérieur des entreprises. Elle établirait un réseau de partenariat allant du conseil supérieur de l’égalité à la recherche scientifique dans ce domaine, et préciserait notre investissement dans des structures unitaires comme le Collectif national des droits des femmes, la Cadac (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception) ou la Marche mondiale des femmes.
5.5.2. Plusieurs syndicats de la Fonction publique ont dans leur champ de syndicalisation des personnels antillais, guyanais, réunionnais qui vivent une situation particulière du fait de leur "exil" en métropole. Certains de ces syndicats ont engagé de longue date un travail sur les revendications particulières de ces personnels. Nous devons prendre les moyens d’un travail en commun au sein de l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” pour unevraieapprocheetunevraiedémarcheinterprofessionnellequidépasse le seul secteur professionnel. L’Union Syndicale G10 “ Solidaires ”, soucieuse de faire respecter le droit du travail et les conventions collectives sur l’ensemble du territoire, s’attachera en particulier à les voir reconnus et appliquer dans les Départements et les Territoires d’Outre-Mer.
5.5.3. Aujourd’hui, dans les entreprises comme dans les administrations, les hiérarchies sont de plus en plus pesantes et un nombre croissant de salarié-e-s subissent un harcèlement moral sur leurs lieux de travail. Face à la profonde détresse des victimes de ce fléau, les équipes militantes sont encore trop souvent désarmées. Il est urgent que l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” s’empare plus fortement de cette question afin de donner à l’ensemble de ses composantes les moyens d’appréhender de la meilleure façon possible ces problèmes. A ce titre, une journée de formation nationale pourrait constituer une première réponse qu’il conviendra de poursuivre rapidement par d’autres initiatives.
5-5.4 En France, l’augmentation du travail précaire depuis plusieurs années touche essentiellement les immigrés, les femmes faiblement qualifiées et les jeunes non diplômés. Dans certains secteurs d’activités, le développement continu d’entreprises de sous-traitance qui surexploitent ces catégories et contournent bien souvent la législation du travail constitue un véritable enjeu pour le syndicalisme interprofessionnel. Dans ces milieux professionnels où les syndicalistes sont régulièrement confrontés à la répression ou à la corruption, combattre la précarisation du salariat nécessite des moyens conséquents en termes de formation des équipes militantes, de supports techniques et de logistique juridique. L’Union syndicale G10 “ Solidaires ” se donne comme une de ses priorités de se donner progressivement les moyens nécessaires ( Institut de formation, secteur juridique...) pour répondre à cet enjeu.
5.5.5. Dans le secteur privé, comme dans celui du public, la précarité est devenue une norme d’emploi. Une part chaque jour plus grande de travailleurs et travailleuses se voit désormais offrir comme seule perspective d’emploi : CDD, temps partiel, intérim, emplois jeunes, CES, CEC... La bataille pour de véritables emplois est l’affaire de toutes et tous, personnels directement concernés comme collègues de travail dans une situation plus stable. Si la question de la précarité est souvent un axe prioritaire au sein des syndicats membres de l’Union syndicale G10 “ Solidaires ”, il paraît nécessaire que celle-ci fasse également l’objet d’un travail collectif spécifique au niveau interprofessionnel, au-delà même de la seule commission Fonction publique qui l’a déjà quelque peu abordée, afin d’aboutir rapidement à des positions communes et à des campagnes nationales.
5.5.6 Les syndicats de l’union Syndicale G10 “ Solidaires ” se fixent comme objectif pour leur participation dans les G10 locaux d’assurer une défense syndicale dans chacune des chambres prud’hommales de la zone géographique concernée.
5.5.7. Diverses demandes ont été faites pour la mise en place d’un travail spécifique impliquant les retraité-e-s dans l’Union syndicale G10 “ Solidaires ”. Nous proposons que se tienne une première réunion nationale en 2002 réunissant tous les retraité-e-s intéressés dans nos syndicats, quelque soit le mode d’organisation interne à chaque syndicat professionnel, pour voir les initiatives et les activités possibles en direction de ces adhérents.
5.5.8 La santé au travail, l’hygiène, la sécurité et les conditions de travail prennent une place de plus en plus importante dans les revendications tant du secteur public que du privé. Elles font l’objet de nombreuses luttes et actions en justice (voir les procès de l’amiante). L’Union Syndicale G10 “ Solidaires ” mettra en place une structure interprofessionnelle de confrontation et de r2flexion sur les CHSCT et organisera des formations communes.
6- Faire reconnaître notre courant syndical
6.1. L’Union syndicale se prononce pour l’abrogation du décret de 1966 (qui fixe la liste des syndicats considérés représentatifs) et de la loi Perben de 1996 (qui définit la présomption de représentativité dans la Fonction publique) ; nous sommes favorables à la liberté de présentation aux élections professionnelles de tout syndicat légalement constitué. Nous demandons la fin du monopole de représentativité donné aux cinq confédérations. C’est l’élection qui doit être le critère déterminant de la représentativité.
6.2. Ce combat n’est pas le combat de la seule Union syndicale G10 “ Solidaires ”. C’est un combat pour les libertés démocratiques. C’est sur cette base que nous continuerons notre campagne qui doit articuler interpellation des politiques, des pouvoirs publics et du patronat, démarche unitaire en direction des autres forces syndicales et bataille juridique.
6.3. En attendant la modification des textes et des critères de représentativité, nous exigeons que l’Union syndicale soit reconnue et intégrée dans toutes les structures nationales et locales qui accordent une place aux structures syndicales interprofessionnelles, sans préjuger d’une participation systématique.
6.4. Les élections prud’hommes de 2002 sont une échéance importante. Les Prud’hommes, à travers les élus et les défenseurs de salariés, deviennent souvent l’ultime recours pour le salarié victime de licenciement ou de non respect de ses droits dans l’entreprise. A ce titre, et malgré les difficultés inhérentes à ce type d’élection, les prud’hommes de 2002 représentent une échéance importante pour notre union syndicale. Il appartient au Conseil national de définir des objectifs et des priorités pour ces élections, en lien avec la réalité de nos implantations professionnelles et locales.
6.5. Le syndicalisme tel que nous le concevons a besoin de lieux interprofessionnels permanents. A ce titre, l’Union syndicale G10 “ Solidaires ” milite pour son entrée dans les Bourses du travail et pour le renouveau de celles-ci ; de la même façon, elle s’implique dans l’émergence de nouveaux espaces de solidarité où se regroupent syndicats et mouvements sociaux.






